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Encore un effort Monsieur Beulin !

LES FAITS. A quelques jours de l’ouverture du salon de l’Agriculture, le nouveau patron de la FNSEA enchaîne les interviews, révélant un pragmatisme quasi-révolutionnaire pour le syndicat agricole majoritaire. Ne manque que la mise en cause de la responsabilité de l’État dans le malheur paysan et la mue sera totale.
Depuis quelques semaines, c’est le nouveau «paysan en chef» : Xavier Beulin, patron de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire. A quelques jours de l’ouverture du Salon de l’Agriculture, le voilà, de fait, à «la une de l’actu». Et notamment de l’hebdomadaire LSA qui lui consacre quatre pages, à lire et à relire tant la mue est spectaculaire. Au dogmatisme de son prédécesseur (Jean-Michel Lemétayer), Xavier Beulin répond par un pragmatisme déconcertant. Oh !, certes, il n’échappe pas à la facile comparaison des «cinq centrales concentrant 85 % de la mise en rayon» avec «les 10 000 entreprises – des PME et des TPE – qui transforment la matière première de 400 000 exploitants agricoles». Mais, pour le reste, le Xavier-Beulin-dans-le-texte est un langage agricole bien plus réaliste qu’il ne l’a jamais été, assumant jusqu’à la dualité de la vocation paysanne : «Cinq jours sur sept, nous consommons une alimentation qui doit être sécurisée, tracée, diversifiée, calorique… et bon marché. Et on revendique pour le week-end ou les jours de fête plus de goût, de saveurs, d’authencité». Rien à redire ! Côté sociologie de la consommation, Xavier Beulin voit clair en admettant la quête de la compétitivité. Mieux, il lie directement la situation – alarmante – de l’agriculture française aux distorsions dans les conditions de production entre États européens. Distorsions fiscales, sociales et environnementales, souvent évoquées ici comme LA cause principale du malheur agricole. Reste que Xavier Beulin – et c’est là son seul tort aujourd’hui – s’arrête en chemin. Si les salaisonniers français s’approvisionnent effectivement en matière première allemande, à qui la faute ? Aux acteurs économiques ou aux décideurs politiques qui ont laissé s’installer d’incroyables distorsions  entre des États censés coordonner leurs politiques ? Un seul exemple qui vaut toutes les démonstrations : les abattoirs allemands emploient 90 % de bras polonais ou roumains, payés au tarif… polonais ou roumain. Et ce, en totale conformité avec le droit social allemand. Mais pas franchement avec l’esprit européen. Carrefour, Leclerc, Fleury Michon ou Herta en portent-ils une quelconque responsabilité ? Non, bien sûr. Xavier Beulin l’a forcément compris, mais il ne peut pas encore viser aussi directement sa tutelle, le Ministère de l’Agriculture. C’est le dernier effort à faire à présent pour regagner la respectabilité intellectuelle perdue par le syndicalisme agricole ces dernières années : pointer la responsabilité de l’État dont les Ministres de l’Agriculture successifs ont «vendu» les paysans français au projet politique européen, sans leur avouer, bien sûr. Evidemment, la mise en cause sera douloureuse tant les liens – historiques – sont solides entre FNSEA et pouvoirs publics. Mais les agriculteurs méritent – enfin – cette vérité. Ce sera bien là la révolution du syndicalisme agricole.
Olivier Dauvers

TGC92LES FAITS. A quelques jours de l’ouverture du salon de l’Agriculture, le nouveau patron de la FNSEA enchaîne les interviews, révélant un pragmatisme quasi-révolutionnaire pour le syndicat agricole majoritaire. Ne manque que la mise en cause de la responsabilité de l’État dans le malheur paysan et la mue sera totale.

Depuis quelques semaines, c’est le nouveau «paysan en chef» : Xavier Beulin, patron de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire. A quelques jours de l’ouverture du Salon de l’Agriculture, le voilà, de fait, à «la une de l’actu». Et notamment de l’hebdomadaire LSA qui lui consacre quatre pages, à lire et à relire tant la mue est spectaculaire. Au dogmatisme de son prédécesseur (Jean-Michel Lemétayer), Xavier Beulin répond par un pragmatisme déconcertant. Oh !, certes, il n’échappe pas à la facile comparaison des «cinq centrales concentrant 85 % de la mise en rayon» avec «les 10 000 entreprises – des PME et des TPE – qui transforment la matière première de 400 000 exploitants agricoles». Mais, pour le reste, le Xavier-Beulin-dans-le-texte est un langage agricole bien plus réaliste qu’il ne l’a jamais été, assumant jusqu’à la dualité de la vocation paysanne : «Cinq jours sur sept, nous consommons une alimentation qui doit être sécurisée, tracée, diversifiée, calorique… et bon marché. Et on revendique pour le week-end ou les jours de fête plus de goût, de saveurs, d’authencité». Rien à redire ! Côté sociologie de la consommation, Xavier Beulin voit clair en admettant la quête de la compétitivité. Mieux, il lie directement la situation – alarmante – de l’agriculture française aux distorsions dans les conditions de production entre États européens. Distorsions fiscales, sociales et environnementales, souvent évoquées ici comme LA cause principale du malheur agricole. Reste que Xavier Beulin – et c’est là son seul tort aujourd’hui – s’arrête en chemin. Si les salaisonniers français s’approvisionnent effectivement en matière première allemande, à qui la faute ? Aux acteurs économiques ou aux décideurs politiques qui ont laissé s’installer d’incroyables distorsions  entre des États censés coordonner leurs politiques ? Un seul exemple qui vaut toutes les démonstrations : les abattoirs allemands emploient 90 % de bras polonais ou roumains, payés au tarif… polonais ou roumain. Et ce, en totale conformité avec le droit social allemand. Mais pas franchement avec l’esprit européen. Carrefour, Leclerc, Fleury Michon ou Herta en portent-ils une quelconque responsabilité ? Non, bien sûr. Xavier Beulin l’a forcément compris, mais il ne peut pas encore viser aussi directement sa tutelle, le Ministère de l’Agriculture. C’est le dernier effort à faire à présent pour regagner la respectabilité intellectuelle perdue par le syndicalisme agricole ces dernières années : pointer la responsabilité de l’État dont les Ministres de l’Agriculture successifs ont «vendu» les paysans français au projet politique européen, sans leur avouer, bien sûr. Evidemment, la mise en cause sera douloureuse tant les liens – historiques – sont solides entre FNSEA et pouvoirs publics. Mais les agriculteurs méritent – enfin – cette vérité. Ce sera bien là la révolution du syndicalisme agricole.

Olivier Dauvers

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Le (presque) face-à-face avec Jean-Michel Lemétayer

LemetayerDepuis de nombreuses années, d’estrades en tribune (grande conso), je ne cesse de mettre en cause la responsabilité de l’Etat dans le malheur des paysans lorsque le syndicat majoritaire (comprendre la FNSEA) ne pointe que la grande distribution. Aussi, lorsque France 3 Ouest m’a proposé d’interpeller Jean-Michel Lemétayer dans le cadre de son émission politique du samedi matin (11h-12h), j’ai évidemment sauté sur l’occasion. Le brief était clair : poser une question qui dérange. Ca va, je sais faire ! Inimaginable donc de se débiner devant l’auto-proclamé « paysan en chef ». D’autant que ma formation agricole, couplée à une observation désormais bien longue des pratiques commerciales, me permet de revendiquer une vision pas complètement infondée de la réalité. Mon seul regret : le format de l’émission. La question est enregistrée à l’avance et ne permet donc aucun « droit de suite ». Mais je compte sur mes confrères de France 3 pour ne pas se satisfaire d’une réponse trop à côté du sujet.

La question donc que j’ai enregistré :

« Jean-Michel Lemetayer, vous pointez régulièrement du doigt la grande distribution, souvent avec véhémence, parfois même avec une certaine forme de violence. Pourquoi ne pas être aussi “violent” envers les pouvoirs publics qui sont tout de même responsables d’avoir laisser se creuser les distorsions dans les conditions de production entre pays ? Car, finalement, ne pourriez-vous pas partager cet avis que la grande distribution ne fait qu’utiliser des règles du jeu fixées par les pouvoirs publics ? »

En filigrane, les plus avertis des arcanes du syndicalisme agricole auront compris qu’il s’agissait de suggérer le jeu du « je te tiens / tu me tiens » qui prévaut depuis des décennies entre les pouvoirs publics et la FNSEA et qui a empêché ce syndicat de poser les véritables problèmes du monde agricole. Donc d’y apporter les solutions.

Pour tout vous dire, je suis pressé d’entendre la réponse de Jean-Michel Lemétayer !

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Paysans-distributeurs : l’Etat si coupable…

LES FAITS. L’Observatoire des prix et des marges consacré à la filière laitière, a été publié pendant l’été et ce, dans une relative discrétion. Il nuance grandement les accusations du syndicalisme agricole et de la puissance publique, lancées en pleine crise laitière, en juin dernier.

C’était la condition de sortie de crise sur laquelle Michel Barnier, alors Ministre de l’Agriculture, avait «topé» avec Jean-Michel Lemétayer, le patron de la FNSEA : faire la lumière sur les marges dans la filière laitière. Et… la lumière fût fin juillet, sous la forme d’un observatoire des prix et des marges, tout ce qu’il y a de plus officiel (c’est France AgriMer, l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer qui s’y est collé). Le tandem Barnier-Lemétayer l’avait promis : on allait voir ce qu’on allait voir. Malheureusement pas grand chose. Et parfois même l’inverse des conclusions escomptées (pourtant «vendues» à la base pour convaincre de lever les barrages). Sur la très emblématique brique de lait demi-écrémé, la marge de la distribution s’est en effet contractée au fil des ans : environ 25/26 % en 2005, moins de 15 % en 2008/2009. Pas question de faire pleurer dans les chaumières évidemment : la distribution n’est pas mourante. Loin s’en faut ! Mais de là à en faire le parfait coupable des maux agricoles, il y a un gouffre, à en juger par les conclusions de l’Observatoire.

Rapport prix du lait

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