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Un point, c’est tout
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 5 juillet 2011
Coup de fil d’un habitué du site hier, par ailleurs (et surtout !) distributeur de métier. Même si ce n’était pas l’objet de l’appel, il me glisse qu’il n’a « rien vu sur le dossier à charge du Point » (il y a 10 jours), alors qu’il se rappelait d’une « violente note » l’an dernier ici même. Et, donc, il s’en étonne. A vrai dire, que dire ? Rien de plus que l’an dernier. Le papier a été « commandé » (on dit ça dans la presse d’un sujet dont on connait le résultat avant l’enquête / ce qui permet de gagner du temps d’investigation) et la caricature dans le traitement est une évidence pour qui connaît un brin le commerce. Ce qui, au passage, ne signifie pas que les exemples cités ne soient pas exacts. C’est juste qu’ils ne sont pas le reflet d’une situation dans sa globalité. Un point, c’est tout. D’ailleurs, dès les premières lignes, Le Point perd tout crédit pour la quinzaine de pages du dossier en écrivant rien de moins que : « L’enquête menée par Le Point auprès de certains d’entre-eux (comprendre : les fournisseurs) suggère que l’esclavage, comparé à leur condition, revêtirait presque un aspect humain ». Grandiloquent certes, mais journalistiquement si court… Et je passe sur la mémoire des pauvres esclaves.
Du Point au groin…
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 24 mars 2010
La couverture du Point fait des vagues. En réaction à la note de jeudi dernier, de nombreux messages me sont parvenus. La majorité émanant de distributeurs, quelques uns (eh oui !) d’industriels. Mais tous avec une même tonalité : comment un tel hebdo peut se livrer à pareille curie ? Evidemment – et je l’évoquais dans la note précédente –, les enseignes ont leur travers (moi-même, je l’avoue, ai récemment et « honteusement » pressuré les imprimeurs de ma région pour gagner quelques pourcents à l’achat, probablement comme Le Point le fait !). Mais la grande distribution ressemble-t-elle dans son ensemble à la description qu’en fait Le Point ? Non, bien sûr. D’ailleurs, c’est parce qu’ils avaient eu vent de la tonalité de l’enquête (ah les réseaux…) qu’aucun patron d’enseigne n’est cité. Pas même Serge Papin ou Michel-Edouard Leclerc. MEL qui, sur son blog, a écrit tout le mal qu’il pensait de l’enquête : « Chaque secteur a ses poubelles. Pour Le Point, l’activité de la distribution se réduit à ses poubelles. Pardon ! Je me dois de nuancer. Il y a des enseignes qui sont épargnées. Devinez lesquelles : la Fnac, bien sûr, et Conforama, même pas citées.. Voilà qui évitera certainement à la rédaction de se faire taper sur les doigts ! ». Et MEL de mettre les pieds dans le plat : Le Point appartient à François Pinault, comme la Fnac et Conforama. Toujours sur le terrain des… poubelles, un lecteur du blog de MEL (qui se dit ancien industriel et « peu enclin à trouver des circonstances atténuantes au grand commerce ») résume, à sa façon, la situation : « A une époque, certains journaux faisaient les poubelles, là Le Point récolte ses infos dans le lisier, on pourrait peut être le rebaptiser Le Groin ? » En d’autres termes, cette enquête… pue. Un point, c’est tout.
Le Point accuse
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 18 mars 2010
Descendu de l’avion, passage rapide au kiosque Relay pour se « mettre à jour ». La « couv » du Point m’interpelle : Grandes surfaces, l’enquête qui accuse. Et là, un flash. Il y a quelque temps, disons 2 à 3 mois, une journaliste du Point (dont je tairais le nom car tel n’est pas l’objet) avait demandé à me rencontrer pour évoquer le plus largement possible la grande distribution. La rédaction-en-chef du magazine lui avait « commandé » une enquête sur les grandes surfaces, elle qui d’ordinaire « couvre » un tout autre sujet. D’ailleurs, dès le début de l’entretien, la franchise avec laquelle elle m’avait avoué sa méconnaissance de cet univers me laissait espérer un traitement plus pondéré que la moyenne, sans qu’il en devienne pour autant hagiographique. A ce stade, elle n’enquêtait encore sur rien de précis mais cherchait « à comprendre » tout en orientant systématiquement l’entretien sur ce qui pourrait être porté au débit des enseignes. Sans nier les travers des enseignes (la tension des négos, la gestion des pénalités, etc.), je modérais ses ardeurs inquisitrices en tentant de la convaincre qu’une enquête strictement à charge n’en serait pas honnête intellectuellement. J’imaginais – grand naïf que je suis ! – que Le Point ne pouvait se laisser aller à pareil raccourci. Mais mon interlocutrice douchait bien vite mes illusions en m’évoquant le cahier des charges fixé par la rédaction-en-chef qui, visiblement, avait commandé une enquête à charge. Et là, ce matin, face à la couverture du Point, j’en viens même à imaginer que le titre était probablement fixé avant que ne démarre l’enquête.
Pour autant (et probablement parce que Le Point est un journal sérieux), pas question de laisser à penser que les exemples cités par le magazine sont bidonnés. Non ! L’enquête sent le sérieux, le fouillé. C’est la mise en musique de l’ensemble qui est contestable, faite de sous-entendus et de raccourcis qui n’ont d’autres ambitions que d’étayer la couverture. Deux exemples parmi d’autres. 1) un encadré sur une erreur de caisse chez Auchan Bagnolet qui s’achève sur un terrible « Les erreurs de caisse ne sont pas programmées, du moins l’espère-t-on ». 2) évoquant les relations tumultueuses entre industriels et enseignes, Le Point l’illustre notamment par « la reprise d’invendus, très prisée, qui oblige le fournisseur à d’incessants trajets pour récupérer trois colis de yaourts, sauf à consentir un rabais supplémentaire ». Que l’exemple soit réel, c’est possible, peut-être même probable. Que Le Point le généralise (jusque dans le côté caricatural des trois colis de yaourts) en soulignant le caractère « très prisé » montre bien là l’ambition initiale de l’enquête.




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