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La déviance du hard par l’exemple
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 2 septembre 2010
Etude passionnante d’A3 Distrib (le spécialiste de la pige prospectus) dont je vous livre « une bonne feuille ». Sur quelques critères signifiants (dont la part de produits porteurs d’une mécanique promo), A3 Distrib a remonté le temps ! Flash-back sur 10 ans. Alors forcément, les évolutions prennent un sens stratégique évident avec pareil recul. Un exemple donc : Lidl, et plus généralement le hard-discount. Pendant longtemps, les produits porteurs d’une mécanique promo (bon d’achat, lot virtuel, etc.) sont demeurés marginaux sur les tracts des enseignes, absents ou inférieur à 5 % de l’offre. Désormais, ils dépassent 20 % des catalogues. Et une nouvelle illustration de la déviance du hard-discount, contraint d’habiller ses promos pour leur donner un pseudo sex-appeal.
Leader Price, l’histoire du commerce en marche
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 22 juillet 2010
Avant de vous adresser quelques cartes postales de Sao Paulo (déjà 3 magasins visités de fond en comble aujourd’hui : Extra, Assai, Pao de Acucar), un commentaire sur le commerce français tel que le rapportait hier le quotidien les Echos. Leader Price a donc annoncé le déploiement de son nouveau concept, testé depuis quelques mois déjà à Livry Gargan ou St Brieuc entre autres sites. Je ne peux que vous renvoyer à la lecture d’une Tribune Grande Conso récente consacrée à l’embourgeoisement du hard-discount (où à ma note du 2 avril : « Nouveau Leader Price : ne manquent que les marques »). J’y évoquais l’inévitable arrivée des marques nationales chez Leader Price, en dépit des dénégations de Casino, jusqu’à Jean-Charles Naouri lui-même. L’histoire du commerce est en effet un éternel recommencement. Et toutes les formes de vente finissent par s’éloigner de leurs fondamentaux. Souvent avec de bonnes raisons d’ailleurs. Les marques nationales en font partie. Indiscutablement, les clients les attendent et les achètent, ce qui, mécaniquement, assure de la croissance (demandez à Lidl…). Le design et l’organisation du magasin sont une autre piste. Leader Price promet à cet égard un magasin plus « convivial » et plus « moderne ». Bref, plus supermarché et moins hard-discount. Là aussi, une tendance historique… Cherchez bien ce que Dia ou Netto ont encore du hard-discount originel. Pas grand chose à dire vrai ! Comme toujours, les concepteurs se défendent de s’éloigner des fondamentaux. « Il ne s’agit pas d’une montée en gamme », explique aux Echos le pragmatique patron de Leader Price, Jean-Michel Duhamel. Ben tiens… Pour autant, les faits lui donneront raison, comme pour Ed/Dia ou Netto. D’ailleurs si les tests n’avaient pas été concluants, le nouveau concept n’aurait pas été déployé, c’est l’évidence. Mais ce paradoxe est lui aussi écrit dans l’histoire du commerce. A court terme, après avoir assuré sa croissance par l’expansion, le hard-discount à tout intérêt à se rapprocher du supermarché pour se donner de nouveaux espoirs. Mais à long terme, il ouvre la porte à… un nouvel hard-discount. A 5 ans ? 10 ans ? 15 ans ? Personne ne le sait. En revanche, aucun doute sur la perspective. Rien d’anormal. Le manager gère du court terme. Et l’observateur s’appuie sur l’histoire pour imaginer le long terme. Chacun est dans le vrai, mais pas sur la même échelle de temps.
Un jour, un nouveau hard-discount viendra…
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 22 juin 2010
L’an dernier, à pareille époque, Ed/Dia présentait un nouveau concept notablement éloigné des «canons» du hard-discount. Entre autres aspérités : un rayon fruits et légumes vraiment digne de ce nom, des assortiments toujours plus larges et plus profonds ou encore une mise en situation particulièrement soignée. Un an plus tard, nouvelle entaille – ou dévoiement – au concept avec le lancement d’une carte de fidélité.Nouveau Leader Price : ne manquent que les marques
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 2 avril 2010
Sur la route de Rennes à Brest où j’interviens en ce vendredi soir face aux producteurs Savéol. Peu après St Brieuc, face à l’hyper Leclerc de Plérin, un nouvel Leader Price. Nouveau pour sûr. Les magasins qui portent la nouvelle identité visuelle de l’enseigne – signée Malherbe – sont encore très rares. Arrêt obligatoire. Et toujours ce même sentiment avec les nouveaux concepts de hard-discount que l’histoire du commerce s’écrit sous nos yeux. L’histoire qui veut en effet que toutes les formes de vente naissent « par » le prix et, qu’au fil des ans, leur évolution les font monter en gamme, les éloignant de leur concept d’origine. Ce que j’appelle couramment l’embourgeoisement. En clair, les hard-discounters ressemblent plus que jamais à des supermarchés classiques. Après Netto et Ed/Dia, Leader Price n’y échappe pas : les fruits et légumes ont regagné l’entrée du magasin, le mobilier (bien que toujours simple) monte en gamme ne serait-ce que par la couleur sombre, parfois quasi noire (pas franchement la couleur la plus discount), la perspective dès l’entrée qui ouvre ce qui est une zone marché, ou encore des produits d’opportunités, notamment ces phoenix (un arbuste de plus de 3 mètres de haut) à plus de 30 euros. Un bon prix ? Peut-être… Mais sans doute pas le produit le plus indispensable qui soit. Le clou ? Une animation « galette » dans le magasin. Signe que l’origine du magasin (bretonne) a pris le pas sur son concept (le hard-discount). Que manque-t-il à Leader Price pour être un supermarché comme les autres ? Les marques nationales. En présentant les comptes 2009 de Casino, Jean-Charles Naouri, le boss, n’en a pas écarté l’idée, invitant juste les industriels à… lui garantir le même niveau de rentabilité que pour ses produits à marque propre. De bonne guerre… Mais en écoutant les clients découvrir ce nouveau Leader Price ouvert il y a une semaine, aucun doute : ne manquent vraiment que les marques pour en faire un magasin principal. Et donc un supermarché comme un autre !
Red Market, une nouvelle race de magasin…
Posté par Olivier Dauvers dans Vidéos le 8 septembre 2009
Ed devient Dia à Villeneuve St-Georges
Posté par Olivier Dauvers dans Vidéos le 26 juin 2009
Annoncée en avril dernier, le remplacement de l’enseigne franco-française Ed par Dia, bannière mondiale du groupe Carrefour pour ses magasins de hard-discount, est désormais une réalité. Même s’il ne s’agit pour l’heure que d’un test, cette évolution semble inéluctable pour ce parc de plus de 900 points de vente qui proposent depuis longtemps déjà 1 700 produits à la marque Dia. Deux magasins, à Villeneuve St-Georges (Val de Marne) et Mâcon (Saône-et-Loire), arbore la nouvelle enseigne, ainsi qu’un nouveau concept directement inspiré de Dia Espagne. Un concept relativement éloignée de l’austérité habituelle des hard-discounters. Ce nouveau numéro de Vidéo Grande Conso vous propose de parcourir les allées du magasin de Villeneuve St-Georges. Suivez le guide…
Tribune n°65 (avril 2009)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 20 avril 2009
Juste l’essentiel…

Coût-outil & conditions d’achats, juste l’essentiel…
Le commerce est un secteur économique dont les clés de succès sont finalement assez simples à appréhender : l’emplacement, l’expérience-client et, clou du spectacle (car sans lui pas ou peu de clients), le prix bas. A peine plus difficiles à assimiler, les fondements du discount : le coût-outil le plus bas possible, les meilleures conditions d’achat ou, à défaut, et pour les plus philantropes, le sacrifice de sa marge ! L’enjeu pour les commerçants est donc là : dans l’optimisation du coût-outil et l’amélioration des conditions d’achat.
Evident ? Bien sûr ! Pour autant, douze années de concurrence ouatée démontrent à quels points ces fondamentaux ont été relégués au second plan. A l’heure où le prix redevient une véritable source de différenciation (que les naïfs s’y préparent : les écarts entre les bons et les… moins bons sont plus importants qu’hier, mais encore moins que demain), l’urgence stratégique se résume courtement : back to basics.
Gérer une référence sera toujours moins coûteux que d’en gérer… deux
Les déterminants du coût-outil sont eux-aussi assez simples à cerner : l’offre, les services et la mise en situation. Ils définissent le niveau de la prestation que l’enseigne entend rendre au client. Et expliquent pourquoi le coût-outil d’un Aldi à Thionville sera durablement plus faible qu’un Fauchon ou Hédiard place de la Madeleine à Paris ! Ce qui permettra donc toujours à Aldi, à produit éventuellement comparable, d’être plus compétitif. Tout l’enjeu (ou le savoir-faire, c’est selon…) des enseignes est donc là : savoir où positionner le curseur sur l’offre, les services et la mise en situation, de telle sorte que la proposition commerciale soit compétitive tout en étant suffisamment attractive.
L’élargissement des assortiments : un dogme hérétique
Sur l’offre, une chose est sûre : le dogme (trop souvent entendu ces dernières années) de l’élargissement des assortiments est une hérésie. Hérésie d’abord parce que c’est une course sans fin. Après le yaourt à la carotte, viendra nécessairement le temps du yaourt à la carotte… de Créances. Caricatural, certes, mais tellement symbolique des politiques marchandises : toujours plus d’offre et une lisibilité tous les jours en recul. Hérésie, surtout, parce qu’économiquement l’élargissement des assortiments va à contre-courant des fondements même de la distribution, basés sur la productivité des flux. Et gérer une référence sera toujours moins coûteux que d’en gérer… deux. Absurde ? Peut-être. Mais l’absurdité l’est-elle vraiment quand il s’agit des fondements ?
Le raisonnement vaut évidemment pour les services et la mise en situation des produits. Le moindre service additionnel, la moindre valorisation dans la mise en scène est, par principe, une déviance au concept. Faut-il condamner à l’avance toute évolution et supprimer par exemple l’éclairage au seul motif qu’il est une source de coût ? Non, évidemment ! Mais être notablement plus rigoureux dans les décisions qui conduisent à la déviance. L’histoire du commerce l’enseignera en effet à qui en doute : toutes les formes de vente – sans exception aucune ! – qui se sont trop engagées dans cette déviance ont été attaquées par de nouveaux entrants, puis marginalisées, ou ont carrément disparu.
L’effet de taille est, et restera, un levier potentiel de performance
Le coût-outil n’est rien sans les conditions d’achat. Et, là aussi, la nouvelle ère LME leur redonne une place prépondérante dans la performance prix des enseignes. Sans n’avoir jamais été complètement coupé, le lien taille / prix était objectivement moins prégnant ces dernières années. Au moins pour la fixation des PVC. Illustration : le concept de la « taille critique» des enseignes, qui fît fureur au début des années 1990, en apparaissait moins pertinent. Formidable erreur. Comment, sur une activité dont la clé est la massification (jusque dans le merchandising d’ailleurs), la taille ne pourrait-elle être qu’un critère de seconde zone ? L’effet de taille est, et restera, un levier potentiel de performance. Sauf, bien sûr, à considérer que Danone ou Nestlé accorderont durablement les mêmes conditions à leurs clients, indépendamment des volumes engagés ! Les Coop d’Alsace qui ont quitté la centrale Provera (Cora) pour Galec (Leclerc) le vérifient jour après jour. L’écart de conditions ne se mesure pas en décimales, mais en points !
Dès lors, si les conditions d’achat redeviennent un sujet véritablement stratégique, toutes les enseignes qui ne sont pas sur le podium de la distribution française ont à s’interroger. Car c’est une évidence : le paysage commercial évoluera nettement plus vite que beaucoup ne le pensent. En fait, dès que les écarts de prix deviendront insupportables. Et n’offriront schématiquement que deux options : la réddition ou la mort. Les orfraies s’époumonnent aussitôt : « La distribution est déjà honteusement concentrée ». Hélas, encore faux. Certes, il y a moins d’acteurs commerciaux qu’industriels. Certes, les volumes d’affaires des enseignes sont notablement supérieurs à ceux des marques. Mais taille et concentration sont deux sujets radicalement différents. Sur l’essentiel des marchés PGC, le niveau de concentration industriel est en effet supérieur à celui de la distribution ! De même, comparé à d’autres secteurs économiques (énergie, téléphonie, pétrole, automobile, banque, etc.), le commerce alimentaire n’est pas franchement un modèle d’oligopole !
La «machine à concentrer» est prête à fonctionner de nouveau !
La «machine à concentrer» est donc prête à fonctionner de nouveau, après dix ans de pause. D’abord en France, ensuite en Europe, lorsque la massification des achats à l’échelle continentale fera vraiment sens. Ce qui arrivera, forcément. Dès lors, tous les scénarios sont possibles : fusions ou alliances à l’achat (mais entre non-égaux pour être durable). En 2000, la «jurisprudence» Carrefour-Promodès a démontré qu’un groupe d’environ 30 % de part de marché passait sans encombre (ou presque) l’obstacle des autorités de la concurrence, indépendamment de situations locales spécifiques. Autrement dit, rien n’empêche, intellectuellement du moins, les Mulliez (Auchan), les Bouriez (Cora) ou Jean-Charles Naouri (Casino) de rêver du premier groupe intégré en France : AUCACO… Ou pourquoi ne pas envisager les Cora affiliés Leclerc, sur le modèle de Coop Alsace ? La solution garantirait la propriété indépendante du groupe (à laquelle les Bouriez sont jalousement attachés) tout en lui assurant les meilleures conditions du marché.
Une certitude : après le changement de règles, les cartes seront rebattues à court ou moyen terme. Car avec la maîtrise du coût-outil, les conditions d’achat sont juste l’essentiel du commerce. Et nécéssité finira forcément par faire loi. En dépit, bien sûr, des dénégations du moment !
Olivier DAUVERS
Même le hard-discount dévie…
Résister à l’élévation de son coût-outil (en clair : à l’embourgeoisement) est une gageure. Même le hard-discount n’y échappe pas. Exemple chez Lidl. Les assortiments se sont considérablement élargis (ici 7 références de tomates !) et les services se multiplient (notamment le satisfait ou remboursé). Conséquence, évidente : le hard-discount n’est plus, aujourd’hui, au plus bas coût-outil possible. Une mue qu’ont connu en leurs temps les magasins populaires, les supers et les hypers ! La roue du commerce tourne…
Tribune n°55 (mai 2008)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 7 mai 2008
Hard-discount : la vertu ou le vice ?

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Hard-discount, un chevalier pas très blanc
LES FAITS. Adoptée en Conseil des Ministres, la loi LME entame son parcours parlementaire. Parmi les dispositions imaginées par Luc Chatel pour stimuler la concurrence : le relèvement à 1 000 m2 du seuil de surface soumis à autorisation. Le hard-discount se frotte les mains.
Comme souvent, c’est ceux qui parlent le moins qui… engrangent le plus !
Prenez les grands acteurs du hard-discount… Complètement absents du débat public et, pourtant, une nouvelle fois grands vainqueurs de la loi qui s’annonce. Une “nouvelle fois” car, en 1996 déjà, dans un silence tout aussi étourdissant, les hard-discounters se réjouissaient d’une loi (Galland) qui ouvrait une ère de turpitudes entre marques et enseignes dont ils se voyaient les bénéficiaires. Douze ans plus tard, bis repetita. Le triomphe s’annonce même total. Les voilà parés de toutes les vertus au premier rang desquelles celle de “chevaliers blancs de la concurrence” ! Luc Chatel, en service médiatique pour défendre son texte, n’a de cesse depuis 10 jours de justifier le relèvement à 1 000 m2 du seuil de surface commerciale soumis à autorisation. Car, à l’entendre, il faut d’urgence rallumer la flamme de la concurrence dont plusieurs études ont savemment distillé l’idée qu’elle vaçillait dangeureusement.
2009, année record pour les ouvertures de hard-discount. Et d’ici là, les cloisons vont tomber…
De facto, la première conséquence de la loi Chatel, (ou Lagarde, la petite histoire dira d’ici à quelques mois qui en gardera la paternité) est bien d’ouvrir la route au hard-discount, bien plus qu’aux supers, et a fortiori aux hypers. Chez Lidl, Aldi et consorts, les “développeurs” sont plus que jamais en chasse, carnet de chèques en main, à la recherche de nouveaux emplacements. 2009 sera à l’évidence un grand cru pour le nombre d’ouvertures. D’ici là, les cloisons de nombreux magasins de 299 m2 vont tomber… Il suffit pour s’en convaincre de constater le nombre de sites actuels où les places de parking (ou même le parc de chariots) sont disproportionnées comparées aux mètres carrés commerciaux exploités. Preuve que “le coup d’après” est déjà anticipé.
Mission de service public ?
A bien des égards, la route qui s’ouvre au hard-discount est donc un véritable boulevard. A l’onction politique se rajoutent les capacités de déploiement des enseignes elles mêmes : des rentabilités toujours solides et – ce qui ne gâche rien – des chiffre d’affaires actuellement étincellants.
Netto (Groupe ITM) annonce + 11 % à parc constant sur le premier trimestre ; de bonne source, Lidl ferait mieux encore ; quant à Leader Price (Groupe Casino), après deux ans de purgatoire, voilà l’enseigne à nouveau en positif (+ 1,3 %). Et, sur ce marché, il n’est pas un fournisseur pour contredire une tendance flatteuse des “sorties usines”.
Reste une interrogation : le hard-discount est-il à la hauteur de ce qui, à écouter Luc Chatel ou certaines associations de consommateurs, s’apparente presque à une mission de service public C’est oublier un peu vite que le hard-discount n’a pas toutes les vertus. Loin s’en faut. Etonnamment, pas un commentaire (ou alors terriblement discret…) pour rappeler que cette forme de vente est socialement moins-disante que les hypers ou les supers. Un seul chiffre pour s’en convaincre : les frais de personnel… A grand coup de serpe, certes, du simple au double : 5 % pour un hard-discounter, 10 % pour un hyper. Autrement calculé, chaque point de part de marché gagné par le hard-discount “coûte” 5 à 6 000 emplois à la collectivité, même si ce solde est sournoisement invisible. Dès lors, si le gouvernement veut raviver la concurrence, mais sans sacrifier l’emploi, il n’a d’autres choix que de relever bien plus haut le seuil des 1 000 m2. Mais les enseignes d’hypers et de supers le souhaitent-elles vraiment ? Pas sûr. Ne serait-ce que pour sauvegarder la valeur de leurs actifs. Rares, donc chers….
O. DAUVERS
Tribune n°51 (janvier 2008)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 15 janvier 2008
Les prix des grandes marques s’envolent

Tout change, rien ne change !
LES FAITS. Les premières constatations en rayon sont sans appel. Les prix des grandes marques s’envolent en rayon : environ + 3 % sur les deux premières semaines de l’année. Avec, dans quelques cas, des évolutions manifestement au-delà du simple effet matière première. Un désaveu pour Luc Chatel et un sacré coup de pouce pour les MDD et le hard-discount.
Nicolas Sarkozy en a rêvé, Luc Chatel l’a fait, mais les consommateurs n’en verront probablement rien… Les premiers jours de l’année, avec l’entrée en vigueur de la “Loi Chatel”, devaient marquer une inflexion, tant dans les pratiques commerciales que dans les prix. Pas avare en promesses, Luc Chatel avait même chiffré les baisses de prix dont devaient bénéficier les ménages français : 600 euros par an en moyenne. Mauvaise pioche. Sur Rennes par exemple, les enquêtes du magazine grand public RENNES CONSO (Editions Dauvers, 130 000 ex./mois) montrent très clairement la tendance : le prix des grandes marques alimentaires a en moyenne progressé de 3 % en janvier (vs les 3 derniers mois de l’année 2007). Enorme ! Des évolutions corroborées par toutes les observations nationales, grâce aux “prix courants” des grandes marques, comparables au centime près d’un magasin à l’autre. Exemples : la confiture de fraise Bonne Maman (1,47 e aujourd’hui vs 1,37 e en fin d’année, soit + 7 %), les nouilles fines Panzani (0,94 e vs 0,84 e, soit + 12%), la crème dessert Danette (1,55 e vs 1,37 e, soit + 13 %), le camembert Cœur de Lion (1,75 e vs 1,57 e, soit + 11 %) ou encore La Vache qui Rit (3,20 e vs 2,75 e, soit + 16 %). Globalement, c’est d’ailleurs sur le frais laitier que les hausses sont pour l’heure les plus spectaculaires. Mais tous les rayons sont concernés, à des degrés divers. Lundi, Atac a par exemple revu 1 200 prix. Un cas parmi tant d’autres. Bref, tout change, rien ne change !
La suite de l’histoire est déjà connue
Plus grave pour les marques comme pour les hypers/supers, la suite de l’histoire est déjà connue. Un air de déjà vu en somme. Le hard-discount se frotte les mains, prêt à accueillir les clients qui digèreront mal ces hausses. Car n’en déplaise aux grandes marques, si les évolutions de tarifs sont justifiables dans leur principe, elles ne le sont pas dans leur ampleur. La crème dessert par exemple. Comment expliquer que la référence vedette, Danette, s’envole de 13 % lorsque les MDD se satisfont, au pire, de 6 à 9 % ? D’autant plus incompréhensible que le coût matière d’une Danette est logiquement moins élevé que celui d’une crème dessert Leclerc Carrefour ou U, coûts de marketing obligent.
L’explication à ces écarts d’évolution ? Malheureusement tellement facile à comprendre… Doper le pied de facture revient à se donner les marges de manœuvre indispensables pour la négociation du hors-facture. Ce que certaines marques reconnaissent à demi-mot et, naturellement, “off”. Preuve, là encore, que… tout change, rien ne change. Et les marques ne s’y prendraient pas autrement pour – bien malgré elles – contraindre Nicolas Sarkozy à imposer la négociabilité des tarifs dès ce printemps. Un énième remake de l’arroseur arrosé.
O. DAUVERS
Tribune n°44 (juin 2007)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 13 juin 2007
Le hard-discount un peu trop vite enterré…

Le hard-discount
un peu trop vite enterré
LES FAITS. Selon une étude TNS Worldpanel rendue publique la semaine dernière, la part de marché du hard-discount a légèrement reculé l’an dernier : de 13,2 à 13,1 %. Dans le même temps, le taux de pénétration du circuit a baissé de 1,7 point, soit 68,5 %.
Etre attendu au tournant… C’est le propre des champions qui, au moindre faux pas, sont jetés en pâture, offerts à la vindicte populaire. Et le hard-discount n’y échappe donc pas. Car voilà le faux pas : – 0,1 % de part de marché en 2006. Suffisamment selon certains (et ils sont nombreux…) pour évoquer un recul incontestable du hard-discount. “Les Français boudent les supermarchés à bas prix”, titrait même un quotidien économique. Comment fallait-il alors qualifier les – 0,2 % de Leclerc l’an dernier… Les Français boudaient-ils pour autant Leclerc ? Diantre !
Pas question néanmoins de nier l’évidence : le hard-discount n’est plus le format conquérant qu’il a été. Rien d’anormal. Voilà bientôt 20 ans que les premiers magasins ont ouvert. De plus, la réaction récente des hypers et supers a largement participé à endiguer la déferlante, précisément en adoptant les armes des Lidl, Aldi et consorts. Preuve que la proposition commerciale du hard-discount – des premiers prix – fait toujours sens pour les consommateurs. Et que les hypers et supers paieraient cash le moindre relâchement. Un peu raccourci donc de s’enflammer dès à présent sur la mort d’un modèle !
A bien y regarder d’ailleurs, la contre performance n’est même que… relative. Car Leader Price mis à part, le hard-discount aurait progressé l’an dernier. Facile certes de recomposer a posteriori des périmètres d’études plus arrangeants pour les résultats escomptés… Mais le cas Leader Price est emblématique : l’enseigne a plongé (jusqu’à – 12 % en comparable, autrement dit un gouffre), précisément parce qu’elle n’avait plus rien de discount Pour preuve, la hausse massive des prix est à l’origine d’un conflit public entre Jean-Charles Naouri et les Baud, les anciens managers.
Les leçons du passé…
Croire au recul du hard-discount serait donc à la fois intellectuellement hâtif et opérationnellement dangeureux. Les plus anciens se rappelleront les réactions des enseignes d’hypers et de supers aux débuts des années 1990, lorsque le hard-discount entama sa conquête : “marchera pas”. Les mêmes causes produisant généralement les mêmes effets, gare à ceux qui, aujourd’hui, évoquant le hard-discount, s’aventureraient à conclure trop rapidement : “marche plus”.
O. DAUVERS







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