Effets contrastés pour la taxe sodas
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 13 janvier 2012
Depuis le 1er janvier, les boissons sucrées (et édulcorées) sont redevables d’une taxe équivalente à 11 centimes par bouteille de 1,5 l. Une taxe qui – probablement par le jeu de la concurrence – est encore peu sensible pour le consommateur, selon un Observatoire exclusif que j’ai mis en place sur les colas (le segment le plus emblématique) dans 50 magasins représentatifs (hypers, supers et cybermarchés)
Le résultat donc : forte inflation sur les MDD (+ 6 % en moyenne), mais stabilité des prix ou presque sur les premiers prix et sur les deux références stars du marché, Coca-Cola standard 1,5 l et Coca-Cola light 1,5 l. Autant dire qu’en moyenne pondérée par les volumes véritablement vendus (Coca-Cola détient environ 80 % du marché), l’effet réel de la taxe soda est donc encore modeste.
Dans le détail des résultats de cet Observatoire (qui va donc se poursuivre et distinguera in fine l’enseigne qui répercutera le plus tard le nouveau prix Coca !), les MDD ont fortement augmenté chez Leclerc et Cora (respectivement 11 et 21 centimes le PET de 1,5 l). Conséquence, le PET 1,5 l Cora s’affiche désormais à… 90 centimes. C’est par exemple près de 40 centimes de plus que le PET 1,5 l d’Intermarché, toujours scotché à 52 centimes. Carrefour Market et Auchan n’ont, eux, pas modifié leur prix depuis le 1er janvier, mais la taxe avait visiblement été anticipée ! Le prix moyen constaté dans ces deux enseignes atteint en effet 64 centimes soit peu ou prou le nouveau prix attendu.
A l’inverse, très faible évolution donc sur les premiers prix et sur Coca-Cola (dans ses deux références star). Logique ! Voilà bien des marqueurs d’image-prix. Aucun des premiers prix observés n’a ainsi augmenté. Et, sur Coca-Cola, seul Cora se distingue avec une hausse systématiquement observée et un nouveau prix qui tutoie 1,50 euro. Dans le même temps, le PET standard est toujours affiché à 1,10 euro dans une majorité de Leclerc. 40 centimes d’écart sur un produit aussi emblématique : il y a actuellement chez Cora soit de l’inconscience commerciale, soit de l’impuissance à l’achat.
La réponse !
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 12 janvier 2012
Retour sur la question d’hier avec la réponse en image ! Voici donc l’une des images les plus surprenantes de cette 8e édition de Tranches de Vie commerciale. Un coin sieste dans un hyper Exito (groupe Casino) de Bogota. Comme si faire ses courses chez Exito était, à ce point, épuisant… L’initiative n’est certes encore qu’un test. Mais, tout de même, une sacrée surprise quand on connaît l’obsession de Casino pour rendre le plus rentable possible ses mètres carrés commerciaux !
PS : Bravo donc aux 8 premiers à avoir donné la bonne réponse : Celia, Jean-Michel, Nathalie, Geoffroy, Alain, Willy, Guillaume et Pierre. Ils recevront chacun un exemplaire de cette 8e édition de Tranches de vie commerciale. Un bravo particulier à Célia qui a, la première, posté la bonne réponse hier à 00:30, quelques minutes après la mise en ligne de la question !
Tranches de vie commerciale, 8e édition
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 11 janvier 2012
Comme annoncé la semaine dernière, voilà donc la 8e édition de Tranches de vie commerciale. Edition 2012 qui retrace en 80 pages une année passée à arpenter les magasins (de Bogota à… Groix en 2011), éplucher les prospectus et décoder la communication des enseignes. Des tranches de vie qui sont parfois sucrées (enthousiastes), salées (critiques) ou carrément acides (pas besoin de vous faire un dessin). A chaque fois, un même souci : porter un regard de client sur le commerce. Et c’est probablement ce qui doit plaire dans ces Tranches de vie. Au point que certaines enseignes (parce que je vois passer les commandes
) en font presque un outil de formation ! D’ailleurs, chaque page peut quasiment s’assimiler à un petit exercice de Penser-Client, comme je l’indique désormais sur la couverture. Evidemment, le shop est ouvert (c’est ici). Mais à ce stade, et comme c’est la 8e édition, je vais commencer par en offrir 8 exemplaires aux 8 premiers d’entre-vous qui répondront correctement ici à la question suivante : Qu’ai-je pu voir de si original dans un hyper de Bogota pour que ça justifie une page dans Tranches de vie : 1) un coin sieste pour clients épuisés ; 2) un garde armé devant chaque caisse ; 3) des bananes vendues non au poids mais au régime ; 4) ou encore un marché paysan (pour les fruits et légumes) exploité en concession ?
Drive : attention à la politique marchandises
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 10 janvier 2012
Tenez, une question simple : faut-il proposer dans son assortiment drive les produits qui se vendent le mieux ou ceux sur lesquels la marge est la plus confortable pour contre-balancer le coût du picking ? Evidemment la première solution. Faute de quoi, il s’agit de faire du commerce… contre l’avis du client. Poursuivons : d’après vous, au rayon colas, quelle est la meilleure vente ? Question facile ! Il suffit de regarder la linéarisation des produits. Réponse : le Coca-Cola PET 1,5 l. Terminons : que diriez-vous d’un drive qui négligerait de proposer le PET Coca-Cola 1,5 l ? Qu’il pense d’abord à sa propre rentabilité avant de songer à la satisfaction de ses clients. Sans doute. Allez faire un tour sur les offres drives de Casino et vous comprendrez le sens de ma note !
Chose promise avant les fêtes, voici en téléchargement une sélection des meilleurs chiffres rendus publics ces dernières semaines sur le drive. C’est ici.
Entre-nous…
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 7 janvier 2012
C’est le week-end ! L’occasion de faire le bilan 2011 de la TPE Editions Dauvers. 2011 a été une belle année. Nous avons consolidé nos productions récurrentes (un clic ici ou sur le bandeau ci-contre) et imaginé de nouvelles publications. En témoigne notre « Done Book ». Economiquement, notre chiffre d’affaires a très légèrement progressé à 692 000 euros et notre résultat toujours suffisant. Mais là n’est pas l’essentiel. L’économie de l’entreprise est un aspect important certes, ne serait-ce que pour assurer son autonomie. Mais infiniment moins important que le « plaisir de faire » qui nous anime au quotidien. Grandir apporterait – peut-être – une satisfaction économique mais me rendrait personnellement moins « productif ». Aussi surprenant que cela puisse paraître dans une époque où seule la croissance semble primer, l’épanouissement du quotidien n’a, à mes yeux, pas de prix. Notre périmètre actuel (4 personnes) me semble être le bon. Donc, à ceux qui me posent régulièrement la question, RENNES CONSO (notre modèle de presse gratuite, inédit en France) n’a pas dans l’immédiat vocation à avoir de « petits frères » à Nantes, Lyon, ou Toulouse ! Cela dit, si l’un de vous veut se lancer… ;-)
La baguette Simply Market ? Peu Chère !
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 6 janvier 2012
Le Carrefour que j’aime
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 5 janvier 2012
Voilà le Carrefour que j’aime ! Le numéro 2 mondial de la distribution qui se fait commerçant. Parce qu’il en a les moyens et (surtout) parce qu’il le veut. Un coup de pris (ici par Intermarché), c’est un coup de rendu. Pif-paf, voilà la bataille commerciale. C’est bon !
PS : je dois cette photo à Benoît Marie, étudiant à l’ECAL dans la proche banlieue de Rouen. Pour faire simple, l’ECAL est sans doute l’école qui forme le mieux à la distribution. Ce p’tit gars là, il a à la fois l’oeil et de l’avenir !
Cora : le prix de l’indépendance
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 4 janvier 2012
Sur le moment, l’information est passée presque inaperçue, parce que révélée le 28 décembre. Pensez donc ! Entre le sapin et la dinde, la cession des 7 hypers Cora hongrois à Auchan a peu mobilisé les foules. Et pourtant… Il y a, de mon point de vue, une lecture bigrement intéressante à faire de cet épisode que je rapproche de la reprise de contrôle en 2006 de Cora par le holding familial des Bouriez, Louis Delhaize. Je m’explique (attention, ça peut paraître ardu, mais l’histoire elle-même est assez exceptionnelle).
En 1996, Anne-Marie et Michel Bouriez – frère et soeur de Philippe Bouriez, le patron du groupe Cora – cèdent à Carrefour leur participation dans l’affaire familiale, soit 42 %. Colère de Philippe Bouriez qui refuse toute synergie avec Carrefour lequel se retrouve avec un actif immobilisé et non productif. La solution ? Passer la « patate chaude » à Casino qui, en 2001 via une banque allemande, reprend ces fameux 42 %. Casino et Cora étaient alors partenaires opérationnels au sein d’une centrale d’achats commune, Opéra. Re-colère de Philippe Bouriez, qui soupçonne Jean-Charles Naouri de vouloir lui forcer la main. La centrale commune est dissoute. Comme Carrefour plus tôt, Casino se retrouve avec un actif immobilisé mais non productif. Seule solution. Vendre ? Mais à qui ? Aux Bouriez qui rachètent donc, en 2006, les 42 % et reprennent le contrôle total de leur affaire, cette indépendance à laquelle ils tiennent tant. Un contrôle qu’ils paient cher : 850 millions d’euros et, logiquement, le niveau d’endettement qui va avec. Je ne le sais pas, mais je l’imagine aisément : le niveau des échéances de remboursement a été calculé sur les prévisions de résultat de Cora, telles qu’établies alors. Mais, voilà, le paysage commercial a changé depuis, suite à la sortie de l’ère Galland. Les rentabilités de toutes les enseignes ont baissé. Cora avec. Et pourtant, il faut rembourser ! Conséquence, lorsque l’objectif de résultat devient insuffisant pour couvrir l’échéance, il faut agir. C’est ainsi que j’ai interprété le relèvement des prix Cora sur le dernier trimestre de 2011. C’est ainsi, également, que j’interprète la cession de l’activité hongroise : pour se donner les marges de manoeuvres financières vis-à-vis des échéances à venir. L’indépendance est à ce prix. Ca tombe bien ! Pour les Bouriez, l’indépendance n’a pas de prix !
Le Bêtisier de l’année
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 3 janvier 2012
La vie commerciale recèle parfois quelques perles. 2011 a généré son lot d’images insolites, de concours de circonstances improbables, d’énormités, bref de pépites ! En guise de “bêtisier de l’année”, quelques images extraites de la nouvelle édition de l’ouvrage “Tranches de vie commerciale”, disponible mardi 10 janvier. Histoire de méditer sur le “Penser-Client”.
L’euro, le franc et la baguette
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 2 janvier 2012
L’euro a donc dix ans depuis hier. Un anniversaire qui se « fête » dans (presque) tous les médias sur un même thème : l’inflation. Et le classique exemple de la baguette. La baguette qui valait donc un franc en 2002 et qui désormais tutoie l’euro. Présenté comme ça, évidemment, l’euro est plus que coupable. Condamnable même. Mais voilà, tout est faux. Tant le prix de départ que le prix d’arrivée. La baguette à 1 franc a certes existé. Mais très ponctuellement (opération choc en hyper) et il y a plutôt 20 ans que 10 ans ! En 2002, donc, le prix moyen de la baguette – tous circuits confondus – était de 4,40 francs, soit 0,67 euro. Dix ans plus tard, le prix moyen est de 0,90 euro. Hausse il y a bien eu : + 34 %. Ce qui est quand même assez différent d’une multiplication par 6. Non ?





Chargement 



