Carrefour sur les sommets

CarrefourMontagne

Après Market, City et Contact, Carrefour poursuit la segmentation de sa marque. Voici « Montagne ». Les trois premiers magasins ouvriront dès la fin de cette semaine à Avoriaz (photo), Megève et aux Ménuires. La « convergence de marque » a donc encore frappé (on attend d’ailleurs avec gourmandise… Carrefour Plage, à moins que l’enseigne ne souhaite aller plus loin encore avec… Carrefour Méditerranée et Carrefour Océan). Une stratégie toujours aussi porteuse d’espoir (tant la puissance de la marque Carrefour est avérée) mais également de doutes : le risque d’altérer l’image-prix globale de Carrefour avec des formats peu compétitifs. Nul doute en effet qu’à Avoriaz, Megève ou aux Ménuires, les prix atteindront des… sommets !

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Thanksgiving à New-York

UNiqlo

Week-end de Thanksgiving à New-York. Evidemment très professionnel : c’est par tradition le week-end qui lance la saison de Noël aux Etats-Unis. Les commerçants multiplient les rabais et les Américains se ruent dans les magasins, du vendredi (le fameux Black Friday) au dimanche. Bref, c’est le temps fort de la consommation dans ce qui est le premier marché du monde. Autrement dit un immanquable ! L’an dernier, chaque Américain avait dépensé en moyenne 372 dollars sur le week-end ! Enorme. Cette année, avec un chômage au plus haut depuis 26 ans et un moral des consommateurs au plus bas, c’était la mobilisation générale dans toutes les enseignes. Wal-Mart avait ainsi décidé d’ouvrir nombre de ses magasins 24h/24. Tandis que Target, son principal rival, ouvrait dès… 5 heures du matin ! Premier bilan : dans une dizaine de jours. En attendant, ce samedi, Broadway ne désemplissait pas. Une image : Uniqlo. En caisses, une moyenne de 40 clients attendant patiemment leur tour (photo).

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Parts de marché P11 : Intermarché se paye Carrefour

Coup de tonnerre dans le paysage commercial ! Le Référenseigne TNS World Panel a livré un résultat décapant pour sa période P11, arrêtée au 1er novembre : à la faveur d’un anniversaire… moins raté que celui de Carrefour, Intermarché gravit une marche dans le palmarès des enseignes en France (second derrière Leclerc), précisément au détriment de Carrefour. 13,1 % de part de marché pour les Mousquetaires (+ 0,3 pt), 12,8 % pour Carrefour (- 0,3 pt). Une première pour Carrefour qui, en 2000, à la faveur de la fusion avec Continent était (et de loin…), l’enseigne leader en France. Pour les Mousquetaires, c’est malgré tout une victoire teintée d’une certaine amertume. Si les Mousquetaires ont effectivement réalisé « un anniversaire en positif » sur une base historique déjà élevée, la performance est en-deçà des attentes. Pour gagner 0,3 pt de part de marché, Intermarché a en effet quasi doublé son investissement publicitaire sur la période (x 1,8 selon TNS Média Intelligence). Pas sûr donc que le chiffre d’affaires gagné ait été particulièrement rentable… Sauf si, évidemment, les Mousquetaires conservent les clients nouvellement conquis.

NB : à noter un autre chambardement, Carrefour Market qui déloge Auchan de sa quatrième place. Carrefour n’aura donc pas tout perdu !

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Journées annuelles de l’IFM : plus de 2 000 participants !

JA IFM C’est assurément « LE » rendez-vous de l’année : les Journées Annuelles de l’IFM, 37e du nom. Le plus grand rassemblement de la communauté industrie-commerce en Europe. Et, surtout, le plus beau plateau du moment. Y interviendront notemment : Michel-Edouard Leclerc et Serge Papin (interviewés en live par votre serviteur et Antoine Boudet des Echos); Denis Knoops, vice-président Delhaize, qui partagera les ambitions et les résultats du projet Red Market (voir Vidéo Grande Conso n° 30) ; Gérard Dorey, patron de la proximité de Carrefour à l’heure d’un gigantesque chantier : le passage sous enseigne Carrefour Contact et City du réseau actuel ;  Tina Schuler, directrice commerciale de Simply Market, la nouvelle enseigne de l’année ; Jean-Denis Deweine, directeur commercial d’Auchan ; ou encore Philippe Vincent, le tout nouveau directeur marketing d’Intermarché. En parallèle, je vous proposerai en compagnie de Florent Vacheret, rédacteur-en-chef de Linéaires, le traditionnel panorama de l’innovation magasin. Tout ce qu’il fallait voir sur le terrain en 2009. Cerise sur le gâteau : le traditionnel bêtisier de la distribution, servi devant ses « victimes » ! Vous l’aurez compris (et même si je ne suis en rien commissionné !) : c’est « LE » rendez-vous à ne pas manquer. Plus d’infos sur http://www.ifm.asso.fr/.

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Animalis fidèle au merchandising

Animalis, l’enseigne d’animalerie du groupe Cora, se distingue par un total respect des fondamentaux du merchandising. A quelques jours des journées annuelles de l’IFM (cf. programme ici), visite  avec Thomas Lepetz, consultant-expert en merchandising.

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World Forum à Lille : Gérard Mulliez passe à confesse

GérardMulliez

Début du World Forum ce matin à Lille, le forum de l’économie responsable. En vedette : Gérard Mulliez, le patron d’Auchan. L’homme est rare en public. Raison supplémentaire de l’écouter, surtout s’il consent à parler de lui et… d’argent. Même si, avec un art consommé de la dérision, « GM » mélange habilement l’essentiel et l’anecdote. Probablement d’ailleurs pour évoquer plus facilement deux sujets « difficiles ». Morceaux choisis de ce qui ressemblait par moment à une confession…

Sur la fortune…

« J’appartiens à la famille la plus riche de France, lit-on. Est-ce un avantage ? Non ! Ou, alors uniquement quand on est devant un banquier… Je n’ai aucune fierté d’appartenir à cette famille la plus riche de France. Ma seule fierté, ce sont les emplois créés et les collaborateurs qui y travaillent ».

Sur sa radinerie supposée…

« C’est vrai, ma voiture date de 2001. Mais pourquoi en changer si elle peut encore rouler ? En fait, je ne suis pas radin, je suis économe. Mais j’aime quand même qu’on dise que je suis radin. Ca fait bien de dire que je reçois les ministres au Flunch. Ce qui a d’ailleurs été parfois vrai ! Et en plus, ça place les collaborateurs dans de bonnes dispositions, celles de l’esprit d’économies. Ou comment faire du beurre avec de l’eau, comme je l’ai souvent entendu chez Auchan. »

Sur les écarts de salaires dans les entreprises…

« Je m’interroge : comment le travail d’un homme peut valoir 400, 500 ou 600 fois celui d’un autre homme ? Ca manque juste de bon sens et d’esprit de justice. Dans nos entreprises, depuis l’origine, l’écart de salaire maximal est d’environ de 1 à 20. Mais c’est vrai que j’ai toujours regretté de ne pas être autant payé que le patron de mon principal concurrent, Carrefour, ou de mon principal fournisseur, Danone ! ».

Son premier argent…

« On me l’a pas donné, je l’ai gagné ! Je devais avoir 10 ans, peut-être moins. Mon père m’a concédé un bout de terre de cinq mètres sur sept, pour cultiver des salades, des radis et des fleurs. Mes parents me les payaient au prix du marché. Et j’avais en plus la concurrence de mes frères ».

Sur le crédit…

« Comment voulez-vous bien dormir quand vous avez du crédit sur le dos ? Quand j’ai construit ma maison, pour y loger ma famille, mes parents m’avaient interdit d’emprunter. Dans les affaires, nous avons une convention qui fixe le montant de l’endettement maximum entre 1,5 et 2 fois le montant du cash flow. Personnellement, j’estime que c’est déjà beaucoup trop. On devrait redescendre à une fois ».

Sur la bourse…

« La loi de l’offre et de la demande pour valoriser les entreprises (c’est ainsi que fonctionne la bourse) n’est pas la bonne. Sa valeur doit refléter d’abord la réalité de son activité et non le sentiment que des investisseurs ont de sa valeur actuelle ou… future ! Quand il arrive au bureau le matin, le patron d’une entreprise côtée en bourse a déjà passé une demi-heure à regarder son cours. Et si le cours n’est pas bon, il passe ensuite une heure à engueuler les uns et les autres. Et puis quand vous devez faire tous les trimestres des show pour dire que votre entreprise va mieux qu’elle ne va réellement, vous finissez par y croire. »

Sur les actionnaires familiaux…

« Nous avons de la chance d’avoir eu des parents et grand-parents prolifiques. Aujourd’hui, nous sommes 500 actionnaires familiaux. Par convention, établie en 1955, nous distribuons en dividendes au maximum 1 % de la valeur de l’entreprise (qui est fixée une fois par an sur la base de ses résultats). Ce qui représente en général 10 % du résultat, c’est-à-dire beaucoup moins que les grandes entreprises côtées en bourse. »

Sur les actionnaires salariés…

« Ce sont mes plus proches collaborateurs qui m’ont convaincu de le faire, dans les années 1970. Mes parents m’ont d’abord refusé l’actionnariat salarié. Probablement l’inquiétude de voir des salariés ou des syndicalistes co-responsables de l’entreprise. J’ai alors mis ma démission dans la balance. Mes parents m’ont alors suivi, mais à une condition : former chaque collaborateur à l’économie de l’entreprise de l’entreprise. »

Sur la Belgique…

« Les journalistes qui écrivent que je vis en Belgique sont très mal renseignés. J’habite bien en France, à quelques minutes de l’entreprise. Pourquoi ? C’est simple… Ma femme m’a dit : si tu pars en Belgique, je reste. Et à mon âge c’est quand même bien compliqué de changer de femme ! ».

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Les bavardages de Carrefour Euralille

EcoParticipationEuralille1Escale à Lille où se déroule jeudi et vendredi le World Forum, le Forum de l’économie responsable (www.worldforum-lille.org). Gérard Mulliez, le patron d’Auchan, y détaillera sa vision du « bon usage de l’argent au service du progrès économique et social ». Tout un programme !

A deux pas de la gare, le centre commercial Euralille et sa locomotive, Carrefour. Un hyper particulièrement bavard, multipliant affiches et stop-rayons. Et, comme trop souvent hélas, pas toujours à bon escient. Ce qui, évidemment, est contre-productif. Exemple ici avec cet affichage sur l’éco-participation. Sur le fond, pas inintéressant d’expliquer au client – au moment où il s’interroge sur le prix d’un produit hi-tech – le pourquoi de ce qui est finalement une taxe. Mais j’ai peine à comprendre l’intérêt de démultiplier pareil affichage, jusqu’aux rayons épicerie. Sauf à préparer le terrain à ce qui serait un jour, pourquoi pas, une « taxe gourmandise » !

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E-commerce vs commerce : comparaison n’est pas (totalement) raison

LeFigaroECommerce2

Comme d’autres, Le Figaro le crie en « une » ce matin : les Français plébiscitent les achats sur Internet. Un titre qui revient tous les trimestres, au rythme de la publication des statistiques de la FEVAD, la fédération du e-commerce et de la vente à distance. A chaque fois, même scénario : tous les journalistes s’enthousiasment pour ce secteur qui ne craint décidément pas la crise et, par ricochet, en font – un peu abruptement – l’avenir du commerce. Certes le chiffre d’affaires du e-commerce progresse fortement année après année : 25 milliards sont attendus en 2009 après 20 milliards en 2008, soit + 25%. Mais le périmètre du « e-commerce » tel que présenté est notablement plus large que celui du « commerce classique » auquel il est généralement comparé. Ce qui fausse quelque peu la comparaison… La billetterie et les voyages représentent en effet une large part du e-commerce. Plus symbolique, le premier cybercommerçant français devrait être cette année encore… voyage-sncf.com, la web filiale de la SNCF. Pas franchement un « commerçant ». C’est bien la preuve que le vrai rapport de force entre commerce et e-commerce ne doit pas se mesurer par la globalité des achats en ligne, mais bien par la part de marché du e-commerce catégorie par catégorie : environ 10 % pour les produits techniques, 5 % pour les vêtements mais seulement 0,2 % pour l’alimentaire.

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VU D’AILLEURS : Desigual, enseigne de son époque

Desigual

Escale à Barcelone, le temps d’une conférence pour une enseigne de négociants en matériaux. L’occasion, en parallèle, de s’intéresser à Desigual, la nouvelle star du retail textile, née ici à Barcelone il y a 25 ans. Après avoir longtemps « végété », les performances de Desigual étonnent (au point, parfois, d’en éclipser la success story de son compatriote de Zara, c’est dire !) : un chiffre d’affaires multiplié par 20 en sept ans (162 millions d’euros en 2008, largement plus de 200 attendus cette année). Le slogan de Desigual ? « It’s not the same ». Et de fait, une boutique Desigual ne ressemble à rien… de connu. Tant dans le merchandising que dans la marchandise. Et quelle marchandise… Ici règnent les couleurs, associées au-delà même de l’imaginable (pas sûr que les stylistes des années 1970 aient eu autant d’audace !) ; les matières qui s’entrechoquent sur un même vêtement ; ou les formes, qui heurteront la sensibilité des plus conventionnels. A n’en pas douter, Desigual est l’enseigne de son temps. Mélange de revival assumé (le retour aux sources, très tendance), de différenciation (l’individualisation dans la consommation) et de provocation gentiment bourgeoise (la révolte intime de tout un chacun). Parfait pour l’époque. Mais pour demain ? C’est toujours le grand défi des idées trop parfaitement en phase avec leur temps : peut-on toujours « être » après avoir tellement « été » ?

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Garantie Promo : Merci Leclerc !

GarantiePromo

Comment la Garantie Promo de Leclerc (voir à ce sujet la Tribune n°69) fonctionne-t-elle vraiment ? Quels sont les scenarii promo « couverts » par l’engagement de l’enseigne de rembourser ses clients si, dans les magasins concurrents, les prix sont plus attractifs ? Rien de tel, pour en avoir le cœur net, que de remplir son chariot chez Leclerc, prospectus de la concurrence en main… Un exercice auquel je me suis livré, trois semaines durant, dans deux hypers de l’enseigne, rattachés à deux des quatre centrales testant la mécanique (Socamaine et Scaouest). Et, au fil des jours (sept semaines sont techniquement nécessaires pour confronter l’enseigne aux prospectus des concurrents, le tout sous l’égide d’IRI et d’A3 Distrib), Leclerc alimente ma cagnotte… Samedi dernier, un joli versement : 26,79 euros. Merci Leclerc !

Pour les curieux du fonctionnement de cette mécanique inédite, Editions Dauvers publiera prochainement l’étude exhaustive d’une soixantaine de scenarii testés. A suivre donc…

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