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Pour l’une des dernières : bye-bye Champion
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 15 juin 2010
Peyrehorade, Landes, ce matin. C’était probablement l’une des dernières déposes de l’enseigne Champion. Parce qu’il en existe encore ! Quelques dizaines tout au plus (sur un parc de 1 000) dont une poignée seulement ont pour destin d’adopter Carrefour Market. Pour les autres, ce pourrait être Dia ou la vente pure et simple. Mais ici à Peyrehorade, c’est jour de fête. Tandis qu’à l’extérieur un ouvrier s’active dans une nacelle à désouder les lettres de Champion, à l’intérieur règne une douce euphorie que renforce l’annonce de l’arrivée de la nouvelle enseigne. « Elle est là », se lancent entre elles les employées chargées du remplissage des rayons à l’arrivée du camion lesté de la précieuse cargaison ! Une vraie star. D’ailleurs, à en juger par le nombre de clients hébétés, la tête en l’air, sur le parking, c’était bien l’événement de la journée à Peyrehorade. Qui, pour la petite histoire, compte déjà un autre Carrefour Market. Le tout pour 3 000 habitants !
La nature (commerciale) a horreur du vide
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 2 mars 2010
Qu’il est parfois bon de se replonger dans une vieille photothèque de… magasins (à chacun ses plaisirs ou ses vices !). L’occasion de mesurer à quel point les magasins changent de physionomie et combien la nature (commerciale) a finalement horreur du vide. Exemple avec ce supermarché : Champion en 2001, sur la photo du haut, prise depuis l’entrée ; Market en 2010, sur la photo du bas, toujours depuis l’entrée. Autant dire qu’il s’agit du premier contact du client avec le magasin. Ce qui a changé ? Il y a presque dix ans, les allées étaient larges, dégagées et offraient même, au loin, la perspective sur le rayon marée (en mural face à l’entrée). Dix ans plus tard, le rayon marée n’a certes pas bougé, mais il a disparu de la vision et les allées ont elles-aussi quasiment disparu. Le magasin a clairement gagné en « densité commerciale » ce qu’il a perdu en confort d’achat. Une illustration très concrète de l’élargissement massif des assortiments sur la période.
Juillet 2008
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 11 juillet 2008
Les produits Champion ne sont plus sacrés !
Bienvenue !
L’opération a démarré semaine 28. Les produits Carrefour débarquent chez Champion. Et pas uniquement dans les supermarchés concernés par un changement d’enseigne à brève échéance. Tous les points de vente sont concernés avec un objectif de 80 % des produits substitués en fin d’année.
Pour l’heure, l’opération concerne principalement les produits frais avec un message simple « Champion souhaite la bienvenue aux produits Carrefour » qui est systématiquement repris sous la forme d’un stop-rayon.
Tribune n°49 (novembre 2007)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 27 novembre 2007
Le pouvoir d’achat en question

Sarko, si t’es champion !
LES FAITS. Toutes les études d’opinion l’attestent : le pouvoir d’achat est actuellement la préoccupation principale des Français. Pas surprenant que Nicolas Sarkozy s’empare du sujet, dès son retour de Chine demain. Reste à savoir s’il parlera vrai…
Nicolas Sarkozy est-il un homme politique comme les autres ? En clair : opportuniste, démagogue voire approximatif ? Ou, à l’inverse, est-il capable de redonner à son métier (après tout, “politique” en est un) et à sa mission la hauteur de vue qui devrait s’imposer ? Encore quelques heures à patentier, le temps que le Président de la République rentre de Chine. Promis-juré, ses conseillers l’assurent, il va prendre le problème du pouvoir d’achat à bras le corps, s’exprimant jeudi ou vendredi et annonçant – c’est l’expression consacrée – un “train de mesures”. Reste à savoir s’il parlera vrai…
Le pouvoir d’achat : quel “problème” ?
A l’origine du malaise, il y a malentendu. Non, il y n’a pas de “problème de pouvoir d’achat en France”, comme s’entêtent à le soutenir ceux qui hurlent avec la meute, sans doute par commodité. Evidemment, nombreux sont les Français qui, au quotidien, souffrent. C’est un fait. Mais si les indices macro-économiques sont certes perfectibles, ils n’en ont pas moins cette vertu qu’ils donnent la direction. Et aussi défectueux soient-ils, tous les indices (y compris celui du BIPE, historiquement le plus sévère) s’accordent à prédire une légère croissance du pouvoir d’achat en 2007. Modeste, mais réelle. Et surtout réaliste… La grandeur de la fonction devrait conduire Nicolas Sarkozy à expliquer, à éduquer. Au stade de maturité et développement actuel, la France ne peut objectivement voir ses richesses croître de quelques pourcents au mieux. Utopique donc d’escompter des croissances de pouvoir d’achat de 5 à 10%. Juste une illusion.
Faire la pédagogie de la frustration
Si Sarko était un champion de la fonction, il devrait même aller plus loin, quasiment jusqu’à la pédagogie de la frustration. Ah, la frustration, cet élément fondateur de la consommation du XXIè siècle. Imaginons : accordons 100 e de revenu supplémentaire à chaque Français. A court terme, dans le ressenti individuel, le pouvoir d’achat ne serait plus un problème. A moyen terme néanmoins, il le redeviendrait. Simplement en raison de l’écart entre pouvoir d’achat et vouloir d’achat que 100 e additionnels ne peuvent pas gommer, tant est grande l’envie d’avoir, d’utiliser, de posséder. Bref, de jouir de cette société de consommation qui culpabilise presque celui qui n’a pas. Jeudi matin, alors que l’Iphone d’Apple déboulera dans les boutiques d’Orange, la France comptera un bataillon de pauvres en plus. Tous ceux qui, voyant son prix (399 e), en conclueront qu’ils voudraient bien, mais ne peuvent point. Faut-il pour autant s’inquiéter du pouvoir d’achat de ceux-là… La grandeur de la fonction devrait donc conduire Nicolas Sarkozy à éclairer le quidam, à dédramatiser autant que possible cette frustration structrurelle.
Quant à l’honneur de la fonction… La seule mesure vraiment efficace et simple (évidemment pas la loi Chatel, inopérante en l’état, ni une énième “usine à gaz” pour alléger les charges) a été proposée par Robert Rochefort, patron du Crédoc : limiter l’augmentation des loyers à l’inflation générale des prix, soit + 2% (vs + 3,5 % actuellement). Coup de pouce pour les locataires, mais coup… de massue pour les propriétaires, l’électorat plus naturel de Nicolas Sarkozy. L’honneur de la fonction devrait donc, en l’espèce, conduire le Président de la République à mécontenter les siens. Sarko, si t’es champion…
O. DAUVERS
Tribune n°47 (septembre 2007)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 18 septembre 2007
Big is beautiful

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Vive le rapport de force (économique)
LES FAITS. Après des années de bataille, les industriels du lait ont obtenu des enseignes une nette revalorisation des prix de cession. Les tensions sur les volumes disponibles ont joué. Mais rien n’aurait été possible sans l’extraordinaire concentration de l’offre.
C’est un principe économique d’une banalité affligeante : acheteur et vendeur ont des intérêts naturellement divergents. Si chacun cherche à maximiser le profit de la relation d’affaire, l’un a pour Graal le prix le plus élevé, l’autre le prix cassé. Il y a deux mille ans, les marchands du temple déjà ne fonctionnaient pas autrement… Aujourd’hui encore, c’est Place Jemâa-el-Fna à Marrakech que le commerce devrait être enseigné tant, ici mieux qu’ailleurs, il repose sur quelques fondamentaux immuables ! Logique, dès lors, que la chaîne alimentaire fonctionne ainsi. Y compris pour ses premiers maillons (les agriculteurs). A l’origine, les coopératives agricoles ont précisément été créées pour massifier les volumes d’achats (engrais, semences, etc.). Bref, pour «tordre le cou» aux fournisseurs ! Et ce sans complexe. Normal. Car n’en déplaise à quelques idéalistes chantres d’un « gagnant-gagnant » improbable (ou, pire, d’un insupportable « win-win ») le commerce est rapport de force. Et doit le rester.
Tel est le jeu avec, déjà, des gagnants…
Pour les industriels (notamment les plus modestes d’entre eux), la question n’est donc pas de savoir comment s’émanciper du rapport de force, mais bien d’envisager les directions stratégiques qui pourraient permettre de le rééquilibrer. Evidemment pas la loi, comme le laissent pourtant encore à penser certaines organisations professionnelles. Au mieux, en effet, les réglementations déplacent le rapport de force. Au pire, elles l’amplifient. En témoignent dix années d’ère Galland. Si les conditions générales de vente ne sont plus négociables, la coopération commerciale l’est toujours. Rien de nouveau donc. Yves Galland avait pourtant sous-titré son texte « loi pour le rééquilibrage des relations commerciales ». On en rirait encore de bon c¦ur si certains (hélas nombreux), convaincus par la naïveté du Ministre, n’y avaient eux-mêmes cru.
Deux voies (et plus) s’offrent donc aux industriels : la concentration de la mise en marché, pour limiter les alternatives d’approvisionnement, et/ou «l’incontournabilité» de leurs fabrications (par la marque ou la recette). Dans les deux cas, c’est le bras de fer. Mais tel est le jeu avec, déjà, ses gagnants. Les industriels du lait par exemple… Après des années de négociations infructueuses, la filière a enfin réussi à « faire passer des hausses », environ + 8 %. Pas rien ! A l’évidence, les tensions sur les volumes disponibles ont joué. Mais l’extraordinaire concentration de l’offre (deux intervenants se partagent désormais l’essentiel du marché MDD et premiers prix) a été le catalyseur indispensable. Par le jeu des alliances entre industriels, voilà un marché de produit quasi-brut sur lequel l’amont a sérieusement rééquilibré le rapport de force. Un exemple à suivre ? Sans aucun doute. Cet été, Bigard et Charal ont annoncé leur rapprochement. Excellente nouvelle ! Plus récemment, trois biscuiteries bretonnes (Gaillard, Le Ster et Whaou) ont choisi de ne faire qu’une : Goûters Magiques. Bravo ! La voie est encore un peu plus tracée. Qu’elle soit suivie…
O. DAUVERS
Mars 2006 ter
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 23 mars 2006
Chassez le naturel
Chassez le naturel, il revient au galop. L’entrée en application de la loi Dutreil devait — juraient les enseignes — simplifier les offres sur prospectus. Donc les rendre plus compréhensibles. Et par ricochet plus efficaces. Que nenni. Les vieux démons reviennent. En témoigne le tract de Champion à l’occasion de son OP “Anniversaire 35 ans”. Bourré d’offres alambiquées, à l’instar de ce soin de jour Revitalift : vendu à l’unité (avec une remise immédiate en caisse de 1,20 euro), proposé en lot virtuel avec 50 % de réduction sur le second produit, le tout arrosé de 4 cartes anniversaire par produit.






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