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Lidl ou la leçon d’histoire commerciale

LES FAITS. L’état-major de Lidl a réuni la semaine dernière à Paris l’ensemble de son encadrement français pour annoncer un changement radical d’ambition. En reniant, au passage, le hard-discount.
En annonçant la semaine dernière à ses cadres et agents de maîtrise l’abandon du hard-discount, Friedriech Fuchs, le nouveau patron de Lidl en France, n’imaginait pas le tapage médiatique qui allait suivre. D’abord, parce qu’il lui était sans doute inconcevable qu’un seul des petits soldats Lidl qu’il commande puisse raconter à l’extérieur ce qui n’était dans son esprit qu’un événement interne. Ensuite parce que Lidl qui renonce au hard-discount n’est pas une information mais juste une confirmation pour qui suit de près la vie des magasins. Mais le reconnaître quasi-publiquement (3 000 personnes quand même !) alors que l’époque sanctifie le prix bas suffisait à en faire l’affaire du jour !
Voilà des années que Lidl
a abandonné le hard-discount
Lidl et le hard-discount ? L’histoire s’était arrêtée bien plus tôt que ce 24 octobre. Il y a des années même… Lorsque l’enseigne décida d’accueillir les marques nationales. Lorsqu’elle imagina une gamme de produits… «Deluxe». Lorsqu’elle installa des terminaux de cuisson de pains et – en conséquence – de véritables rayons boulangerie, etc. Bref, lorsqu’elle considéra que pour assurer sa croissance, son positionnement rigoriste et historique était davantage un handicap qu’un atout. En ce sens, la mue de Lidl (et d’autres : Netto, Dia, etc.) est une formidable leçon d’histoire commerciale. Ou une énième démonstration (n’en déplaise à certains) que la «roue du commerce» est une théorie toujours très vivace, 160 ans après Boucicaut et son Bon Marché.
Toutes les formes de vente ont démarré par le discount.
Même Monoprix…
Ainsi va donc l’histoire commerciale… Toutes les formes de vente qui, in fine, ont pesé significativement sur leur marché ont pris racine aux sources du discount. Là où seul le prix est roi : assortiment réduit à l’extrême acceptable (un besoin, un produit), services minimalistes (qui se souvient encore que Lidl n’acceptait pas les cartes bancaires lors de son arrivée en France, la faute à un niveau de commission jugée incompatible avec le discount pur et dur ?) et théâtralisation paupérisante. Pourquoi pareille rigueur ? Si simple… Assor-timent, services et investissemet sont les trois déterminants majeurs du coût-outil, la base de l’efficience économique en matière de distribution. «Se coûter moins pour vendre moins cher» : telle est la martingale gagnante pour prendre position. Pour en mesurer la portée, encore faut-il se souvenir que, dans les années 90, le hard-discount grapillait un point de part de marché par an. Jusqu’à atteindre un plafond, la faute à un taux de nourriture       faiblard. Seules solutions : élargir ses assortiments pour couvrir toujours plus de besoins et élever sa proposition commerciale pour séduire de nouveaux clients. A chaque fois, des coups gagnants. Deux années de suite, les marques nationales ont assuré la croissance de Lidl. Le pain cuit sur place tout au long de la journée ? Là encore, un franc succès. De bonne source, la quasi-totalité des Lidl avec point chaud seraient aujourd’hui en positif. Les autres seraient à l’arrêt (euphémisme…). Logique que le siège allemand ait exigé de la filiale française une transformation plus radicale encore et surtout plus rapide. Qu’importe si, depuis ce 24 octobre, la direction de Lidl ait assuré ne pas vouloir devenir «un supermarché traditionnel». Trop tard ! Lidl l’est déjà. C’est le sens d’une histoire qui bégaye. Il y a tout juste 80 ans, en 1932 à Rouen, c’est en hard-             discounter que Monoprix s’était lancé. Le prix bas en étendard. Mais, au fil du temps, l’embourgeoisement finit toujours par faire son œuvre. Imperceptible dans l’instant tant le mouvement avance par petites touches. Lent mais inéluctable. Tout aussi inéluctable que le prochain épisode de l’histoire commerciale. L’émergence, dans quelques années (10, 15, 20 ?), d’une nouvelle forme de discount. Plus agressive que la précédente qui, chaque jour qui passe, se ramollit un peu plus.
Olivier Dauvers

TGC 118LES FAITS. L’état-major de Lidl a réuni la semaine dernière à Paris l’ensemble de son encadrement français pour annoncer un changement radical d’ambition. En reniant, au passage, le hard-discount.

En annonçant la semaine dernière à ses cadres et agents de maîtrise l’abandon du hard-discount, Friedriech Fuchs, le nouveau patron de Lidl en France, n’imaginait pas le tapage médiatique qui allait suivre. D’abord, parce qu’il lui était sans doute inconcevable qu’un seul des petits soldats Lidl qu’il commande puisse raconter à l’extérieur ce qui n’était dans son esprit qu’un événement interne. Ensuite parce que Lidl qui renonce au hard-discount n’est pas une information mais juste une confirmation pour qui suit de près la vie des magasins. Mais le reconnaître quasi-publiquement (3 000 personnes quand même !) alors que l’époque sanctifie le prix bas suffisait à en faire l’affaire du jour !

Voilà des années que Lidl a abandonné le hard-discount

Lidl et le hard-discount ? L’histoire s’était arrêtée bien plus tôt que ce 24 octobre. Il y a des années même… Lorsque l’enseigne décida d’accueillir les marques nationales. Lorsqu’elle imagina une gamme de produits… «Deluxe». Lorsqu’elle installa des terminaux de cuisson de pains et – en conséquence – de véritables rayons boulangerie, etc. Bref, lorsqu’elle considéra que pour assurer sa croissance, son positionnement rigoriste et historique était davantage un handicap qu’un atout. En ce sens, la mue de Lidl (et d’autres : Netto, Dia, etc.) est une formidable leçon d’histoire commerciale. Ou une énième démonstration (n’en déplaise à certains) que la «roue du commerce» est une théorie toujours très vivace, 160 ans après Boucicaut et son Bon Marché.

Toutes les formes de vente ont démarré par le discount. Même Monoprix…

Ainsi va donc l’histoire commerciale… Toutes les formes de vente qui, in fine, ont pesé significativement sur leur marché ont pris racine aux sources du discount. Là où seul le prix est roi : assortiment réduit à l’extrême acceptable (un besoin, un produit), services minimalistes (qui se souvient encore que Lidl n’acceptait pas les cartes bancaires lors de son arrivée en France, la faute à un niveau de commission jugée incompatible avec le discount pur et dur ?) et théâtralisation paupérisante. Pourquoi pareille rigueur ? Si simple… Assor-timent, services et investissemet sont les trois déterminants majeurs du coût-outil, la base de l’efficience économique en matière de distribution. «Se coûter moins pour vendre moins cher» : telle est la martingale gagnante pour prendre position. Pour en mesurer la portée, encore faut-il se souvenir que, dans les années 90, le hard-discount grapillait un point de part de marché par an. Jusqu’à atteindre un plafond, la faute à un taux de nourriture       faiblard. Seules solutions : élargir ses assortiments pour couvrir toujours plus de besoins et élever sa proposition commerciale pour séduire de nouveaux clients. A chaque fois, des coups gagnants. Deux années de suite, les marques nationales ont assuré la croissance de Lidl. Le pain cuit sur place tout au long de la journée ? Là encore, un franc succès. De bonne source, la quasi-totalité des Lidl avec point chaud seraient aujourd’hui en positif. Les autres seraient à l’arrêt (euphémisme…). Logique que le siège allemand ait exigé de la filiale française une transformation plus radicale encore et surtout plus rapide. Qu’importe si, depuis ce 24 octobre, la direction de Lidl ait assuré ne pas vouloir devenir «un supermarché traditionnel». Trop tard ! Lidl l’est déjà. C’est le sens d’une histoire qui bégaye. Il y a tout juste 80 ans, en 1932 à Rouen, c’est en hard-discounter que Monoprix s’était lancé. Le prix bas en étendard. Mais, au fil du temps, l’embourgeoisement finit toujours par faire son œuvre. Imperceptible dans l’instant tant le mouvement avance par petites touches. Lent mais inéluctable. Tout aussi inéluctable que le prochain épisode de l’histoire commerciale. L’émergence, dans quelques années (10, 15, 20 ?), d’une nouvelle forme de discount. Plus agressive que la précédente qui, chaque jour qui passe, se ramollit un peu plus.

Olivier Dauvers

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Exclu : Lidl abandonne le hard-discount

Une exclu qui, en fait, n’est pas vraiment un scoop pour ceux qui suivent le fil de ma pensée depuis quelques années : Lidl arrête le hard-discount. Et cette fois-ci, je ne suis pas le seul à la dire. Non, non. C’est, mot pour mot, ce que le patron de Lidl, Friedrich Fuchs, a dit hier au Zénith de Paris devant les 3000 managers de l’enseigne en France. Un énorme raout pour l’enseigne sur lequel je me suis évidemment documenté, pensez donc ! Location du Zénith, déjeuner dans le Parc de la Villette tout à côté pour les 3 000 convives et, pas mal pour un (ex)hard-discounter, une dizaine d’avions affrêtés dont l’intérieur était décoré aux couleurs de Lidl (ça c’est de l’info, non ?). Et, à l’arrivée, un show à l’américaine dixit plusieurs participants.

LidlNutellaPlus sérieusement, retour au message principal. Lidl reconnaît officiellement abandonner donc le hard-discount. D’un autre côté, ces trois formats de Nutella observés il y a quelques semaines m’avaient déjà tout dit de la vision de Lidl de son métier… Nul besoin d’une convention au Zénith ! Si ce n’est pour que les chefs de magasin (longtemps traités avec peu de considération dans le management Lidl, j’assume !) le sachent et se préparent à pas mal de changements sur le terrain. Concrètement, le déploiement des terminaux de cuisson de pain et des rayons boulangerie va s’accélérer. 1000 sont prévus d’ici la fin de l’année. Ensuite, les magasins vont peu à peu adopter un nouveau concept. Déjà observée ça et là, l’entrée par le petit-déjeuner (et non plus les liquides) a vocation à être généralisée. De même que l’ilot fleurs en caisses. Mais le coeur du nouveau Lidl doit être, selon Friedrich Fuchs, le rayon fruits et légumes, vecteur de l’image d’ensemble du magasin. Bon courage sur ce point quand même car le travail à faire est colossal. Et accessoirement autrement plus compliqué que de déplacer des gondoles… Enfin, autre annonce hier et autre signe de l’abandon du hard-discount : l’élargissement des gammes. A la fois avec de nouveaux produits MDD mais surtout la généralisation de la marque leader sur toutes les unités de besoin. Petit message donc aux marques qui sont encore absentes de Lidl. Si vous êtes l’incontestable « Marque A » de votre marché, imposez vos conditions. De toute façon, Lidl vous veut…

Naturellement, je reviendrai au fil des jour en images sur ce nouveau Lidl.

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Embourgeoisement du hard-discount (suite et pas fin)

Lidl14juillet-BDCeux qui suivent connaissent mon attachement à démontrer par l’exemple l’embourgeoisement du hard-discount. Et, ce faisant, sa dérive par rapport à son ambition initiale d’être au niveau de prix le plus bas possible grâce à un niveau de coût lui même au plus bas possible. Nouvel exemple samedi prochain 14 juillet. Lidl sera ouvert. Avec (et heureusement pour les salariés) un coût horaire un brin plus élevé qu’un samedi ordinaire ! Donc un coût d’exploitation plus élevé. Bien sûr (et parce que je suis pas complètement naïf), je conçois l’intérêt commercial de la démarche, j’vous rassure. Je ne place la réflexion que sur le terrain théorique de l’embourgeoisement.

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Lidl plus près du foot que du hard-discount !

LidlFoot1Nouvelle illustration de l’évolution du commerce (cf note précédente). Lidl a mis en ligne un site consacré à l’Euro de football baptisé le « portail des fans de foot ». Un portail esthétiquement un poil bricolé mais aux fonctionnalités (interactives) assez riches : concours de pronostics, tirs au but et un original défi de la passe la plus longue (les internautes sont invités à se filmer recevant le ballon de leur droite et la transmettant sur leur gauche puis à uploader la vidéo). Pourquoi, là-aussi, est-ce signifiant de l’évolution du commerce ? Parce que, ce faisant, Lidl montre toute l’attention qu’il porte désormais à la relation-client. Reconnaissant au passage que le client est… roi. Normal ? Non… Pour les plus jeunes, dans les années 1990, lorsqu’on évoquait les débuts du hard-discount en France, c’était pour décrire une forme de vente qui assumait que seul le prix était roi. Vous voyez le chemin parcouru ?

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Un Lidl de plus par semaine

Lidl Ouverture-BDLidl n’en finit pas de construire de nouveaux magasins ! Au fil de mes pérégrinations, voilà le genre d’images que je vois régulièrement. Vérification faite, Lidl exploite désormais 1 618 magasins, soit 59 de plus que l’an dernier. Soit la bagatelle d’une ouverture par semaine. Le tout pour une part de marché stable depuis trois ans…

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Lidl dans les Echos. Même pas surpris !

LidlCe matin, dans les Echos. Une pleine page de pub signée Lidl pour promouvoir sa « foire aux vins » du lendemain. Et cette accroche : « Surpris de découvrir le leader de l’économie au quotidien dans le quotidien de l’économie ?« . Jolie phrase, soit. Mais, à dire vrai, aucune surprise. Voilà longtemps que je chronique la mort annoncée du hard-discount (du moins en tant que format de vente dont toutes les décisions ne sont guidées que par la chasse aux coûts). Au fil du temps, j’ai déjà évoqué ici et ailleurs l’élargissement des assortiments, le développement des services, la mise en place d’outils de relation-client, etc. Voici donc la pub d’auto-satisfaction. Coûteuse, par principe, comme toute insertion publicitaire. Et inutile commercialement (j’imagine mal les cadres encravatés lecteurs des Echos se ruer demain matin chez Lidl). Son seul intérêt : avoir regonflé (d’amour propre) les équipes Lidl qui, faut-il le rappeler, terminent leur troisième exercice de stagnation de part de marché !

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L’anniversaire Leader Price vu de Pouzauges

LeaderPricePouzaugesAprès-midi vendéenne, à Pouzauges, chez Fleury Michon pour partager des vues sur la promo en général et le commerce en général. L’une des idées que je porte, illustrations à l’appui évidemment, est… la mort du hard-discount. « Mort » puisque rien désormais – ou presque – ne différencie le hard-discount d’un supermarché classique. Le hasard de la visite qui suit, toujours à Pouzauges, dans un Leader Price rutilant, ne peut que convaincre l’hésitant. Il y a l’entrée par les fruits et légumes, la lumière directionnelle, le rassemblement des produits bio dans un mini univers bio digne de ce nom, la zone parfumerie ou encore, en caisses, le consumer magazine Leader Price. Et, au milieu de cet ensemble : l’anniversaire Leader Price. Là encore, comme une enseigne « ordinaire », Leader Price prétexte son anniversaire pour animer commercialement son offre. Là encore, Leader Price singe les mécaniques promo les plus complexes avec des grandes marques remboursées de 25 à 100 % (c’est selon), mais de manière différée après renvoi d’un collector dûment complété. Bref, un supermarché comme un autre.

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L’image-prix et la part de marché…

imageprixCoup d’oeil à la dernière livraison de l’étude mensuelle de KantarWorldPanel. Et cette confirmation : le hard-discount est à nouveau en perte d’image-prix. Les 4 premières enseignes voient leur image-prix reculer singulièrement. La plus forte baisse ? Ed/Dia. Evidemment, la transformation des anciens Ed vieillissants en Dia rutilants l’explique grandement. Pour ceux qui l’ont oublié, le slogan des nouveaux Dia est direct : « vous allez aimer le hard-discount ». Raté… Ce n’est pas un hasard, mais Ed/Dia réussit le tour de force d’afficher la plus forte baisse de l’image-prix et un recul constant de sa part de marché. La P9 2011 est même la 13e période consécutive de baisse de sa part de marché. Pas rien… Au passage, une autre info : le hard-discount qui truste depuis longtemps les premières places de l’image-prix n’aura peut-être bientôt plus ce privilège. Leclerc, 6e enseigne sur ce critère et premier des hypers/supers, se rapproche dangereusement !

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L’histoire en marche

MNHier soir, préparation d’une conférence face à des directeurs d’hypers. Parmi les sujets, l’évolution du retail. Et ce slide que je construits pour ma présentation me rappelle que l’histoire du commerce est toujours en marche. Regardez ! C’est la présence significative des marques nationales dans les enseignes de hard-discount. Ed/Dia avait ouvert le bal il y a une bonne dizaine d’années. Netto avait suivi. Puis Lidl. Puis Leader Price. Puis, très récemment, Le Mutant.

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Des (grandes) marques chez Le Mutant

LeMutant

EXCLUSIF ! Une nouvelle enseigne de hard-discount a succombé pendant l’été aux charmes des marques nationales : Le Mutant. L’enseigne de Coop de Normandie rejoint donc Ed, Lidl, Netto ou encore Leader Price. Nouvelle illustration qu’avec le temps, les hard-discounters deviennent des supermarchés comme les autres ! Rapidement compté, l’assortiment de marques nationales du Mutant compte une petite centaine de références, sans grande surprise : Bonne Maman en confiture, Yoplait en yaourt aux fruits, Prince en goûters fourrés, Nesquick pour les poudres chocolatées, Carte Noire en café, etc.

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