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J’ai testé… (le nouveau) Décathlon Englos

Decath Englos

Impossible de l’évoquer sans l’avoir vu, compris et, naturellement, testé ! Direction donc Englos, dans la banlieue lilloise, pour découvrir ce nouvel… OVNI commercial, tel qu’il a été décrit depuis son ouverture le mois dernier : un magasin show-room, sans stock, où le client peut commander certes mais pas repartir avec ses produits. Bref, l’antithèse du off-line. 

Sur le papier, Decathlon Englos ne manque pas d’intérêt. Sur 1 200 m2 (un format mini pour l’enseigne), “Decat” parvient à présenter toute l’offre on-line de l’enseigne, simplement car il n’y a pas de stock. Reste quand même à s’entendre sur l’offre. Et c’est, là, le premier hic. 22 500 produits à écouter les conseillers du magasin (un chiffre repris dans les papiers de presse depuis l’ouverture) alors qu’il y a en fait “53 376 articles de sport en ligne” selon Decathlon.fr. Ce qui fait quand même du simple au double ! L’effet du traditionnel écart que génère le textile avec les déclinaisons tailles/coloris ? Peut-être. Mais pas clair. 

Concrètement, le client est invité à transformer son smartphone en zappette via l’application maison. Pour amorcer le mouvement, le magasin prête néanmoins gracieusement des smartphones où l’appli est déjà chargée (et offre un prix 10 % inférieur au tarif habituel). Dans tous les cas, le client devra créer un compte (ou utiliser son compte existant). En rayons, le smartphone fait le lien entre off-line (où le client voit le produit) et le on-line où il peut choisir taille et coloris par exemple, puis commander. Encore faut-il que son abonnement téléphonique le permette. Car, aussi surprenant que cela puisse paraître, le wifi ne fonctionne plus. Et ça n’affole visiblement personne. Là, je dois avouer être tombé de la chaise (sur laquelle je n’étais pas assis). 

Dans le fonctionnement, l’appli est objectivement performante. La reconnaissance des QR codes (qui servent à pointer) vers l’URL du produit est rapide, l’ergonomie du tunnel de commande efficiente. En revanche, pas de paiement en ligne. Si l’expérience doit survivre à la phase de test, “Decat” devra inévitablement rajouter cette brique à son appli. 

Reste la question fondamentale de l’intérêt même du concept pour le client. Decathlon a donc inventé le magasin qui entend proposer les mêmes avantages qu’un site web (l’exhaustivité de l’offre / encore faut-il savoir quelle offre, cf. plus haut) mais sans l’avantage numéro 1 du off-line : la disponibilité produits. Quel intérêt en effet de se déplacer en magasins pour commander… en ligne plutôt que de commander en ligne depuis chez soi ? That’s the question. Decathlon a sa réponse : pour la réassurance humaine. Et, de fait, les vendeurs sont omniprésents. A moins que ce ne soit le faible nombre de clients qui les rend très visibles…

Une conviction à ce stade. En off-line, l’offre n’est pas prête de supplanter la disponibilité comme critère discriminant pour bon nombre de produits de commodité. Prenez (au hasard) une chambre à air. Quel client va donner plus de valeur à l’offre la plus large possible de chambres à air plutôt qu’à la disponibilité immédiate ? Réponse : celui qui sait qu’il va crever. Pour celui qui a crevé, aucun doute… 

Donc petit pari que je prends sans grand risque : les stocks vont vite revenir ! Au moins pour certains produits. Au moins pour assurer le chiffre quotidien. Car il serait dommage que “Decat” ne puisse pas donner à Englos le temps d’une véritable R&D qui pourrait aboutir à une formule moins extrême. Et, donc, plus hybride entre on-line et off-line. 

Pour les curieux, je vous ai préparé un p’tit DOSSIER GRANDE CONSO sur ce magasin. Profitez, c’est ici

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