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Mars 2006 ter
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 23 mars 2006
Chassez le naturel
Chassez le naturel, il revient au galop. L’entrée en application de la loi Dutreil devait — juraient les enseignes — simplifier les offres sur prospectus. Donc les rendre plus compréhensibles. Et par ricochet plus efficaces. Que nenni. Les vieux démons reviennent. En témoigne le tract de Champion à l’occasion de son OP “Anniversaire 35 ans”. Bourré d’offres alambiquées, à l’instar de ce soin de jour Revitalift : vendu à l’unité (avec une remise immédiate en caisse de 1,20 euro), proposé en lot virtuel avec 50 % de réduction sur le second produit, le tout arrosé de 4 cartes anniversaire par produit.
Tribune n° 24 (mars 2006)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 16 mars 2006
Tribune n°24 (mars 2006)
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C’EST LE PIRE DES SCENARIOS
Au secours, les prix remontent !
La baisse des prix tant annoncée ne serait-elle qu’une promesse en l’air ? Dix semaines après
l’entrée en application de la loi Dutreil, si les PVC sur tracts ont réellement baissé, le fond de rayon est toujours inflationniste.
La baisse promise n’aura donc pas (encore ?) eu lieu… Pire, depuis quelques mois, les prix des grandes marques ont repris leur tempo historique. A Rennes par exemple, où le magazine “RENNES CONSO” a mis sur pied un observatoire des prix depuis le printemps 2004, les prix sont de nouveau orientés à la hausse depuis l’été 2005, confortant en cela de nombreux constats nationaux. Et l’entrée en application de la loi Dutreil n’y a rien changé, n’en déplaise à son ministre-initiateur.
Dans le détail, cette inflation d’ensemble cache de nombreuses disparités. D’un côté, des produits légitimement inflationnistes, envolée de la matière première oblige. L’huile d’olive Puget par exemple : 5,65 e en moyenne sur 2004/2005, 6,96 e ce mois-ci en rayon. De l’autre, des références qui ont profité des accords Sarkozy pour se repositionner – parfois violemment – fin 2004. Exemple, parmi d’autres, les bonbons Menthe Claire ou le riz basmati Taureau Ailé (- 10 %). Mais ces cas mis à part, une majorité de références parmi les incontournables des assortiments évolue entre + 1 et + 3 %. Bien loin de l’objectif affiché.
En fait, pour l’heure et à l’exception notable de quelques magasins (notamment dans l’Est de la France pour Leclerc) la bataille promise se réduit aux prospectus. Sur les premières semaines de l’année, la pige A3 Distrib a mesuré une déflation, sur les produits comparables, proche de 4 %. C’est certes un reflux significatif, mais limité au temps de la promo.
Les marques et les enseignes n’auraient-elles donc pas pris la mesure du désamour des consommateurs, manifesté par un recul des chiffres d’affaires sur nombre de catégories ? C’est malheureusement l’évidence. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, comment imaginer qu’une stratégie aussi duale associant prix promo cassés et prix fond de rayon revalorisés soient la bonne réponse à la crise de consommation que subissent les marques et les enseignes. Il faut avoir observé ces jours derniers en hypermarchés le Yop à 1,73 e, les 4 Danette à 1,62 e ou encore le Coca-Cola à plus de 1,30 e pour juger de l’aveuglement des opérateurs. Qu’importe de savoir qui en est responsable… Les marques qui, dans de nombreux cas, ont forcé le passage pour revaloriser leurs tarifs, histoire de se prémunir face à d’éventuelles nouvelles demandes des acheteurs ? Probable… Les enseignes qui jouent le grand écart des PVC espérant redorer leur image-prix sur le seul levier des promos ? Sans doute. Mais dans tous les cas, c’est oublier que l’histoire du commerce démontre qu’il est durablement impossible de déconnecter l’image-prix de la réalité des étiquettes au jour le jour.
O. DAUVERS
Tribune n°16 (Oct. 2005)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 4 octobre 2005
Numéro 16 – Octobre 2005

A quelques semaines d’un nouveau cadre réglementaire
Quel avenir pour le bon d’achat ?
A quelques semaines de l’entrée en vigueur du volet SRP de la loi Jacob-Dutreil, quel est l’avenir du bon d’achat ?
D’ores et déjà, les enseignes en freinent l’utilisation. Le déclin du bon d’achat est-il entamé ?
Le point sur une mécanique majeure des politiques promotionnelles.
Le bon d’achat a-t-il encore de l’avenir ? A quelques semaines de l’entrée en vigueur du volet SRP de la loi Jacob-Dutreil, la question mérite d’être posée. Imaginé à l’origine par Rémy Nauleau, adhérent Leclerc de Toulouse, pour contourner la loi Galland, le bon d’achat perdra indiscutablement une partie de sa raison d’être dans le nouveau cadre réglementaire. Avec la réintégration possible d’une part de la coopération commerciale, l’intérêt même de l’outil, vu des enseignes, va théoriquement faiblir. Reste qu’avec le temps le bon d’achat a pris une autre ambition que le simple “contournement” de la loi. Pour certaines enseignes, il est devenu le pivot des programmes de fidélisation. Programmes dont l’existence même sera remise en question si le bon d’achat disparaît ou est marginalisé…
Dans le même temps, les marques ont-elles intérêt à voir disparaître le bon d’achat ? Pas si sûr… Car cette mécanique promotionnelle (qu’elles ont longtemps combattue !) a au moins deux vertus : stimuler l’achat sans dégrader le prix de vente apparent et offrir des conditions différenciées aux enseignes. Aussi, certaines marques pourraient-elles être tentées de conserver l’outil dans leur panoplie. A l’image, donc, de certaines enseignes, soucieuces de la pérénnité de leur programme de fidélisation…
LE REFLUX DU BON D’ACHAT EST UNE RÉALITÉ
En attendant, le reflux du bon d’achat est déjà une réalité. La pige prospectus A3 Distrib est formelle : le bon d’achat décline. C’est certes toujours le premier des avantages consommateurs présents sur prospectus avec environ un produit sur cinq concernés. Mais le bon d’achat perd un peu plus de 2 points sur 2005 (à fin août / cf. ci-dessus). En fait, c’est l’enseigne pionnière, Leclerc, qui a initié cette tendance : en 2003, 60 % des produits “tractés” par l’enseigne étaient accompagnés d’un bon d’achat. En 2004, 51 % des références portaient un bon d’achat. Et, en 2005, 47 %. Logique. Adopté par tous, le bon d’achat est aujourd’hui moins différenciant. Même Casino, longtemps réfractaire, utilise désormais cette technique. Aussi, Leclerc n’a d’autre choix désormais que de replacer la bataille sur le terrain du prix facial. Ca tombe bien, la loi l’y autorise. Partiellement.
Olivier DAUVERS
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Tribune n°15 (sept. 2005)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 4 octobre 2005
Numéro 15 – Septembre 2005

ENTRÉE EN APPLICATION DU TEXTE JACOB/DUTREIL
La loi, le commerce et la morale
Depuis le 2 août dernier, la loi Jacob/Dutreil complète la loi Galland. Parmi les avancées : la révision du SRP, premier pas vers une baisse du prix des marques ; et l’encadrement (la moralisation ?) de la coopération commerciale. La vraie “coop” n’en sera que plus légitime.
En revanche, ceux qui croyaient les ministres dans leur vœu de rééquilibrer les relations commerciales seront bien déçus.
Deux ans et deux ministres auront donc été nécessaires pour toiletter la loi Galland. Oubliés les raccommodages de facade (accord Ania-FCD de juillet 2002, Circulaire Dutreil de mai 2003 et relevés d’engagements Sarkozy de juin 2004), cette fois-ci le texte dit “Jacob-Dutreil” a donc force de loi et va s’imposer (promulguée le 2 août, une partie de la réforme – le calcul du SRP et la basculement des marges arrières – ne s’appliquera que le 1er janvier).
La redéfinition du SRP, avec l’introduction progressive d’une partie des marges arrières, est paradoxalement une excellente nouvelle pour les commerçants. A court terme, c’est vrai, certaines références très bataillées vont perdre de leur rentabilité. Et alors ? N’est-ce pas là l’essence même du commerce que de porter le fer sur les produits les plus demandés par le consommateur ? Inquiètes de l’injonction de Renaud Dutreil de baisser les prix de 5 %, les enseignes mettent déjà en avant leur faible rentabilité nette (de 2 à 3 % selon les cas) pour inviter les marques à participer à l’effort. C’est oublier un peu vite l’extraodinaire enrichissement des “années Galland”. Si les rentabilités nettes des enseignes ont plus faiblement progressé que les marges arrières, c’est parce que les coûts d’exploitation ont explosé. La faute, pour une part non négligeable, à l’embourgeoisement du commerce contemporain. En ouvrant progressivement le jeu de la concurrence sur les prix, la loi Jacob-Dutreil pénalise donc peut-être les enseignes à court terme. Mais elle leur rend un inestimable service, les obligeant à revenir au modèle économique historique du commerce : faibles coûts et faibles marges. Ainsi “allégées”, les enseignes courront plus rapidement après le chiffre d’affaires.
NÉCESSAIRE MORALISATION
Au-delà de la redéfinition du SRP (et de la volonté politique de voir le panier de la ménagère baisser), la loi Jacob-Dutreil s’attaque aussi aux relations commerciales. Avec un double objectif : moraliser et rééquilibrer les relations. A l’évidence, et même si les enseignes poussent des cris d’orfraie, la moralisation est une nécessité. Plus particulièrement en matière de coopération commerciale. Rien d’anormal donc que les enseignes soient désormais dans l’obligation d’apporter la preuve des services rendus aux marques. Après tout, elles les facturent. Pourquoi, dès lors, s’insurger de devoir les justifier à l’administration en cas de contrôle ? C’est tout simplement sain. Donc indiscutable. Si, au passage, certains services fictifs disparaissent du catalogue de la coopération commerciale, tant mieux ! La vraie “coop” n’en sera que renforcée. En parallèle, la loi Jacob-Dutreil est plus claire sur le périmètre de cette coopération commerciale. Le service rendu par l’enseigne doit être lié à la vente. C’est la moindre des choses… Mais, à en juger par certaines factures de coopération commerciale qu’aiment à commenter quelques inspecteurs de la DGCCRF, ce n’est pas toujours le cas. Donc, là aussi, un soupçon de “morale” dans la définition de la coopération ne sera pas un luxe…
PAS DE “RÉÉQUILIBRAGE”
Dans la même veine, comment décemment s’insurger que les déductions d’office – que pratiquent certains – soient montrées du doigt et clairement sanctionnables ? Comme si les consommateurs, unilatéralement, décidaient de régler un article sur deux… On imagine le spectacle en caisse.
Pour donner corps à cette moralisation attendue, la loi Jacob-Dutreil ouvre la procédure de transaction. Là encore, c’est plutôt une bonne disposition pour couper court à des dérives dont les coupables savent qu’elles seront jugées 2 à 3 ans plus tard. Et encore si le procureur s’intéresse vraiment à l’affaire…
Si la “moralisation” semble un objectif accessible, le rééquilibrage des relations commerciales sera, à l’inverse, un vœu pieu. Comment la loi pourrait-elle aller contre les conséquences de notre économie surcapacitaire qui, par définition, accorde le pouvoir à l’acheteur ? Face à Carrefour, Leclerc ou Casino, les PME demeureront en position de faiblesse. Un seul exemple : même si la loi consacre les CGV comme “socle de la négociation commerciale” qui pourra réellement refuser de signer les CGA des enseignes ? Une nouvelle fois en la matière, la loi n’atteindra pas son objectif. Et dire que de certains patrons de PME pensaient encore sérieusement qu’il suffisait d’une loi pour améliorer leur sort…
O. DAUVERS





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