Carrefour, Lars Olofsson, Georges Plassat (suite)
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 1 février 2012
On n’a pas terminé d’en parler ! Le remplacement de Lars Olofsson par Georges Plassat – qui sera complètement achevé après l’AG du 18 juin – va susciter, d’ici là, nombre de commentaires et supputations diverses. Aujourd’hui, je voudrai rapprocher une question d’une information. La question est simple : pourquoi après avoir dit « non » à Carrefour en 2011 Georges Plassat a-t-il dit « oui » en 2012 ? Un simple revirement d’humeur ? M’étonnerais bien, ça ! L’homme est trop cartésien. Un zéro de plus sur le chèque ? Je n’y vois pas l’élément décisif. Fortune faite via Vivarte, Georges Plassat n’a guère de souci économique. Un niveau de pouvoir et d’autonomie supplémentaire vis-à-vis des actionnaires ? Peut-être. Mais « GP » n’est pas naïf : l’autonomie n’est que la conséquence de la confiance. Elle ne dure que le temps de la performance. Donc, voilà pour la question. L’information à présent : avant-hier soir, Vivarte a annoncé à la fois le remplacement de Georges Plassat par son numéro 2, Antoine Metzger, et que le capital du groupe n’était pas modifié. En clair, le nouvel boss de Carrefour demeure donc actionnaire – à hauteur de 10 % quand même – de Vivarte, pourtant partiellement concurrent. A présent, rapprochez l’information de la question et vous aurez, peut-être, compris pourquoi après avoir dit « non », il a dit « oui »… Parce que ce qui lui avait été refusé à l’origine lui aurait été accordé plus tard. Qui sait…
NB : et pendant ce temps là, la vie « Carrefour » continue. Ce matin, rdv au Planet d’Ivry pour le tournage d’un docu de France 5 sur la conso côté coulisses. J’accompagne une consommatrice dans ses courses en décodant pour elle ce qu’elle voit sans voir.
Le nouveau concept d’hyper Casino Géant
Premier numéro d’une série de 3 VIDÉO GRANDE CONSO consacrés à Casino avec le nouveau concept d’hyper testé à Hyères, la découverte en exclu des coulisses du drive selon Casino (à Mouans Sartoux près de Nice) et la dernière-née des enseignes de Casino pour les plus petits de ses magasins de proximité, Casino Shop.
Aujourd’hui, donc, l’hyper nouveau selon Casino avec de bons points (exécution de la promo, re-travail sur la marchandise en frais trad, etc.) et des aspects, selon moi, encore à retravailler.
C’est mon avis (et je le partage !)
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 31 janvier 2012
Un lien vers l’émission de France 5 « C’est notre affaire ». Probablement dans les meilleures émissions conso. Meilleure, parce que moins caricaturale que la moyenne. L’émission de la semaine dernière évoquait le commerce de proximité avec tournage dans un Carrefour City à Tours. L’occasion pour moi d’évoquer une idée qui me tient à cœur concernant la proximité dont le succès est souvent corrélé – dit-on – à des facteurs sociologiques. Je ne nie pas ces facteurs, ils existent. Mais le renouveau économique de la proximité s’explique d’abord par son renouveau commercial. Des concepts rafraîchis, de nouvelles enseignes plus attractives, en un mot des magasins plus modernes, heureusement que ça marche, non ? Donc là est la première explication à la recovery de la proxi : dans le réveil des acteurs. L’aspect sociologique n’arrive qu’ensuite.
Georges Plassat : ce sera donc l’homme du 18 juin
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 30 janvier 2012
C’est donc fait. Annonce ce matin par Carrefour de l’arrivée de Georges Plassat, après un conseil d’administration hier. Symbole ou hasard du calendrier, après son arrivée en qualité de DG délégué le 2 avril (le 1er, ça l’aurait pas vraiment fait et puis c’est un dimanche !), Georges Plassat sera nommé PDG du groupe le 18 juin. Pas bête pour en rajouter sur la symbolique du sauveur annoncé
NB : sortie en douceur pour Lars Olofsson puisqu’il restera PDG jusqu’à cette date. Et donc peu de risque pour que ses 500 000 euros de retraite-chapeau s’immiscent dans le débat public avec les incroyables dégats d’image pour l’enseigne alors qu’elle vient à peine de s’engager dans une nouvelle baisse de prix.
JDD, Carrefour : complément de texte
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 29 janvier 2012
Papier sur Carrefour et l’arrivée (presque) annoncée de Georges Plassat, ce matin dans le Journal du Dimanche. Un papier bien « angulé » comme on dit dans le métier. Je l’avais d’ailleurs souligné à Bruna Basini (l’auteur de l’article) samedi lorsqu’elle m’a appelé pour évoquer le sujet. Depuis mercredi et « l’indiscrétion » de Linéaires.com, la question se pose souvent de savoir si Georges Plassat sera, le cas échéant, le « bon homme ». Mais il y a une seconde question bien plus ambitieuse : au-delà de la qualité de l’homme (que je confirme, ayant régulièrement eu l’occasion de le cotoyer ces 15 dernières années), le modèle Carrefour est-il encore sauvable ? Et si j’ai longuement conversé avec Bruna Basini hier, c’est bien parce que je trouve, qu’une fois passé l’effet de pré-annonce, elle pose la bonne question !
Ma vision est claire là-dessus. Alors, la citation qu’elle m’attribue ce matin dans le JDD est donc à la fois fidèle à ma pensée et très structurée : « Les grandes surfaces sont de moins en moins légitimes. Cela dit, Carrefour peut se débrouiller pour être le dernier à survivre« . Et c’est pour répondre aux quelques SMS reçus aujourd’hui que je voudrai y revenir. Oui, les grandes surfaces sont de moins en moins légitimes sur le marché. La décrue d’ensemble du non-al en hyper (certains s’en sortent mieux que d’autres mais la tendance est claire) en est l’illustration incontestable. Pourquoi ? Parce que le e-commerce l’est davantage. Et simplement parce que, souvent, il apporte davantage et, régulièrement, pour moins cher. L’histoire du commerce est à ce titre implacable ! Souvent, me baladant en hypers (ce qui m’arrive si souvent, mais ai-je besoin d’argumenter ?), je me pose au hasard dans un rayon non-alimentaire et je m’interroge : ce rayon-là existera-t-il toujours dans son ampleur dans 10 ans ? Faites cette expérience, en anticipant le comportement futur du client, autant qu’on puisse le prédire… Vous répondrez probablement comme moi à cette question. Et vous comprendrez alors la première partie de ma citation « les grandes surfaces sont de moins en moins légitimes« . Et j’ajoute d’ailleurs : l’hyper est déjà en bonne voie de disparition, dans le concept qui le définit historiquement : « tout sous le même toit ». Evidemment pas si on considère l’hyper uniquement comme une grande surface !
Seconde partie à présent : « Carrefour peut se débrouiller pour être le dernier à survivre« . Là, il faut accepter l’idée que le sujet dont nous parlons est vivant, mouvant, et que les dynamiques en question doivent se mesurer en longues années, peut-être en dizaine d’années. Souvenez-vous : les grands magasins ne sont pas passés du stade de forme de vente dominante du commerce français au début du 20e siècle à la marginalité commerciale en quelques saisons. Non ! En environ 50 ans… Donc le mouvement enclenché est long. Très long. Il y a donc à la fois des questions à se poser (cf partie 1 de ma citation) et des affaires à faire en attendant !. Et Carrefour est tout à fait fondé à escompter résister mieux que les autres. C’est donc le sens de la partie 2. Vous l’avez compris (et je réponds ainsi aux messages reçus), j’assume 100 % de la citation, aussi réductrice soit-elle.
Géant Hyères : back to basics !
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 27 janvier 2012
Journée à Hyères. Visite du nouveau concept Casino Géant en compagnie d’André Lucas (le patron des hypers et des supers du groupe, au centre de la photo) et de mes camarades du Figaro Economie, Linéaires et LSA. Passionnant, comme toujours dès qu’une enseigne réfléchit à son avenir. Pour faire simple (mais je vous raconte tout ça très bientôt en vidéo), la nouvelle mouture marque une certaine forme de retour en arrière par rapport au précédent concept (Pessac) ou aux réflexions de Carrefour (Planet), voire d’Auchan. Ici, c’est back to basics : une vraie pénétrante (elle avait disparu à Pessac), une exécution du prix autrement plus visible (merci le AAB – prix Avant, prix Après, Bénéfice, je bichais !), pas de décorum inutile (Saguez a été « bridé » dit-on), etc. Seule exception : l’extraordinaire travail sur la marchandise en produits frais trad. Histoire que, malgré des prix plus élevés qu’ailleurs, le déplacement le vaille bien. On appelle ça travailler sa valeur et, ça, Casino le fait rudement bien !
A Mouans-Sartoux
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 26 janvier 2012
Après-midi à Mouans-Sartoux, non loin de Nice, consacrée à la visite de l’un des deux sites pilotes de Casino Express, la nouvelle enseigne 100 % drive de Casino. Voilà – enfin – les premiers vrais drives de Casino. Jusqu’à présent (et malgré les plus de 100 sites annoncés), il ne s’agit en effet que de « faux-drives ». Pour faire court (et un peu simpliste je l’accorde), Casino exploite des drives qui ne sont rien de plus qu’une porte ouverte sur la réserve. Pas franchement au top niveau service rendu. Quant à l’organisation – le picking en magasin – rien qui ne permettent d’exploiter une réelle rentabilité du concept. Là, tout a changé. Jean-Charles Nouari, le boss, a dédié une équipe spécifique, laquelle a donc initié de vrais drives : un site autonome (plutôt pas mal placé, au croisement de deux axes très passants : 15 000 et 50 000 véhicules / jour), un picking dans une zone dédiée et de véritables pistes de retrait. La seule formule qui, à mes yeux, a un réel avenir, ne serait-ce que pour escompter ne pas perdre trop d’argent. Je vous en reparle très bientôt…
PS : et pendant ce temps là, l’arrivée de George Plassat à la tête de Carrefour se précisait. Cruauté supplémentaire pour Lars Olofsson, la bourse applaudissait son renvoi programmé : + 7 %. Enorme à l’échelle d’une telle capitalisation.
Primauté du prix, hasard du calendrier
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 25 janvier 2012
Hasard du calendrier. Tribune Grande Conso ce matin avec un rappel de l’indispensable primauté du prix dans la politique commerciale des enseignes en s’appuyant sur le « cas » Carrefour. Dans la foulée, présentation du traditionnel Observatoire Cetelem, un excellent baromètre de l’humeur des consommateurs. Cette année, thème de l’observatoire : la classe moyenne. Et les chiffres sont frappants pour rappeler à quel point l’attente de prix bas est bien réelle. Je vous en glisse quelques uns : pour 46 % (des Français issus des classes moyennes), leur situation financière s’est dégradée ; 44 % estiment plus précisément que leur situation matérielle est moins bonne que celle de leurs parents. Bref, vous l’avez compris, logique que la chasse aux prix bas ait pris autant d’ampleur. Autre façon de « cerner » la question. A la question « Pour améliorer votre niveau de vie, que comptez-vous faire ? », réponse de 3 Français sur 4 : « réduire les dépenses ». Ce qui ne peut que donner de la valeur au prix bas !
Sur le papier, Carrefour a tout compris
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 25 janvier 2012
LES FAITS. Carrefour lance la «Garantie Prix le plus bas». Sur 500 produits, l’enseigne promet d’être la moins chère ou de rembourser deux fois la différence. Avec l’objectif de rattraper Leclerc sur son terrain de prédilection : le prix.
Énième initiative commerciale de Carrefour. Après le plan pouvoir d’achat (c’était en 2008 avec, rappelez-vous, le remboursement de la TVA), PromoLibre ou encore Yap-Yap, voici donc la «Garantie Prix le plus bas». 500 produits, pour l’essentiel des majeurs, dont Carrefour entend garantir le meilleur prix possible.
Sur le papier, Carrefour a tout compris. Sur les achats alimentaires, le prix a toujours été, et restera, la clé du succès. Au moins pour une enseigne qui affiche des ambitions autres que d’occuper une niche de marché ! A ceux qui en doutent (il en reste), la saga Leclerc l’illustre à merveille : 0,7 point de part de marché engrangé en 2011, 2,5 pts sur la décennie précédente. Et à ceux qui ont un brin de mémoire, la triste décadence d’Euromarché (dont Carrefour avait profité, c’était il y a 20 ans déjà !) l’avait en son temps tout autant illustré…
«Deux fois la différence» donne du sens à l’engagement
Mais l’intérêt de la Garantie Prix le plus bas va au-delà de la simple promesse. Ce faisant, Carrefour démontre une honorable vision de ce que doit être aujourd’hui une relation-client aboutie. Il y a, en premier lieu, le remboursement de deux fois la différence. N’en déplaise à ceux qui en font pourtant le point cardinal de leur politique commerciale, rembourser simplement la différence n’a pas de valeur. Comme si, d’une manière générale, la justice ne condamnait qu’à la réparation du forfait commis et négligeait toute pénalité. Non ! La contrition prend sa source dans la punition. Sans pour autant en faire une vérité (seule l’expérience en attestera) «Deux fois la différence», ainsi que l’annonce Carrefour, donne du sens à l’engagement, à l’image, par exemple, de Leroy Merlin.
Au-delà, Carrefour a, au passage, revu sa signature. Après le retour du «positif», bien trop abstrait, voici donc «Les prix bas, la confiance en plus». C’est toute l’audace du nouveau Carrefour que Noël Prioux veut inventer, neuf mois après avoir pris la tête de l’activité française. Neuf mois pour accoucher d’un «claim» qui résume l’ambition ultime de tout distributeur. Le prix, bien sûr. Mais surtout la confiance. Car la préférence (qui doit être l’élément fondateur de toute politique de relation-client digne de ce nom) a la confiance comme préalable absolue. Dans une époque marquée par une objective sur-abondance d’offre (qui peut décemment estimer manquer de surfaces commerciales ?), point de préférence sans confiance. C’est sans doute parce que Carrefour en souffre plus que les autres – la faute à un extraodinaire zig-zag stratégique sur les dernières années – que l’enseigne en a acquis la conviction.
Être le moins cher ne se décrète pas mais se construit
Comme souvent néanmoins, le plus dur commence pour Carrefour. Et les chantiers sont immenses. Être le moins cher ne se décrète pas mais se construit : par une maîtrise absolue du coût-outil, par un pricing millémétrique, par une motivation sans faille des équipes pour parfaire l’exécution prix en points de vente et, faut-il le rappeler, par une certaine dose d’abnégation lorsque, au nom de l’objectif ultime, il s’agira de sacrifier sa rentabilité sur tel ou tel produit. Dit encore plus directement : le bon Docteur Prioux inflige, là, une cure de commerce à un groupe jusque là dopé à la finance. Un véritable remède de cheval ! Mais l’état de Carrefour nécessitait bien plus qu’une simple tisane homéopathique. Reste à suivre le traitement…
Olivier Dauvers
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