Archives pour 2005

Tribune n°19 (déc 2005)

Tribune n°19 (déc 2005)

Titre

CONSOMMATEURS, ENSEIGNES, INDUSTRIELS

Nouvelle année, nouveaux métiers

Bientôt 2006… Et à nouvelle année, nouveaux métiers :
comparer (les prix) pour le consommateur, casser (les prix) pour les enseignes, surveiller (les prix) pour les marques.

A vos marques, prêts, partez… Redoutée ou attendue, l’année 2006 est bientôt réalité. Avec pour tous les acteurs de la grande conso (des industriels aux… consommateurs), un bouleversement majeur : à défaut d’être vraiment libres, les prix gagnent en liberté (une nuance subtile sur laquelle se fonde le fameux “équilibre” du texte Dutreil). Et, en conséquence, à nouvelle année, nouveaux métiers…
Nouveau “métier” pour le consommateur qui va – enfin – pouvoir comparer les prix entre enseignes avec de véritables différences à la clé. Certes, sous l’ère Galland, Leclerc demeurait toujours plus compétitif que… Monoprix. Mais les écarts s’étaient considérablement resserrés (et avaient même complètement disparu sur prospectus selon la pige A3 Distrib). Voilà qui devrait donner encore plus de sens à l’arbitrage du consommateur. Et donc conduire à des évolutions de parts de marché plus notables.
Nouveau métier pour les enseignes. Peut-être même l’amorce d’un nouveau modèle économique… Au national ou au local, les distributeurs vont devoir réapprendre à jouer avec la variable prix. Nul doute que quelques jeunes cadres managers de rayon y verront l’esquisse d’un nouveau métier… qu’ils n’ont jamais connu ! Après dix années de concurrence mollassonne, les enseignes devront en effet apprendre à attaquer ou contre-attaquer, sauf à accepter de sortir du jeu. Sur ce terrain, la puissance de feu des uns et des autres sera désormais directement connectée au coût-outil. Et c’est bien ainsi… Remise en perspective dans l’Histoire du commerce, la loi Dutreil aura au moins ce mérite : rapprocher “bas-prix” et “bas-coûts”.
En attendant 2006, chaque enseigne fourbit ses armes, imaginant la meilleure manière de frapper les esprits. A n’en pas douter, Intermarché ressortira de ses archives un Argus remis au goût du jour. Idéal pour peser sur le marché tout en “contraignant” les points de vente à suivre la cadence. Dans d’autres enseignes, des “listes” de prix sont aussi en préparation sur le thème “les moins chers de France” (Casino aurait par exemple un objectif de 200 références). Chez Leclerc, de nombreux adhérents seraient tentés d’activer le levier de la publicité comparative à laquelle s’essaye depuis quelques semaines Leclerc Plérin. Une certitude à ce stade : les enseignes qui pensent pouvoir piloter la “guerre des prix” au niveau national se trompent et seront rapidement hors-jeu. Car le commerce est avant tout affaire locale, tant sur l’offre que sur les prix.
Nouveau métier enfin pour les industriels – et spécifiquement pour les forces de vente – pour lesquels 2006 sera un véritable retour vers le passé lorsqu’il fallait, localement, éteindre le “feu commercial”. Qu’il est formateur pour un chef de secteur de convaincre un chef de rayon Leclerc de remonter ses prix…

O. DAUVERS

Quelle stratégie pour la guerre des prix

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Décembre 2005

Un grand détachement…

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Voilà probablement la grangène de la distribution française… Ce désintérêt avec lequel les hommes de magasins (de l’employé au directeur) envisagent leur outil de travail. Un grand détachement pour le moins ! Pour preuve, cette offre de Nutella. D’un côté, l’étiquette historique, à 2,99 euros. Probablement en place depuis des mois. De l’autre, une affichette pour mettre en avant le nouveau prix, 3,09 e, conséquence d’une pénurie sur les noisettes, matière première ô combien stratégique pour Nutella. Le problème n’est évidemment pas dans l’inflation sensible dont seront victimes les afficionados de la pâte à tartiner, mais plutôt dans la cohabitation entre les deux étiquettes. Car l’employé de rayon qui a posé l’affichette a forcément vu l’ancienne étiquette sans juger bon de la faire disparaître. D’autant plus désagréable pour le consommateur qu’une fois en caisse, il n’y a plus qu’un prix : 3,09 euros. Logique !

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Tribune n°18 (Nov. 2005)

Numéro 18 – Nov 2005

Titre

COMMUNICATIONS PLUS AGRESSIVES, PARTIS PRIS D’ASSORTIMENT, ETC.

Vive le commerce !

Le commerce revit. C’est ainsi qu’il faut interpréter les nombreuses infractions au SRP constatées, l’agressivité nouvelle des communications ou encore des partis pris d’assortiments qui, de prime abord, pourraient dérouter. Et cette “résurrection” du commerce est une bonne nouvelle.

10’ans de léthargie “Galland”   l’aurait presque fait oublier… Mais le commerce est autre chose que des assortiments ou des promotions quasi-similaires d’une enseigne à l’autre et des prix de vente consommateurs sous le joug des industriels. Aussi, c’est avec joie, sur le principe tout au moins, qu’il faut accueillir ce grand retour du commerce  observé aujourd’hui ça et là. Les “SRP en péril” par exemple. En témoigne cette crème Danette observée à 1,12 e dans un hyper Auchan. Les plus légalistes y verront une inexcusable atteinte à “l’ordre commercial”. Les plus commerçants, eux, salueront ces escarmouches comme autant de preuves que la révolution annoncée sur les PVC est enfin déclenchée. Pas question pour autant d’appeler au grand retour de la revente à perte. A moyen terme, ces “respirations” sur les prix devront s’opérer dans un cadre légal. Mais c’est le principe même d’une révolution que de démarrer sur quelques faits d’armes !
Deuxième réjouissance : le retour à une réelle agressivité inter-enseignes, base même de la concurrence commerciale. Et, comme souvent, c’est dans l’Ouest qu’il faut chercher les exemples les plus croustillants. A Saint Brieuc par exemple où, depuis trois semaines, Leclerc se paye ses concurrents (notamment Carrefour) avec la régularité d’un métronome, parutions publicitaires dans Ouest-France à l’appui. D’abord sur les fleurs de Toussaint (semaine 43), puis sur l’essence (semaine 44) et, la semaine dernière, sur les jouets de Noël. Violent ? Peut-être. Rafraîchissant, surement.
Autre initiative à interpréter comme le grand retour du commerce : la décision d’Auchan de tester dans le Sud-Est une nouvelle configuration de ses rayons surgelés, limitant drastiquement les marques nationales, comme l’a révélé le magazine Linéaires. Arbitrage à l’évidence surprenant tant, sur certaines catégories, la force des marques semble réelle. Arbitrage légitimement douloureux pour les marques concernées qui voient fondre, immédiatement, une part de leurs volumes. Mais un arbitrage qu’il faut aussi lire comme la reprise en mains des assortiments par les enseignes. Ce qui devenait impérieux, tant c’est le rôle même du commerçant que de bâtir des offres, avec les partis pris qui en découlent. Et les risques commerciaux. Car nul doute que si Auchan a mal anticipé les attentes de ses clients sur ce rayon, il le paiera cash. Et reviendra à de meilleures dispositions à l’endroit des marques. Mais ces respirations sont là aussi la preuve que le commerce revit. Réjouissant.
O. DAUVERS


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Tribune n°17 (Nov. 2005)

Numéro 17 – Novembre 2005

Titre

ALORS QUE LES EFFECTIFS EN HYPERS ET SUPERS ONT BAISSE EN 2004

La “sauce hollandaise” :  bonne ou mauvaise recette ?

Le bilan définitif de l’emploi en hypers et supers en 2004 a été publié la semaine dernière. Résultat : un peu plus de 2 000 emplois ont été détruits l’an dernier. “Le scénario néerlandais” se rapproche entend-on déjà. Et si la sauce hollandaise à laquelle les enseignes pourraient être accomodées n’était pas une si mauvaise recette…

C’est une première dans l’histoire du commerce français : en 2004, les hypers et les supers ont détruit des emplois. Environ 2 000 sur un total de quelque 500 000. Certes, l’évolution est modeste : – 0,4 %. Mais c’est une première ! Et, logiquement, les esprits s’échauffent… “Le scénario néerlandais prend corps en France” pour les uns ; “On vous l’avait bien dit” pour les autres. Les commentaires vont bon train, généralement dans la même direction. En clair, dans une défense aussi vaine que désespérée du modèle économique qui a guidé les enseignes sous l’ère Galland, autrement dit : élévation des marges = embourgeoisement des concepts et accroissement des effectifs, notamment non productifs.
Aussi, la sauce hollandaise à laquelle marques et enseignes pourraient être accomodées dans les mois qui viennent n’est peut-être pas une si mauvaise recette pour la cure d’amaigrissement qui s’impose. Car tel est l’enjeu qui se présente à la filière grande conso : retrouver la ligne pour séduire à nouveau un consommateur manifestement tenté d’aller voir ailleurs. Et que ceux qui doutent encore de la réalité du problème se penchent      sur les évolutions des ventes en hypers et supers, et ce, catégorie par catégorie.
La “remise en ligne” des effectifs (terme pudique, synonyme de “dégraisser”) n’est donc pas une mauvaise nouvelle, au-delà évidemment des situations personnelles qui peuvent en découler. Car tous les excès se paient. A avoir trop embauché pour remplir de nouvelles fonctions pas toujours productives, les enseignes ajustent aujourd’hui le tir. C’est d’ailleurs en hypers que le mouvement a été le plus net :  2 500 salariés en moins (soit – 0,8 %) alors que, dans le même  temps, les surfaces progressaient de 4 %. C’est donc la preuve, a posteriori, qu’il était possible de faire “plus” avec “moins”. Sous-entendu : qu’une part des effectifs n’était pas indispensables. Nul doute que 2005 (dont les données ne seront disponibles qu’en octobre 2006) confirmera l’inflexion de 2004.
Approche ultra-libérale railleront évidemment les bonnes consciences. Que nenni. Car, en réalité, le consommateur est en la matière bien pire que le commentateur… Faudrait-il être grand naïf pour ne pas voir dans la formidable ascencion du hard-discount ces dix dernières années un mouvement plus brutal encore. Lidl, Aldi, Ed et consorts sont en effet sensiblement plus productifs  en termes de coût de personnel que Carrefour, Auchan ou Leclerc : pour faire simple, dans un cas 5 % du CA est consacré aux salaires et charges, 10 % dans l’autre. Autrement dit, quand le hard-discount gagne un point de part de marché par an (ce qui correspond quasiment à sa moyenne historique), il détruit l’équivalent de 6 000 emplois, uniquement en magasins. Ce à quoi s’ajoutent (ou se retranchent…) les emplois industriels, la part des produits alimentaires importés étant supérieure dans le hard-discount que dans les hypers/supers.
C’est donc dans cet esprit que l’inflexion observée en 2004 en matière d’effectifs salariés dans la distribution n’est pas nécessairement la mauvaise nouvelle annoncée. Qu’elles le veuillent ou non, les enseignes devront passer par cette cure d’austérité (qui ira d’ailleurs bien au-delà de la simple variable du personnel). L’idée qu’elles l’aient anticipé dès 2004 laisserait plutôt à penser qu’elles ont pris la mesure du problème. Et, c’est bien connu, problème bien posé est souvent à moitié résolu.

O. DAUVERS

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Tribune n°16 (Oct. 2005)

Numéro 16 – Octobre 2005

Titre

A quelques semaines d’un nouveau cadre réglementaire

Quel avenir pour le bon d’achat ?

A quelques semaines de l’entrée en vigueur du volet SRP de la loi Jacob-Dutreil, quel est l’avenir du bon d’achat ?
D’ores et déjà, les enseignes en freinent l’utilisation. Le déclin du bon d’achat est-il entamé ?
Le point sur une mécanique majeure des politiques promotionnelles.

Le bon d’achat a-t-il encore de l’avenir ? A quelques semaines de l’entrée en vigueur du volet SRP de la loi Jacob-Dutreil, la question mérite d’être posée. Imaginé à l’origine par Rémy Nauleau, adhérent Leclerc de Toulouse, pour contourner la loi Galland, le bon d’achat perdra indiscutablement une partie de sa raison d’être dans le nouveau cadre réglementaire. Avec la réintégration possible d’une part de la coopération commerciale, l’intérêt même de l’outil, vu des enseignes, va théoriquement faiblir. Reste qu’avec le temps le bon d’achat a pris une autre ambition que le simple “contournement” de la loi. Pour certaines enseignes, il est devenu le pivot des programmes de fidélisation. Programmes dont l’existence même sera remise en question si le bon d’achat disparaît ou est marginalisé…
Dans le même temps, les marques ont-elles intérêt à voir disparaître le bon d’achat ? Pas si sûr… Car cette mécanique promotionnelle (qu’elles ont longtemps combattue !) a au moins deux vertus : stimuler l’achat sans dégrader le prix de vente apparent et offrir des conditions différenciées aux enseignes. Aussi, certaines marques pourraient-elles être tentées de conserver l’outil dans leur panoplie. A l’image, donc, de certaines enseignes, soucieuces de la pérénnité de leur programme de fidélisation…

LE REFLUX DU BON D’ACHAT EST UNE RÉALITÉ

En attendant, le reflux du bon d’achat est déjà une réalité. La pige prospectus A3 Distrib est formelle : le bon d’achat décline. C’est certes toujours le premier des avantages consommateurs présents sur prospectus avec environ un produit sur cinq concernés. Mais le bon d’achat perd un peu plus de 2 points sur 2005 (à fin août / cf. ci-dessus). En fait, c’est l’enseigne pionnière, Leclerc, qui a initié cette tendance : en 2003, 60 % des produits “tractés” par l’enseigne étaient accompagnés d’un bon d’achat. En 2004, 51 % des références portaient un bon d’achat.  Et, en 2005, 47 %. Logique. Adopté par tous, le bon d’achat est aujourd’hui moins différenciant. Même Casino, longtemps réfractaire, utilise désormais cette technique. Aussi, Leclerc n’a d’autre choix désormais que de replacer la bataille sur le terrain du prix facial. Ca tombe bien, la loi l’y autorise. Partiellement.

Olivier DAUVERS

Cliquer pour agrandir les images ci-dessous

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Tribune n°15 (sept. 2005)

Numéro 15 – Septembre 2005

Titre

ENTRÉE EN APPLICATION DU TEXTE JACOB/DUTREIL

La loi, le commerce et la morale

Depuis le 2 août dernier, la loi Jacob/Dutreil complète la loi Galland. Parmi les avancées :     la révision du SRP, premier pas vers une baisse du prix des  marques ; et l’encadrement (la moralisation ?) de la coopération commerciale. La vraie “coop” n’en sera que plus légitime.
En revanche, ceux qui croyaient les ministres dans leur vœu de rééquilibrer les relations commerciales seront bien déçus.

Deux ans et deux ministres auront donc été nécessaires pour toiletter la loi Galland. Oubliés les raccommodages de facade (accord Ania-FCD de juillet 2002, Circulaire Dutreil de mai 2003 et relevés d’engagements Sarkozy de juin 2004), cette fois-ci le texte dit “Jacob-Dutreil” a donc force de loi et va s’imposer (promulguée le 2 août, une partie de la réforme – le calcul du SRP et la basculement des marges arrières –  ne s’appliquera que le 1er janvier).
La redéfinition du SRP, avec l’introduction progressive d’une partie des marges arrières, est paradoxalement une excellente nouvelle pour les commerçants. A court terme, c’est vrai, certaines références très bataillées vont perdre de leur rentabilité. Et alors ? N’est-ce pas là l’essence même du commerce que de porter le fer sur les produits les plus demandés par le consommateur ? Inquiètes de l’injonction de Renaud Dutreil de baisser les prix de 5 %, les enseignes mettent déjà en avant leur faible rentabilité nette (de 2 à 3 % selon les cas) pour inviter les marques à participer à l’effort. C’est oublier un peu vite l’extraodinaire enrichissement des “années Galland”. Si les rentabilités nettes des enseignes ont plus faiblement progressé que les marges arrières, c’est parce que les coûts d’exploitation ont explosé. La faute, pour une part non négligeable, à l’embourgeoisement du commerce contemporain. En ouvrant progressivement le jeu de la concurrence sur les prix, la loi Jacob-Dutreil pénalise donc peut-être les enseignes à court terme. Mais elle leur rend un inestimable service, les obligeant à revenir au modèle économique historique du commerce : faibles coûts et faibles marges. Ainsi “allégées”, les enseignes courront plus rapidement après le chiffre d’affaires.

NÉCESSAIRE MORALISATION

Au-delà de la redéfinition du SRP (et de la volonté politique de voir le panier de la ménagère baisser), la loi Jacob-Dutreil s’attaque aussi aux relations commerciales. Avec un double objectif : moraliser et rééquilibrer les relations. A l’évidence, et même si les enseignes poussent des cris d’orfraie, la moralisation est une nécessité. Plus particulièrement en matière de coopération commerciale. Rien d’anormal donc que les enseignes soient désormais dans l’obligation d’apporter la preuve des services rendus aux marques. Après tout, elles les facturent. Pourquoi, dès lors, s’insurger de devoir les justifier à l’administration en cas de contrôle ? C’est tout simplement sain. Donc indiscutable. Si, au passage, certains services fictifs disparaissent du catalogue de la coopération commerciale, tant mieux ! La vraie “coop” n’en sera que renforcée. En parallèle, la loi Jacob-Dutreil est plus claire sur le périmètre de cette coopération commerciale. Le service rendu par l’enseigne doit être lié à la vente. C’est la moindre des choses… Mais, à en juger par certaines factures de coopération commerciale qu’aiment à commenter quelques inspecteurs de la DGCCRF, ce n’est pas toujours le cas. Donc, là aussi, un soupçon de “morale” dans la définition de la coopération ne sera pas un luxe…

PAS DE “RÉÉQUILIBRAGE”

Dans la même veine, comment décemment s’insurger que les déductions d’office – que pratiquent certains – soient montrées du doigt et clairement sanctionnables ? Comme si les consommateurs, unilatéralement, décidaient de régler un article sur deux… On imagine le spectacle en caisse.
Pour donner corps à cette moralisation attendue, la loi Jacob-Dutreil ouvre la procédure de transaction. Là encore, c’est plutôt une bonne disposition pour couper court à des dérives dont les coupables savent qu’elles seront jugées 2 à 3 ans plus tard. Et encore si le procureur s’intéresse vraiment à l’affaire…
Si la “moralisation” semble un objectif accessible, le rééquilibrage des relations commerciales sera, à l’inverse, un vœu pieu. Comment la loi pourrait-elle aller contre les conséquences de notre économie surcapacitaire qui, par définition, accorde le pouvoir à l’acheteur ? Face à Carrefour, Leclerc ou Casino, les PME demeureront en position de faiblesse. Un seul exemple : même si la loi consacre les CGV comme “socle de la négociation commerciale” qui pourra réellement refuser de signer les CGA des enseignes ? Une nouvelle fois en la matière, la loi n’atteindra pas son objectif. Et dire que de certains  patrons de PME pensaient encore sérieusement qu’il suffisait d’une loi pour améliorer leur sort…

O. DAUVERS

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