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Comment juger du succès du low-cost ? Lorsqu’il s’impose aux acteurs traditionnels…
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 28 mai 2010
Il y a quelques semaines, dans une enquête de l’hebdomadaire Challenges sur le low-cost, Emmanuel Combe, professeur d’économie à l’ESCP et l’un des meilleurs experts du sujet, rappelait sa définition : «Le low-cost, c’est mettre à nu un produit, le dépouiller de ses attributs annexes pour n’en retenir que le cœur, c’est-à-dire la fonction essentielle».
Très récemment, en embarquant dans un Airbus d’Air France, la définition d’Emmanuel Combe m’est soudainement revenue à l’esprit au premier coup d’œil de la cabine. Quelque chose avait changé ! Les sièges. De près, l’évolution est notable. Fauteuil quasiment monobloc, plus fin (donc plus léger), avec une tablette minimaliste et non inclinable. Exactement l’approche de l’économiste. Auquel je rajoute néanmoins un prolongement. En revoyant ainsi ses sièges, Air France cautionne rétrospectivement les stratégies de Ryanair ou Easyjet qui ont compris depuis longtemps que le siège – et plus particulièrement sur des courts-courriers – n’était pas un critère pertinent de valeur. De la même manière, il y a un an, Carrefour singeait les cahiers des charges de Lidl pour lancer sa gamme MDD Carrefour Discount, preuve de la pertinence de la politique marchandises de Lidl. La conclusion ? Il existe bien une manière toute simple de juger du succès du low-cost : lorsqu’il s’impose aux acteurs traditionnels !
Décembre 2006
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 20 décembre 2006
Low cost low price
Dans les airs, c’est la success-story des 15 dernières années. Parti de rien ou presque – un modeste appareil qui reliait Waterford au sud de l’Irlande à Londres Gatwick – Ryanair pulvérise tous les ans ses propres records : 7 millions de passagers transportés en 2000, 13 millions en 2002, 24 millions en 2004 et 43 millions en 2006. Le tout avec la meilleure rentabilité du secteur : 18 % nets… Depuis qu’il a pris les commandes de la compagnie en 1995, Michael O’Leary, le turbulent patron de Ryanair, démontre avec force à quel point discount se conjugue avec succès et… rentabilité. Car avant d’être la compagnie aérienne la plus profitable, Ryanair est surtout celle dont le coût d’exploitation est le plus bas. Et tout est bon pour comprimer les coûts : l’homogénéisation de la flotte (pour abaisser les dépenses de formation des équipages et de maintenance), la réduction du temps improductif au sol et l’accroissement des rotations (25 minutes maximum entre l’atterissage et le redécollage), l’utilisation d’aéroports secondaires dont les redevances sont plus modestes que les grandes plates-formes, etc. A bord également, le “cost-killing” est partout. Boeing a développé un siège particulier, à la fois plus robuste et moins coûteux. Côté robustesse, pas question ici d’incliner son dossier et, ce faisant, d’user la mécanique ! Le siège est fixe. Même la pochette à journaux a disparu, pour accélérer le nettoyage entre deux rotations. Résultat : le plan d’évacuation – une obligation – est imprimé directement sur le siège. Economies garanties… Là réside précisément le secret de Ryanair : avoir compris que le low price (et ses attributs, à commencer par ce jaune criard à bord) ne peut être que la conséquence d’une stratégie de low cost.




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