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Odeurs de pâté et de commerce

PâtéJournée Penser-Client dans un hyper breton vendredi. Immersion le matin, restitution l’après-midi. Parmi les meilleures images de la journée : cette tranche de vie et ces merveilleuses odeurs de pâté et de… commerce. Rien de tel pour créer l’événement. Ce charcutier s’est installé jeudi après-midi et liquidera, m’assure-t-il, ses 200 kg de pâté de campagne d’ici à samedi midi. Joli score. Mais, au-delà, c’est la capacité d’une telle théâtralisation à susciter l’intérêt des clients. Ne serait-ce qu’en captant leur regard. Rapidement compté, un client sur deux s’arrête ou jette un regard appuyé. Enorme.

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En route pour Montréal

Ce matin, cap sur Montréal pour partager ma vision du commerce en Europe à l’occasion de la journée du Canadian Coucil of Grocery Distributors. Le CCGD réunit les distributeurs alimentaires canadiens et leur curiosité sur ce qui se fait de nouveau dans notre « vieille Europe » m’a convaincu d’un aller-retour express à Montréal. Une heure de conférence suivie de visites de magasins et retour dans la foulée. Pour les plus curieux, je mets en téléchargement ici ma conférence. Bon, bien sûr, sans les commentaires et « l’histoire » qui va avec, c’est sans doute moins intéressant ;-) Pour les autres, je vous promets demain une carte postale de Montréal !

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Le commerce dans 10 ans…

Samedi matin, l’occasion de traiter les dossiers importants de la semaine mais qui n’étaient pas urgents ! Parmi ceux-ci, l’étude que mène actuellement le Crédoc pour le compte du Ministère de l’Economie. Son thème : le commerce en 2020. Le Crédoc interroge actuellement nombre de dirigeants d’enseignes et – visiblement – quelques observateurs dont je fais partie. L’estime que je porte au directeur de cette étude, Philippe Moati (un passionné du commerce comme moi, mais avec lequel nos désaccords de vision sont ponctuellement profonds, ce qui nourrit de vrais bons échanges, y compris parfois publics (1)), m’a donc motivé pour consacrer le temps nécessaire à répondre aux nombreuses questions posées. Je reproduis donc ici deux de ces questions et les deux réponses (résumées) parce qu’elles me sont souvent posées par ailleurs, et notamment via ce blog.

Question 5 : En quoi le commerce de détail dans dix ans se distinguera-t-il de manière significative du commerce d’aujourd’hui ?

Le e-commerce a déjà cassé et cassera plus encore la structure du coût de distribution sur une large frange du non-alimentaire : les produits dématérialisables et ceux dont le rapport poids/prix est tel que le surcoût logistique d’une vente à distance est marginal sur le coût du produit lui-même. Et l’histoire du commerce nous montre qu’à chaque période où un nouvel entrant a réussi à casser la structure de coût, se produit alors un bouleversement notable dans les formes de vente qui étaient alors en place. Pour ne pas dire leur quasi-disparition.

Sur l’alimentaire, le retour à une relative liberté dans la fixation des prix conduit à remettre tout en haut du tableau stratégique le coût-outil et les conditions d’achat. Ce qui induira forcément une nouvelle (et probablement dernière) phase de consolidation qui figera le paysage autour de 4 ou 5 acteurs et non pas 6 ou 7 comme aujourd’hui. Ce qui laisse donc entrevoir quelques gigantesques manœuvres…

Question 26 : Sur un plan plus qualitatif, comment le hard-discount est-il amené à évoluer au cours des dix prochaines années ?

Il deviendra un supermarché comme un autre. Dans 10 ans, au rythme d’évolution actuel, Lidl sera un supermarché classique. Autre illustration, déjà visible aujourd’hui : avec le nouveau concept Leader Price et l’arrivée des marques nationales, qu’est-ce qui le différencie vraiment d’un Franprix avec ses « 1 000 produits Leader Price » (c’est même écrit sur la façade des magasins) ? Dans dix ans (ou 15 ans, ou 20 ans, peu importe l’échéance précise, je ne suis pas Madame Soleil ;-) ), le hard-discount se sera tellement ramolli que le terreau sera fertile (ou la porte suffisamment ouverte, c’est vous qui choisissez la métaphore !) pour un « nouvel hard-discount ». Là aussi, c’est l’histoire du commerce qui l’enseigne (2). Songez par exemple qu’à ses débuts, dans les années 1930’s, Monoprix était ni plus ni moins que le Lidl de l’époque. L’histoire du commerce est un éternel recommencement !

NB (1) : je retrouverai d’ailleurs avec plaisir Philippe Moati pour l’ouverture de la seconde journées des Journées Annuelles de l’IFM (22-24 novembre, Paris La Défense).

NB (2) : pour les plus curieux, j’ai « commis » en 2004 avec Frédéric Carluer-Lossouarn, journaliste à Linéaires, un ouvrage intitulé La Saga du commerce français. Une publicité complètement désintéressée puisque l’ouvrage est épuisé mais (et je le dis notamment pour quelques étudiants qui se passionneraient pour le sujet) disponible dans toutes les bonnes bibliothèques universitaires.

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Tribune n°20 (jan 2006)

Tribune n°20 (jan 2006)

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ENFIN, LE RETOUR DE LA BATAILLE SUR LES PRIX

Comme un parfum de commerce…

Les premiers prospectus de l’année arrivent dans les boîtes aux lettres. La bataille sur les prix est d’ores et déjà lancée. C’est si bon le commerce !

Un doux parfum de commerce flotte ces jours-ci dans les centrales et les magasins. Comme un agréable retour dix ans en arrière lorsque le prix Leclerc était attendu par Carrefour, l’offre d’Auchan surveillée par Géant, etc. Une seule illustration de ce grand retour du commerce : l’impatience des uns à recevoir le prospectus des autres. Rarement depuis quelques années en effet, les chefs de rayon et acheteurs avaient à ce point guetté les tracts de leurs concurrents. Et pour cause… Offre et prix étaient souvent identiques. La veille concurrentielle en était devenue un zèle bien inutile.
La veille est désormais un impératif stratégique car les hostilités démarrent cette semaine. Demain mercredi, Géant entame son opération “Plus bas, y’a pas !”, une sélection d’articles sur lesquels l’enseigne s’engage à être la moins chère du marché, remboursement de 10 fois la différence à l’appui. Demain également, “le prix E.Leclerc retrouve sa liberté”. Et l’enseigne d’expliquer la situation en langage simple dès l’ouverture de son prospectus : “Suite à la réforme de la loi Galland, pour laquelle nous nous battions depuis plusieurs années, nous pouvons enfin répercuter dans les prix une plus grande partie des avantages négociés avec nos fournisseurs”.
Très logiquement, les premiers prospectus de l’année, en cours de distribution dans les boîtes aux lettres, marquent des écarts dans les offres. C’est le signe de la liberté retrouvée dans la négociation et dans la fixation des prix. Conséquence, quelques fournisseurs vont devoir “aider” leurs clients à comprendre ces nouveaux écarts. Conditions particulières octroyées, auto-sacrifice de marge de la part d’une enseigne, etc. Qu’importe ! L’essentiel est ailleurs : dans le retour en grâce du commerce.

O. DAUVERS

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Tribune n°18 (Nov. 2005)

Numéro 18 – Nov 2005

Titre

COMMUNICATIONS PLUS AGRESSIVES, PARTIS PRIS D’ASSORTIMENT, ETC.

Vive le commerce !

Le commerce revit. C’est ainsi qu’il faut interpréter les nombreuses infractions au SRP constatées, l’agressivité nouvelle des communications ou encore des partis pris d’assortiments qui, de prime abord, pourraient dérouter. Et cette “résurrection” du commerce est une bonne nouvelle.

10’ans de léthargie “Galland”   l’aurait presque fait oublier… Mais le commerce est autre chose que des assortiments ou des promotions quasi-similaires d’une enseigne à l’autre et des prix de vente consommateurs sous le joug des industriels. Aussi, c’est avec joie, sur le principe tout au moins, qu’il faut accueillir ce grand retour du commerce  observé aujourd’hui ça et là. Les “SRP en péril” par exemple. En témoigne cette crème Danette observée à 1,12 e dans un hyper Auchan. Les plus légalistes y verront une inexcusable atteinte à “l’ordre commercial”. Les plus commerçants, eux, salueront ces escarmouches comme autant de preuves que la révolution annoncée sur les PVC est enfin déclenchée. Pas question pour autant d’appeler au grand retour de la revente à perte. A moyen terme, ces “respirations” sur les prix devront s’opérer dans un cadre légal. Mais c’est le principe même d’une révolution que de démarrer sur quelques faits d’armes !
Deuxième réjouissance : le retour à une réelle agressivité inter-enseignes, base même de la concurrence commerciale. Et, comme souvent, c’est dans l’Ouest qu’il faut chercher les exemples les plus croustillants. A Saint Brieuc par exemple où, depuis trois semaines, Leclerc se paye ses concurrents (notamment Carrefour) avec la régularité d’un métronome, parutions publicitaires dans Ouest-France à l’appui. D’abord sur les fleurs de Toussaint (semaine 43), puis sur l’essence (semaine 44) et, la semaine dernière, sur les jouets de Noël. Violent ? Peut-être. Rafraîchissant, surement.
Autre initiative à interpréter comme le grand retour du commerce : la décision d’Auchan de tester dans le Sud-Est une nouvelle configuration de ses rayons surgelés, limitant drastiquement les marques nationales, comme l’a révélé le magazine Linéaires. Arbitrage à l’évidence surprenant tant, sur certaines catégories, la force des marques semble réelle. Arbitrage légitimement douloureux pour les marques concernées qui voient fondre, immédiatement, une part de leurs volumes. Mais un arbitrage qu’il faut aussi lire comme la reprise en mains des assortiments par les enseignes. Ce qui devenait impérieux, tant c’est le rôle même du commerçant que de bâtir des offres, avec les partis pris qui en découlent. Et les risques commerciaux. Car nul doute que si Auchan a mal anticipé les attentes de ses clients sur ce rayon, il le paiera cash. Et reviendra à de meilleures dispositions à l’endroit des marques. Mais ces respirations sont là aussi la preuve que le commerce revit. Réjouissant.
O. DAUVERS


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