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Tribune n°31 (juin 2006)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 5 juin 2006
LES MOUSQUETAIRES REPONDENT A LECLERC EN PUBLIANT LEUR PROPRE INDICE

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Tous premiers !
Premier à répondre à Leclerc, Intermarché brandit, sans la dévoiler, une étude selon laquelle l’enseigne serait la moins chère. La guerre des indices est enclenchée. Le syndrôme du “tous premiers” guette. Le hard-discount se frotte déjà les mains…
La guerre des indices aura donc bien lieu (cf. Tribune Grande Conso n° 30). Moins de dix jours après la mise en ligne très médiatisée de quiestlemoinscher.com (déjà rebaptisé “quialesMDDlesmoinscheres.com” par les mauvaises langues…), Intermarché a dégainé sa propre campagne sur le thème “nous sommes toujours les moins chers”. Et les Mousquetaires d’avancer leurs preuves : “premiers en prix sur le plus grand nombre de produits (11 000) ; premiers en prix sur vos produits préférés [...] que vous achetez régulièrement” (comprendre les marques nationales). En répondant aussi frontalement à Leclerc, Intermarché est dans un rôle original d’aiguillon du trublion ou encore, espèrent-ils, “d’arrosé-arroseur” ! Au passage, les Mousquetaires démontrent à qui en doutait encore, notamment chez Leclerc, qu’il y aura autant de vérités que d’indices. Et qu’aucun de ces indices n’aura probablement légitimité à supplanter les autres. Intermarché exclut ainsi les marques de distributeurs de son calcul, ce que n’a pas fait Leclerc où MDD et premiers prix pèsent pour 57 % de l’échantillon (en clair, la stratégie de la Scamark impacte autant l’indice Leclerc que la politique commerciale des adhérents). Pour autant, les Mousquetaires ont resseré la base de comparaison à 385 magasins. Autrement dit, voici un résultat de panel et non d’étude exhaustive. De plus, Intermarché n’avance aucun résultat se contentant d’une affirmation (gratuite ?…). De même, en proposant une comparaison sur 11 000 marques nationales, les Mousquetaires diluent l’importance des quelques centaines de produits majeurs. De fait, il est aisé d’imaginer un nouvel indice que pourrait construire et s’approprier (au hasard…) Carrefour : des produits majeurs sur tous les magasins. Un résultat qui serait aussi défendable que les études de Leclerc ou d’Intermarché. Autant dire, qu’à bien chercher, toutes les enseignes pourraient tôt ou tard se vanter d’une première place…
Enclencher la machine à faire baisser les prix
“Tous premiers”, voilà bien le syndrôme qui guette désormais la distribution alimentaire française. Car l’essentiel n’est pas tant d’imaginer le meilleur des traitements statistiques pour accoucher du plus favorable des indices que d’enclencher – enfin – la machine à faire baisser les prix. Autrement de s’attaquer à la cause plus qu’à la conséquence. Faute de quoi, seuls les hard-discounters auront à se réjouir de cette guerre des indices. Facile, là encore, d’imaginer une campagne que pourrait initier Aldi ou Lidl sur le thème “blanc bonnet et bonnet blanc”.
L’enjeu pour les hypers et les supers est dont plus fondamental qu’une première place dans tel ou tel indice. Pour l’heure, les consommateurs attendent toujours les effets de la loi Dutreil. Non seulement les marques sont toujours inflationnistes en fond de rayon mais, surtout, les produits majeurs sont encore très souvent alignés au centime près. Preuve que la capacité de différenciation voulue par Renaud Dutreil est loin d’être utilisée. Pourquoi ? Pour une large part en raison du niveau de leur coût-outil qui interdit aux enseignes de baisser les prix. Alors que tel est pourtant l’enjeu, bien davantage qu’une place dans tel ou tel classement. Car, au fil du temps, le client établit toujours de lui même un indice de prix. Le seul qui fasse sens…
O. DAUVERS
Tribune n°30 (mai 2006)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 29 mai 2006
Tribune Grande Conso n°30

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Leclerc a rendu public son propre indice des prix
Guerre des prix ou des indices ?
Annoncé jeudi, l’indice des prix calculé par Leclerc a été rendu public ce matin. La surprise n’est évidemment pas la position de l’enseigne, mais plutôt les écarts annoncés avec ses concurrents. A défaut d’une guerre des prix, s’annonce peut-être une guerre des indices.
C’est la “surprise” du jour… Depuis 7h00 ce matin, le monde entier peut désormais “vérifier” que Leclerc est bien l’enseigne la moins chère de France sur le site www.quiestlemoinscher.com. Lequel site, dûment estampillé Leclerc, avance en guise de preuves les écarts de prix inter-enseignes. Ainsi, au niveau national, Carrefour est annoncé 4,5 % plus cher que Leclerc, Intermarché 6,4 %, Champion 7,3 %, etc. A ce rythme-là, on n’ose imaginer la position dans le classement de Match, Casino ou encore Monoprix…
“La” vérité ou “une” vérité ?
A défaut de déclencher une guerre des prix (plutôt attendue pour la rentrée de septembre), l’initiative de Leclerc devrait déclencher une guerre des… indices. Difficile d’imaginer en effet que Carrefour se satisfasse véritablement des relevés publiés par Leclerc (et soutenus en fin de semaine dernière par le savoir-faire médiatique de Michel-Edouard Leclerc et, à partir d’aujourd’hui, par l’expertise publicitaire de son agence Australie). Logique… Ne serait-ce parce que d’autres études – tout aussi représentatives puisque issues de données caisses et établies sur les 30000 références les plus détenues – montrent que, depuis décembre 2005, Carrefour et Leclerc font globalement jeu égal sur le terrain des prix. Où est donc la vérité ? Partout et nulle part, comme toujours en matière d’indices de prix. En publiant “son” indice, Leclerc (autant agacé par la diffusion d’études jugées partielles que par la propagation de l’idée selon laquelle l’enseigne ne serait plus la moins chère) a souhaité rétablir “LA” vérité des prix. Ce n’est néanmoins que “SA” vérité. Certes, la méthodologie retenue est impressionnante (3 500 références, plus de 2 000 magasins) et donc nettement plus exhaustive que les autres études jusqu’à lors rendues publiques. Pour autant, facile d’imaginer dès à présent les arguments qui seront déployés par la concurrence pour en contester les résultats : la source de l’étude, le mélange de produits comparables (marques nationales) et non exactement comparables (marques de distributeurs et premiers prix) ou encore la maîtrise supposée des dates de relevés et de l’échantillon retenu. Sur la source, Leclerc est serein… C’est pour des raisons contractuelles que seule apparaît la notion “d’organisme indépendant”. Et il faut être grand naïf pour ne pas y voir la patte (involontaire) du Panel International. En revanche, le contre argument de la non-comparabilité exacte de certains produits est d’autant plus pertinent que plus de la moitié de l’échantillon est constitué de MDD ou de premiers prix. Reste à savoir si, dans la construction d’un indice de cherté, l’essentiel est la comparabilité des unités de besoin ou des produits. Autre question, sans doute plus fondamentale : sur un tel sujet, une enseigne, quelle qu’elle soit, peut-elle être juge et partie ? Pas sûr. Pour autant, et ne serait-ce qu’en interne, l’indice Leclerc aura au moins le mérite d’inciter certains adhérents à se (re)mettre en ordre de marche avant la vraie guerre à venir. Celle des prix. Et non plus simplement des indices.
O. DAUVERS





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