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La fin des caissières : entre information et posture
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 5 juillet 2010
Voilà quelques mois que le sujet n’était plus revenu à la une de l’actualité : quel avenir pour les caissières ? Enjeux Les Echos s’interroge : connaîtront-elles le même sort que les pompistes ou les poinçonneurs du métro ? Pas de réponse tranchée, logique. Mais l’intérêt de l’enquête réside dans les quelques informations délivrées ou les postures prises par les intervenants. Côté informations, cette observation d’Alain Boissières, le monsieur caisses d’Auchan. «25 % de notre clientèle achetant moins de dix articles utilisent les caisses automatiques», glisse-t-il. Preuve que l’usage est là, malgré les 95 % de consommateurs qui disent vouloir éviter de voir disparaître les caissières. Un paradoxe de plus ! Côté postures, le PDG de Wincor Nixdorf, le leader français des self check-out. Face aux enseignes, c’est le premier à argumenter sur les économies réalisées pour justifier d’un retour sur investissement rapide. Normal, faut bien vendre… Mais là, face à l’opinion, c’est évidemment plus mesurée. Le principe même d’une posture. «Les économies de personnel réalisées sont marginales car les salariés qui ne sont plus aux caisses sont redéployés vers d’autres tâches comme le remplissage des rayons». Ce qui suppose que ladite tâche n’était jusqu’alors pas remplie…
Une caissière ou une machine ?
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 9 mai 2010
Hier samedi, des courses en hyper. Et une « tranche de vie » qui m’interroge sur le rôle des caissières et de leur volonté même de résister à la vague déferlante des SCO (self check-out)… C’est donc presque la fin de l’encaissement. La cinquantaine d’articles de mon chariot ont été scannés, ne reste plus que le paiement. Une formalité subitement interrompue par l’arrivée d’une nouvelle caissière dont la mission est précisément de remplacer « ma » caissière. Laquelle me laisse donc en plan : « C’est ma collègue qui va terminer ». Double sous-entendus : 1) sa pause ne peut pas attendre 30 secondes supplémentaires (le temps estimé de l’encaissement) ; 2) il n’y avait donc aucune « relation » client-caissière (contrairement à ce que prétendent les zélés défenseurs de l’humanisation du poste) puisque l’idée de m’abandonner en cours de « relation » ne lui pose visiblement aucune difficulté. En clair, ma caissière n’était donc en fait déjà… qu’une machine.
Tribune n°63 (janvier 2009)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 27 janvier 2009
La distribution à l’âge du self check-out
Caissières : alea jacta est…
LES FAITS. Carrefour, le premier, a tranché : la caisse automatique est – au moins partiellement – l’avenir de ses check-outs. Pour autant, l’enseigne se refuse à confirmer une information évidemment compliquée à communiquer…
La caissière est multi-facettes. Symbole du prolétariat ou de l’asservissement moderne pour les uns (essentiellement des politiques et des syndicalistes) ; indispensable valeur ajoutée humaine pour les autres (dont il est aisé de conclure qu’ils n’ont qu’une vision très… théorique de l’expérience-client); ou, plus froidement, variable d’ajustement des coûts, prochaine victime du progrès technologique et de la propension naturelle du consommateur à «faire» par lui-même.
Car la caisse automatique est là et bien là ! Rôdée depuis quelques années dans sa version «panier», expérimentée en mode «chariot» et grandeur nature par l’Inter- marché de Rennes depuis quelques mois, observée là où on ne l’attend objectivement pas (Ikea) et donc prochainement en déploiement chez Carrefour. Quoi qu’on en pense, la caisse automatique a la vocation et le potentiel d’un développement à grande échelle hypothéquant, de facto, l’avenir caissière. Comme le libre-service avait, avant elle, eu raison du pompiste par exemple. Les raisons sont à la fois multiples et implacables, tout au moins pour le mass-market.
De fait, l’avènement d’une caisse sans caissière repose sur deux points de force face auxquels les soubresauts politiques ne seront que retardateurs et non empêcheurs : il y va en effet de l’intérêt du commerçant et du consommateur. Le commerce est historiquement drivé par la maîtrise ou l’abaissement du coût-outil, gage de prix bas et d’attractivité commerciale.
La caisse automatique y contribue. Le consommateur, lui, réagit toujours positivement à des modifications de structures de coûts qui améliorent la compétitivité des acteurs. Deux exemples pour s’en convaincre. Le fulgurant succès du web sur les marchés non-alimentaires, notamment ceux sur lesquels le produit est dématérialisable ; et la disparition de ce fameux pompiste dans les années 1970/80 ! Le libre-service a alors donné un atout économique déterminant à ceux qui l’avaient adopté condamnant d’abord à la marginalité puis ensuite à la quasi-disparition ceux qui refusaient l’évidence.
Après les rayons LS dans les années 1950,l’histoire se répète…
«Le consommateur n’acceptera jamais de se substituer aux caissières», entend-on régulièrement, au prétexte d’états d’âme ou de moindre efficacité.Faux. Le client n’est un «citoyen» qu’avec l’argent des autres. Son propre bénéfice aura – malheureusement peut-être – toujours plus de valeur que l’intérêt général. Et surtout, il peut tirer de vrais avantages de l’automatisation des postes de caisse : moins d’attente réelle puisque tous les points d’encaissement d’un magasin sont en permanence disponibles ; et moins d’attente perçue puisque, c’est bien connu, le temps actif est toujours plus court que le temps passif !
En parallèle, le libre-service est un facteur structurant de la consommation. Qu’il soit souhaité ou simplement accepté, les faits sont là.Le consommateur est prêt à mettre la main à la pâte. Dans les années 1950, alors qu’émergaient les rayons LS (en lieu et place de comptoirs de vente), certains assuraient que le consommateur ne renoncerait jamais au service. On sait ce qu’il en est advenu… Car là aussi convergeaient l’intérêt du commerçant et du consommateur. Le distributeur y gagnait des coûts, les clients des prix et une nouvelle liberté. Cinquante ans plus tard (et après une certaine progressivité dans le changement, évidemment !), qui imagine un seul instant le retour des comptoirs de vente en épicerie ?
Olivier DAUVERS






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