Articles taggés distributeurs

Distorsion dans les conditions de production : la preuve

Fraises199Ceux qui suivent attentivement ce blog ou les Tribune Grande Conso savent à quel point je suis critique sur la posture de l’Etat dans le conflit latent entre paysans et commerçants. Pour faire simple, l’Etat se veut à la fois arbitre et défenseur de l’opprimé (comprendre le paysan). Alors, qu’en fait, il est d’abord coupable. Coupable d’accepter des distorsions manifestes dans les conditions de production sans l’avouer ouvertement au monde agricole. En clair, la construction politique de l’Europe s’est réalisée en acceptant la libre circulation de marchandises aux coûts de revient fort éloignés. Exemple frappant avec les fraises. Il y a un mois, les barquettes de 500 de fraises rondes (la fraise standard) étaient dans toutes les enseignes au même niveau de prix promo : un euro, ou quelques centimes de moins avec un niveau de marge ridicule. Sa provenance ? L’Espagne. Un mois plus tard, les Espagnols n’inondent plus l’Europe de leurs fraises. Les producteurs français ont pris le relais. Et le même type de fraises, toujours en promo, est désormais à 1,99 euro. Du simple au double alors que la marge des enseignes est similaire. Une autre façon de voir le problème : la fraise espagnole coûte donc deux fois moins cher à produire. Simplement parce que 75 % du coût de revient d’une fraise réside dans la main d’œuvre de cueillette. Moins payée en Espagne et – ce qui améliore l’ordinaire des producteurs – pas toujours déclarée. Pas sûr que Carrefour ou Leclerc y soient pour quoi que ce soit… Mais qui l’explique aux paysans ?

, , , , , , ,

Pas de commentaires

Imprimez l'article, faites-le partager, ajoutez le à vos favoris :
  • Print
  • PDF
  • RSS
  • email
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • Yahoo! Bookmarks

Paysans-distributeurs : l’Etat si coupable…

LES FAITS. L’Observatoire des prix et des marges consacré à la filière laitière, a été publié pendant l’été et ce, dans une relative discrétion. Il nuance grandement les accusations du syndicalisme agricole et de la puissance publique, lancées en pleine crise laitière, en juin dernier.

C’était la condition de sortie de crise sur laquelle Michel Barnier, alors Ministre de l’Agriculture, avait «topé» avec Jean-Michel Lemétayer, le patron de la FNSEA : faire la lumière sur les marges dans la filière laitière. Et… la lumière fût fin juillet, sous la forme d’un observatoire des prix et des marges, tout ce qu’il y a de plus officiel (c’est France AgriMer, l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer qui s’y est collé). Le tandem Barnier-Lemétayer l’avait promis : on allait voir ce qu’on allait voir. Malheureusement pas grand chose. Et parfois même l’inverse des conclusions escomptées (pourtant «vendues» à la base pour convaincre de lever les barrages). Sur la très emblématique brique de lait demi-écrémé, la marge de la distribution s’est en effet contractée au fil des ans : environ 25/26 % en 2005, moins de 15 % en 2008/2009. Pas question de faire pleurer dans les chaumières évidemment : la distribution n’est pas mourante. Loin s’en faut ! Mais de là à en faire le parfait coupable des maux agricoles, il y a un gouffre, à en juger par les conclusions de l’Observatoire.

Rapport prix du lait

Lire le reste de l’article »

, , , , , , , , ,

Pas de commentaires

Imprimez l'article, faites-le partager, ajoutez le à vos favoris :
  • Print
  • PDF
  • RSS
  • email
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • Yahoo! Bookmarks