Drive : le format de l’année (5)

En octobre, selon Kantar, la part de marché du drive atteignait 1,6 % du total PGC/Frais LS. Pas mal pour un format émergent ! Mais il y a plus spectaculaire encore : ce que représente le drive dans les magasins qui en sont équipés (le 1,6 % est en effet une moyenne, nombre de magasins ne proposant pas encore ce service). Ca et là, j’ai eu plusieurs fois à entendre la même information : le drive peut parfois dépasser 15 % des ventes de l’hyper. Evidemment, c’est un pic ponctuel (une journée). Evidemment (bis), c’est en général le lundi, une journée moyenne pour l’hyper mais forte pour le drive. Mais quand même… Voilà bien un chiffre de nature à faire réfléchir ceux qui hésitent encore !

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Drive : le format de l’année (4)

OffredriveSuite de la série sur le drive, « format de l’année ». Aujourd’hui, les incroyables écarts entre les politiques marchandises des enseignes, selon une étude réalisée par Lesitemarketing.com pour les Journées Annuelles de l’IFM. En moyenne, Leclerc propose ainsi moins de 6 000 références, lorsque Cora en affiche plus de 20 000. C’est directement la conséquence de choix organisationnels radicalement différents : picking en entrepôt dédié pour l’un (donc choix limité pour ne pas avoir à investir dans un bâtiment démesuré) ; picking en magasin pour l’autre (donc avec accès à l’essentiel de l’offre du point de vente). Au-delà, les différences sont aussi criantes en termes d’arbitrages produits. Exemple avec Carrefour Drive et CoursesU.com. Les deux enseignes proposent en moyenne un nombre de références proches (environ 9 000). En revanche, dans le détail des produits, c’est le grand écart ! 10 % de frais LS seulement chez Carrefour, 27 % pour CoursesU. Situation inverse en hygiène beauté : 9 % pour U, plus du double pour Carrefour. Preuve que les enseignes tâtonnent encore dans la définition de leur politique marchandises. Et que le drive est encore un format très immature !

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Drive : le format de l’année (3)

Alors voilà la grande question : le drive est-il rentable ? La réponse est nuancée : parfois oui, parfois non. En fait, la condition de rentabilité est le choix organisationnel (*) : picking en magasin ou en entrepôt dédié. Des frais de personnel réellement différents en découlent. Et ça s’explique. En magasin, le merchandising est – logiquement ! – un merchandising de catégories et d’usage. Le café est avec le café, les yaourts avec les yaourts, etc. En entrepôt dédié, à l’inverse, le merchandising est… statistique. Les produits sont rangés selon leur probabilité de présence dans les listes d’achat. En clair, les fortes rotations sont ensemble et au début du circuit du préparateur. Les faibles rotations sont au loin. Le merchandising est donc la conséquence de calculs de probabilité pour effectuer la distance la plus courte, donc au meilleur coût (de personnel) possible. Résultat : les meilleurs drives Auchan ou Leclerc atteindraient des niveaux de frais de perso notablement plus bas qu’un hyper (il n’est pas impossible de « descendre » à 7 ou 8 % !). Avec des prix hypers et une charge d’investissement faible, le drive est – dans ces conditions – rentable. Mardi dernier à Paris, dans le cadre d’une conférence de presse, Pascal Payraudeau (Mr Drive de Leclerc) évoquait ainsi 2 à 3 % de rentabilité nette. A l’inverse donc, le picking magasin ne peut se prévaloir de pareils frais de perso… Donc de tels niveaux de renta.

(*) : il y a parfois une autre condition à la rentabilité : la sincérité de la comptabilité analytique du drive. A l’évidence lorsque la totalité des coûts afférents ne sont pas affectés réellement au drive, la rentabilité (de façade donc) est plus facile à atteindre !

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Drive : le format de l’année (2)

TYPODRIVESuite de cette série sur le drive, le format vedette de l’année ! Aujourd’hui (et pour prolonger la note d’hier), restons sur la diversité du drive. Voici trois façons de classer les drives selon la vision que peut en avoir le client, selon le type d’emplacement ou selon l’organisation interne. A noter que le coût du service n’est (pour moi) pas une clé d’entrée au même niveau que ces trois axes fondateurs. Tout simplement parce que le coût n’est que la conséquence du choix organisationnel (on en reparle demain sur le thème de la rentabilité des drives).

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Drive : le format de l’année (1)

Le drive est sans aucun doute le format vedette de l’année. Aux pionniers Auchan (d’abord) et Leclerc (ensuite) se sont donc ajoutées la quasi-totalité des autres enseignes, Carrefour y compris qui aligne aujourd’hui plus de 30 drives après avoir longtemps hésité. Toutes enseignes confondues, environ 800 sites sont identifiés. Bref, un nouveau format émerge. Plus tout à fait off-line, mais pas complètement on-line. Et un nouveau format que je vous propose d’explorer ici-même pendant quelques jours. Tant sur les chiffres-clés du circuit que les enjeux induits. En fin de séquence, je vous proposerai d’ailleurs en téléchargement un DOSSIER GRANDE CONSO spécial Drive.

Premier sujet aujourd’hui : la réalité même des drives. Quel point commun entre les 10 pistes d’un Auchan drive, la « porte qui donne sur la réserve » (véridique) d’un Géant Casino et le point retrait à l’accueil d’un Super U ? Tous s’auto-proclament drive, mais le service rendu est objectivement très différent. Peut-être même pas vraiment comparable… Dans les faits, donc, il y a de mon point de vue moins de 300 « vrais » drives en France. Et donc environ 500 « faux » drive. Pour être moins vache, disons 300 Drives + et 500 Drives –…

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Revue de pros’

3112Une bonne idée quoique… risquée ! Vue dans un prospectus : cette bouteille Charles de Cazanove baptisée 3112. Evidemment idéale pour fêter de manière fort opportune la nouvelle année. Mais qui peut vite devenir un stock bien encombrant pour qui n’aura pas réussi à écouler en temps les volumes promotionnels commandés (ou attribués d’office aux points de vente pour ceux qui auront reconnu l’enseigne…).

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Leclerc lancera son e-commerce non-al au T3 2012

Conférence de presse Leclerc ce matin à Paris sur le sujet du drive (je vous en reparle plus tard). Mais l’info de la matinée, dont je prends le pari que c’est celle qui sera in fine reprise, c’est le lancement annoncé d’une site marchand non-alimentaire pour le troisième trimestre 2012. Enfin ! Pour le coup, comparé à Casino et à la success-story Cdiscount, Leclerc est clairement en retard. Mais pas facile, il est vrai, de lancer un site marchand dans un mouvement d’indépendants, ne serait-ce que pour savoir à qui (à quel adhérent) profite une vente réalisée en ligne… Concrètement (et c’est le lien avec la conférence de presse), il est probable que les drive Leclerc servent de points de retrait des commandes non-al. Fin 2012, Leclerc annonce d’ailleurs 250 drives.

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Donner aux produits une valeur sociale

LES FAITS. Selon nos observations dans huit enseignes, plus de neuf jouets sur dix proposés actuellement en rayons débarquent tout droit de Chine. Ce qu’aucun consommateur ne sait et… ne cherche à savoir !
Al’heure où s’achève la saison Jouets 2011, le constat est édifiant, quoique peu surprenant… En hypers comme en grandes surfaces spécialisées, neuf jouets sur dix sont made in China ou, plus feutré, made in PRC (pour Popular Republic of China). Sur ce rayon plus que sur tout autre, l’empire du Milieu est clairement l’usine du Monde. Et l’idée bayrouiste du moment du «Produire en France» une douce utopie au regard de la compétitivité de l’Orient. D’autant que, face aux gondoles et contrairement aux résultats des – nombreuses – études sur le sujet, le chaland se fiche de l’origine comme d’une guigne. L’observer en rayon suffit à s’en convaincre ! Et même les bien-pensants adeptes des circuits courts  et autre locavorisme déposeront cette année encore au pied de leur sapin des jouets asiatiques. Pas le choix, objecteront-ils. Soit. Mais faut-il pour autant se résigner à ne voir que le prix, la marque ou un flatteur conditionnement comme élément de valeur d’un jouet ou d’un quelconque produit ?
Produire en France ne peut être que la conséquence
de l’achat français
Aussi louable soit-elle, l’ambition du Produire en France n’aura de perspectives, et donc de sens, que si le client accepte l’achat français. Ce qui impose d’imaginer comment donner une valeur sociale aux produits. Sous ses différentes facettes, la fiscalité est, à l’évidence, une voie fort efficace, car elle conduit à renchérir les produits made in… ailleurs. Mais, selon les hypothèses envisagées, c’est une voie improbable ou délicate. Improbable pour les droits de douane, le risque de la réciprocité pénalisant alors l’accès à des marchés prometteurs. Et délicate pour la TVA sociale, dont la conséquence à très court terme serait de peser – au moins symboliquement – sur le pouvoir d’achat.
Reste donc une communication plus contraignante sur l’origine. Laquelle participerait indéniablement à la valeur sociale des produits (en positif sur certains, en négatif sur d’autres). Le pays d’origine est certes une information obligatoire. Mais une information cachée parce que peu marchande. Dès lors, l’heure ne serait-elle pas venue d’afficher plus clairement cette origine que le consommateur ne sait voir ? Depuis l’été, il y a certes l’Origine France Garantie, traduction réglementaire du rapport Jego de mai 2010. Un premier pas, il est vrai. Mais pourquoi ne pas imaginer un… grand saut ? Par exemple en imposant l’affichage de l’origine dans une proportion visuelle infiniment plus importante qu’aujourd’hui. Et ce, sur la totalité des produits et non seulement sur quelques rayons comme c’est le cas à présent (fruits et légumes par exemple). Imaginez un rayon jouets où toute étiquette prix serait accompagnée, par la force de la loi, de l’origine… Naturellement, les tendances de marché ne s’inverseraient pas dans l’instant. Mais          les clients intègreraient bien davantage qu’aujourd’hui l’origine comme élément de valeur. Une valeur sociale en somme.
Olivier Dauvers

TGC 104LES FAITS. Selon nos observations dans huit enseignes, plus de neuf jouets sur dix proposés actuellement en rayons débarquent tout droit de Chine. Ce qu’aucun consommateur ne sait et… ne cherche à savoir !

Al’heure où s’achève la saison Jouets 2011, le constat est édifiant, quoique peu surprenant… En hypers comme en grandes surfaces spécialisées, neuf jouets sur dix sont made in China ou, plus feutré, made in PRC (pour Popular Republic of China). Sur ce rayon plus que sur tout autre, l’empire du Milieu est clairement l’usine du Monde. Et l’idée bayrouiste du moment du «Produire en France» une douce utopie au regard de la compétitivité de l’Orient. D’autant que, face aux gondoles et contrairement aux résultats des – nombreuses – études sur le sujet, le chaland se fiche de l’origine comme d’une guigne. L’observer en rayon suffit à s’en convaincre ! Et même les bien-pensants adeptes des circuits courts  et autre locavorisme déposeront cette année encore au pied de leur sapin des jouets asiatiques. Pas le choix, objecteront-ils. Soit. Mais faut-il pour autant se résigner à ne voir que le prix, la marque ou un flatteur conditionnement comme élément de valeur d’un jouet ou d’un quelconque produit ?

Produire en France ne peut être que la conséquence de l’achat français

Aussi louable soit-elle, l’ambition du Produire en France n’aura de perspectives, et donc de sens, que si le client accepte l’achat français. Ce qui impose d’imaginer comment donner une valeur sociale aux produits. Sous ses différentes facettes, la fiscalité est, à l’évidence, une voie fort efficace, car elle conduit à renchérir les produits made in… ailleurs. Mais, selon les hypothèses envisagées, c’est une voie improbable ou délicate. Improbable pour les droits de douane, le risque de la réciprocité pénalisant alors l’accès à des marchés prometteurs. Et délicate pour la TVA sociale, dont la conséquence à très court terme serait de peser – au moins symboliquement – sur le pouvoir d’achat.

Reste donc une communication plus contraignante sur l’origine. Laquelle participerait indéniablement à la valeur sociale des produits (en positif sur certains, en négatif sur d’autres). Le pays d’origine est certes une information obligatoire. Mais une information cachée parce que peu marchande. Dès lors, l’heure ne serait-elle pas venue d’afficher plus clairement cette origine que le consommateur ne sait voir ? Depuis l’été, il y a certes l’Origine France Garantie, traduction réglementaire du rapport Jego de mai 2010. Un premier pas, il est vrai. Mais pourquoi ne pas imaginer un… grand saut ? Par exemple en imposant l’affichage de l’origine dans une proportion visuelle infiniment plus importante qu’aujourd’hui. Et ce, sur la totalité des produits et non seulement sur quelques rayons comme c’est le cas à présent (fruits et légumes par exemple). Imaginez un rayon jouets où toute étiquette prix serait accompagnée, par la force de la loi, de l’origine… Naturellement, les tendances de marché ne s’inverseraient pas dans l’instant. Mais les clients intègreraient bien davantage qu’aujourd’hui l’origine comme élément de valeur. Une valeur sociale en somme.

Olivier Dauvers

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Vincent Mignot, ses successeurs, Leclerc et les prospectus

Intervention la semaine dernière à l’école de commerce de Bordeaux de Vincent Mignot, le patron des hypers Auchan en France. L’un des étudiants l’interroge sur l’initiative « zéro prospectus » de Leclerc pour 2020. « Ils le feront avant« , répond Vincent Mignot. « Et vous ?« , relance l’étudiant.   »Nous ? Non ! On a commandé des études et les perspectives, à horizon 2016, montre que les clients feront encore leurs courses avec un tract« . Le plus surprenant ? Que le patron d’Auchan imagine que Leclerc puisse supprimer ses prospectus (dans leur version physique) aussi rapidement ! Autre sujet : la succession de Vincent Mignot. Question via facebook : « Comment fait-on pour prendre votre place ?« . Réponse pleine d’à-propos et de bon sens : « J’étais hier (mardi) avec Arnaud Mulliez et j’ai donné 3 noms pour mon successeur. C’est important d’y penser« . Pas faux.

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Revue de presse

C’est le sujet (commercial) de la presse de cette fin de semaine : les 361 millions d’euros d’amende infligés aux lessiviers par l’Autorité de la concurrence. En cause : une entente sur les prix entre 1997 et 2004. Procter écope de 234 millions d’amende, Henkel de 92 millions et Colgate de 35 millions. Unilever, pour avoir dénoncé l’entente, est relaxé. En la matière donc, faute avouée est en totalité pardonnée. Pour prendre toute la mesure de la chose, en 2007, l’entente sur les prix des jouets (une entente « verticale » entre fabricants et distributeurs) n’avait atteint que 37 millions d’euros. C’est dire si le « dossier lessives » est d’une extraordinaire proportion.

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