Archives pour mai 2010
Le web copie-colle les incongruités magasin
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 31 mai 2010
Ah le chaînage des gencods ! J’ai ici (ou sur le terrain) à plusieurs reprises déploré l’à-peu près avec lequel le chaînage des gencods est géré. En apparence bénigne, cette approximation est une vraie source d’incompréhension-client. Comment deux produits strictement identiques peuvent-ils être proposés à deux prix différents ? Injustifiable. Et voilà que le web reproduit cette incongruité des magasins. Ici, un même produit, la vodka Smirnoff 70 cl, à deux prix différents : 11,63 euros pour l’un, 12,41 euros pour l’autre. 7 % d’écart. La solution ? Que les enseignes contraignent, bien davantage qu’elles ne le font, les marques à ne pas multiplier les gencods pour une même UB. J’entends d’ici les zélés défenseurs de la multiplication des gencods (certains m’appellent généralement en direct après chacune de mes sorties sur le sujet pour ne pas donner de mauvaises idées aux enseignes !) : « C’est l’esprit même du codage informatique que de pouvoir piloter le plus finement possible avec des gencods spécifiques ». Peut-être. Mais comme ce n’est pas « l’esprit du commerce », je ne suis pas prêt de changer de position !
Disparition de « Chéto » : salut l’artiste !
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 29 mai 2010
Une (très) grand gueule s’est tue à jamais. Georges Chetochine est décédé cette semaine. La petite histoire retiendra que les hypers (dont il pronostiqua la fin pour 2020) lui auront donc survécu. « Chéto » était un fort en gueule que j’appréciais particulièrement et qui, me disait-il, se retrouvait dans nombre de mes partis pris. Dans le fond mais aussi et surtout dans la forme. C’est évidemment ce que je retiendrai de « Chéto » car il a clairement montré une voie dans laquelle je lui ai à maintes reprises avoué m’engouffrer : un avis, une opinion, un parti pris (quand bien même il dérange) n’a de valeur que s’il est porté haut et fort et sera toujours respecté s’il est étayé et argumenté. A la différence de nombre de ses congénères, « Chéto » ne servait jamais d’eau tiède. Il détestait. De l’eau chaude, toujours très chaude. Le risque évident ? « Ebouillanter » son auditoire, ses lecteurs ou ses téléspectateurs. En ce sens, c’était un « artiste » que je respectais. Et auquel il me semblait juste, pour ne pas dire indispensable, de rendre hommage. Salut l’artiste !
Comment juger du succès du low-cost ? Lorsqu’il s’impose aux acteurs traditionnels…
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 28 mai 2010
Il y a quelques semaines, dans une enquête de l’hebdomadaire Challenges sur le low-cost, Emmanuel Combe, professeur d’économie à l’ESCP et l’un des meilleurs experts du sujet, rappelait sa définition : «Le low-cost, c’est mettre à nu un produit, le dépouiller de ses attributs annexes pour n’en retenir que le cœur, c’est-à-dire la fonction essentielle».
Très récemment, en embarquant dans un Airbus d’Air France, la définition d’Emmanuel Combe m’est soudainement revenue à l’esprit au premier coup d’œil de la cabine. Quelque chose avait changé ! Les sièges. De près, l’évolution est notable. Fauteuil quasiment monobloc, plus fin (donc plus léger), avec une tablette minimaliste et non inclinable. Exactement l’approche de l’économiste. Auquel je rajoute néanmoins un prolongement. En revoyant ainsi ses sièges, Air France cautionne rétrospectivement les stratégies de Ryanair ou Easyjet qui ont compris depuis longtemps que le siège – et plus particulièrement sur des courts-courriers – n’était pas un critère pertinent de valeur. De la même manière, il y a un an, Carrefour singeait les cahiers des charges de Lidl pour lancer sa gamme MDD Carrefour Discount, preuve de la pertinence de la politique marchandises de Lidl. La conclusion ? Il existe bien une manière toute simple de juger du succès du low-cost : lorsqu’il s’impose aux acteurs traditionnels !
Depuis la Lune ou… dans la Lune ?
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 27 mai 2010
Sur la route entre Bourges et la région parisienne. Les Mousquetaires « causent dans le poste ». C’est le retour de la plus grande zone anti vie chère. Tellement grande, assure la voix off, qu’elle est visible depuis l’espace. Peut-être même depuis la Lune comme la Grande Muraille de Chine ? Dingue ça. Curieux d’un tel engagement, je m’arrête illico dans le premier Intermarché venu, que je ne vous citerai pas par charité… Là, je suis bien redescendu sur Terre. A plusieurs reprises (et sans même les chercher), les produits en promotion (clairement indiqués comme tel sur le pack) sont plus chers que le produit classique. Le camembert Président était à 1,62 euro, il est désormais en « offre spéciale » à 1,68 euro (voir ci-dessous). Le St Moret était à 1,95 euro. Le voilà à 2 euros en « prix choc ». La zone anti vie chère est loin, très loin. Ce n’est pas un décalage entre promesse et réalité, c’est un gouffre. L’explication : les employés de rayon étaient manifestement dans la Lune lorsqu’ils ont eu à afficher les nouvelles étiquettes (collées donc sur des étiquettes électroniques, tout en laissant l’ancien prix visible !!!). Dans la Lune ou, finalement, tellement peu concernés par leur travail par la faute d’un management déresponsabilisant ? Vous l’aurez compris, j’ai ma réponse. Le jour où les managers de rayon considèreront les ELS comme plus que de simples bras (ils ont aussi des yeux…) le « Penser-Client » aura progressé en magasin.
Le RENNES CONSO nouveau
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 27 mai 2010
Comme tous les mois, voici le dernier numéro de RENNES CONSO* en téléchargement, dès sa publication. Le voici donc ! Pour les plus curieux d’entre-vous, c’est l’occasion de voir comment nous traitons en version grand public des sujets qui sont au cœur des métiers du commerce et donc souvent au cœur de nos publications (dans ce numéro la plaie des produits grands formats plus chers au kilo que les produits standards). Et pour les encore plus curieux, c’est l’occasion de suivre le positionnement prix des enseignes sur Rennes.
* RENNES CONSO est un magazine grand public que j’édite à Rennes depuis 2004. Il est diffusé tous les mois en boîtes-aux-lettres à 130 000 exemplaires.
Boucicaut, l’inventeur de la relation-client
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 26 mai 2010
LES FAITS. Parution du Tome 2 de la collection «Les Pratiques du Commerce», consacré à la Relation-Client. L’occasion de revenir sur l’apport fondateur de Boucicaut sur la relation entre un magasin et ses clients.
Pas de commerce sans clients, c’est l’évidence ! Pas de transaction sans un lien, aussi ténu soit-il, entre vendeur et acheteur. Ce lien qui est donc, par construction, à la base du commerce et par conséquence à l’origine des plus formidables réussites. Le pionnier des temps modernes ? Boucicaut. Aristide Boucicaut, le découvreur des vertus du discount bien avant les Leclerc, Mulliez et autres Defforey. Mais surtout le véritable inventeur d’une relation-client qui n’a jamais transigé sur l’essentiel : gagner et conserver la confiance du client.
En 1852, lorsqu’il imagine le Bon Marché, le client est omniprésent. Dans les contours même du magasin, première grande surface répondant au «tout sous le même toit». Lorsque le commerce d’alors ne jure que par la spécialisation (« à chaque boutique son métier ! », entendait-on), Boucicaut rassemble l’équipement de la maison et l’équipement de la personne en un même lieu, où chaque marché devient un rayon. Une révolution pour l’époque, simplement inspirée par une vision : la simplification de l’achat, par l’unité de lieu. Après tout, voilà bien la première pierre à l’édifice de la relation-client : simplifier plus que compliquer.
L’avenir du commerçant ? Avec le client !
Mais Boucicaut voit plus loin et comprend bien mieux que ses contemporains la psychologie du chaland. Le doute est l’ennemi de l’achat, résume-t-il souvent en substance. Le processus d’achat est une subtile mécanique qu’un simple grain de sable suffit à enrayer. La responsabilité absolue du commerçant est d’éviter d’en être la cause. Par exemple en affichant les prix, l’une des initiatives majeures de Boucicaut. Au milieu du XIXe siècle en effet, dans n’importe quel commerce, le prix était l’expression d’un rapport particulier entre le vendeur et l’acheteur. En clair, non fixé à l’avance. Bref, un véritable souk (au sens le plus marchand du terme !) où le client n’était jamais certain d’avoir obtenu le meilleur prix possible. Afficher les prix, c’est jouer carte sur table. La transparence pour la confiance. Et c’est bien là le second pilier de la relation-client : rassurer plus qu’inquiéter. Naturellement, Boucicaut pratiquait davantage qu’il ne théorisait. Il n’empêche. Tout, dans sa vision du commerce, se nourrissait de cette certitude : le commerçant n’a d’avenir qu’avec le client, et non contre, comme le relayaient les us de l’époque. «L’entrée libre» dans les magasins ? Encore et toujours Boucicaut. Un client, rassuré de pouvoir entrer et sortir à sa guise, sera d’autant plus enclin à… entrer ! Un détail, l’entrée libre ? A l’évidence non lorsqu’on se nourrit des récits de l’époque décrivant des vendeurs pressants, contraignant presque le chaland. Comme le symbole d’une révolution commerciale en cours, l’entrée libre montrait bien où Boucicaut avait placé le client : avant tout.
Un siècle et demi plus tard, la multiplication des formes de vente et des enseignes place plus que jamais la relation-client au cœur des stratégies. Autrement dit, face à l’hyper sollicitation, la qualité du lien est bien souvent le déterminant majeur de toute décision d’achat. Les visions élémentaires de Boucicaut n’en sont que plus fondamentales : simplifier plus que compliquer et rassurer davantage qu’inquiéter. Evident ? Sans aucun doute. Mais si souvent négligées dans la proposition commerciale ou l’expérience d’achat.
Olivier Dauvers
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Quand Leclerc fait de la retape pour Inter !
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 25 mai 2010

Leclerc a un claim très explicite : « Vous savez que vous achetez moins cher ». Mais… vous ne savez pas forcément ce que vous achetez !!! Voilà une énormité dans le prospectus en cours cette semaine (énormité que m’a signalé le concurrent concerné, grâce lui soit rendue). Leclerc qui promeut la MDD de volaille Intermarché (Volae), ce que renforce un logo Sélection des Mousquetaires (cliquer sur l’image pour l’agrandir). Le tout alors que le produit annoncé est signé « Gastronome ». Evidemment une coquille. Mais qui ne manque pas d’interroger sur le niveau de relecture du prospectus avant impression !
Leclerc rebaptise son drive
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 24 mai 2010
Le drive en version Leclerc a changé de nom en toute discrétion. Exit « Express Drive », place à « Leclerc Drive ». Le changement est finalement assez normal. La nouvelle « enseigne » est évidemment plus « directe » et évite une confusion logique avec une autre enseigne du groupement, Leclerc Express. Sans compter qu’avec U Express, Leader Express et donc Leclerc Express, la sémantique « express » définissait en fait plus une petite surface qu’un système drive.
L’AGV (l’ascenceur à grande vitesse)
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 21 mai 2010
Historiquement, la distribution est probablement le secteur économique où la promotion sociale peut être la plus spectaculaire ou la plus rapide. On ne compte plus ces « sans-diplômes » (ou presque) qui gravissent les échelons pour finir dans les plus hauts niveaux des organigrammes. Impressionnantes aussi, ces carrières éclair. C’est le cas du nouveau patron d’Auchan France qui, lui, a pris l’ascenceur (social) à très grande vitesse. « L’impétrant » s’appelle donc Vincent Mignot. Pour tout dire (et qu’il ne m’en veuille pas si nous nous sommes déjà croisés ça ou là, peut-être à l’occasion d’une ouverture de magasin), je ne crois pas l’avoir rencontré. Mais je suis déjà impressionné. Songez plutôt… Il a 38 ans. Auchan nous précise qu’il a suivi « des études en école de commerce » (en clair, ce n’est ni HEC, ni ESSEC, ni… etc., sinon Auchan nous l’aurait évidemment signalé) et qu’il a intégré le groupe en 1997 (il avait 25 ans). Son premier job ? Chef de rayon à Annecy. 13 ans plus tard, il dirige donc Auchan en France et sa petite vingtaine de milliard d’euros de chiffre d’affaires… Pas mal non ?
Gros Volumes : Cora pourrait donner encore plus de valeur
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 21 mai 2010
Dernier volet de la série de notes sur l’OP Gros Volumes, et une dernière réflexion. Cora pourrait encore donner plus de valeur à ses offres, en matérialisant de manière plus explicite encore le bénéfice consommateur. Notamment par rapport au prix courant en rayon. Un bénéfice réel (nous l’avons établi en moyenne à 36 % sur l’ensemble du prospectus pour les besoins d’une enquête de RENNES CONSO) mais pas toujours communiqué de manière percutante. Exemple avec ces gels douches Tahiti. 8 flacons « dont 660 ml gratuit » à 8,99 euros. Pas vraiment parlant. 660 ml gratuit, c’est bien ou c’est pas bien ? Dans le même temps, en rayon, le flacon à l’unité est à 1,93 euro. Formulé autrement, le lot propose donc une réduction de 42 % par rapport au prix unitaire en rayon. Et là, ça change notablement la perception de l’offre. Avantage collatéral d’une telle présentation : obliger les centrales à valider la réalité du bénéfice client !
PS : n’étant ni un « perdreau de l’année », ni complètement naïf, je vois les difficultés à la mise en œuvre d’une telle idée. Entre d’un côté la centralisation des offres et, de l’autre, la décentralisation des prix, pas facile de mesurer un bénéfice qui soit juridiquement incontestable. Mais ce blog n’a pas vocation à fournir des solutions clés en main (je serai alors un consultant !, ce que je réfute), mais à provoquer la réflexion des acteurs de la grande conso.






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