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Etiquettes : quand l’électronique défaille

EEGLes habitués du site connaissent mon peu d’entrain pour les étiquettes électroniques de gondoles (EEG). Pour faire (vraiment très) court, je leur reproche leur faible lisibilité et, surtout, la déresponsabilisation des hommes et des femmes de magasins sur ce sujet majeur de l’exécution du prix que l’installation d’EEG induit. Les partisans, eux, mettent deux arguments, tout aussi défendables : d’abord la productivité pour le magasin ; ensuite, pour le client, la conformité des prix payés aux prix affichés. Sur le papier, oui. Dans les faits, voilà une belle règle qui souffre de trop d’exceptions. Sur les produits en poids variable et fluctuant, évidemment, mais également (et de plus en plus) sur le PGC en raison de la multiplication des gencods. N’allez pas en déduire que le progrès m’horripile. Non, c’est tout l’inverse. Mais pas à n’importe quel… prix pour le client !

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Pourquoi je suis contre les étiquettes électroniques

Pour beaucoup, les étiquettes électroniques de gondoles (EEG) sont une fabuleuse avancée du commerce : modifications rapides (et non coûteuse en temps-homme) des prix, conformité des prix entre l’affichage et la caisse, etc. C’est pourtant de mon point de vue une formidable erreur que de voir les EEG comme un progrès. Entendons-nous bien (et notamment des commerciaux de la SES qui en livrent par tombereaux entiers !) : technologiquement, ces étiquettes sont remarquables. C’est commercialement que ça coince. Car les EEG ont complètement déresponsabilisé les hommes et femmes de magasin sur un sujet ô combien crucial : l’exécution du prix. Le prix est la première des informations attendues par le client (vous-même, acceptez-vous d’acheter quoi que ce soit sans en connaître le prix ? Non, évidemment). Et pourtant, dans les magasins équipés en EEG, le prix est devenue une information qui n’intéresse plus personne puisqu’automatique. Les « boulettes » n’en passent que plus inaperçues. Mais pas pour le client bien sûr.

Ketchup5BDUn exemple, vécu ce matin au Géant Casino de Villeneuve Loubet (entre Nice et Cannes) qui illustre parfaitement ce désintérêt du prix. Le ketchup d’Amora en flacon souple est affiché 3,05 €, soit deux fois le prix courant pour cet article. Sans aucun doute, il s’agit bien du produit en rayon. Même marque, même conditionnement. Une hérésie tarifaire que personne ne remarque puisque plus personne ne regarde les prix. Sauf le client – au moins certains – qui auront vite (au choix) : renoncé à acheter et/ou catalogué Géant Casino Villeneuve Loubet au rang de magasin « horriblement cher » !

Bien sûr, rien ne dit qu’une étiquette papier aurait évité pareille anomalie. Une certitude : dès qu’un magasin installe des EEG, le prix (en tant qu’information pour le client) en devient un sujet bien subalterne.

Le plus cocasse dans l’histoire ? Le code-barre référent pour l’EEG n’est plus présent en rayon. Les deux codes (prix choc ou non) présents sur la tablette passent en caisse à… 1,40 €. Conclusion : dans ce cas présent, Géant Casino a tout perdu. Soit l’hyper a effarouché les clients qui auront pris conscience du prix qui leur était demandé ; soit il a perdu 1,65 € sur chaque flacon alors que lesdits clients étaient prêts à le payer 3,05 € !

Voilà pourquoi, en l’état de l’exécution des prix sur la surface de vente, je suis farouchement contre les étiquettes électroniques de gondoles ! Quitte à  « subir » un coup de fil courroucé de Philippe Catteau, patron de SES !!!

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