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Lidl, l’euro, le pound et ses marges

LidlBricolage

Chez Lidl, c’est bricolage. Jeudi, l’enseigne a proposé une vingtaine de références de bricolage. Et demain, comme une apothéose, l’enseigne affiche sa scie à onglet. Le prix ? 99,99 euros. Un conseil, si vous êtes intéressés : attendez lundi. Non, Lidl n’aura pas baissé son prix, mais vous trouverez moins cher ailleurs… Chez Lidl toujours, mais en Angleterre. La même scie à onglet y sera affichée à 69,99 pounds. Au cours (supposé) du jour, ça vous fera donc 80 euros. Certes, le prix français a ses spécificités : un taux de TVA 2 points plus élevé et 2 euros de contribution recyclage. Il n’empêche, l’écart demeure important : plus de 15 %. La preuve par l’exemple que, plus qu’ailleurs, le prix en hard-discount est davantage affaire de psychologie que de coût de revient. Car si Lidl France a finalement opté pour 99,99 euros et non 83,99 euros c’est parce que prix lui en apparaissait plus dramatisé. Et, comme une heureuse conséquence, aussi plus rémunérateur. D’ailleurs, c’était également la même logique hier : 15 des produits vendus chez Lidl France jeudi le seront aussi lundi outre-Manche. Aucun des prix français n’était proche de la conversion du prix anglais. Si l’agrafeuse était étonnamment au même tarif (5,99 dans les deux monnaies), une majorité de produits étaient, après conversion, plus chers en France. D’en moyenne 6 %. Ce qui donnera autant de moyens à Lidl France pour suivre la bataille sur les prix sur l’alimentaire.

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L’Observatoire des prix et des marges

TextilePrixCoûtantC’est (encore) les soldes. Un rendez-vous immuable du commerce, mais finalement un peu plus galvaudé chaque année par les (nombreuses) promos qui l’anticipent. D’où une idée originale de ce Super U breton (St Meen le Grand pour les puristes) : vendre le linge de maison à « prix coûtant ». En clair, vendre les serviettes de toilette comme l’essence les grands week-ends de départ ! Pas bête pour éviter le mot soldes. Ce qui permet au passage de connaître le niveau de marge du magasin. Le « prix coûtant » est en effet – réglementairement – très encadré. Par déduction donc, la marge de Super U sur ce rideau était donc de 107 % avant la promo et de 80 % sur ces serviettes unies couleur sable. En la circonstance, pas besoin d’un observatoire des prix et des marges ! Les marges sont… publiques !

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Carrefour renonce aux bénéfices…

CarrefourCarotteBon, je sais, le titre est un peu abrupt (surtout pour Bernard Arnault et Colonny Capital !). Mais pas complètement faux quand même. Depuis lundi dernier, en magasin (voir photo, c’était samedi), Carrefour assure renoncer aux bénéfices sur cinq fruits et légumes différents chaque semaine. Ce matin, une campagne de publicité dans la PQR lance officiellement un engagement destiné à durer jusqu’à fin août. Voilà donc la première réaction à la réunion élyséenne du 17 mai. Nicolas Sarkozy avait alors demandé des efforts en matière de marge aux enseignes, faute de quoi il décrèterait une nouvelle taxe (j’avoue ne jamais avoir compris le lien de cause à effet, mais c’est sans doute là ce relan de République monarchique qui nous poursuit !). Carrefour a donc dégainé le premier avec une subtile mécanique : le « prix sans bénéfice » qui correspond au prix d’achat TTC majoré des taxes, des coûts logistiques moyens de l’enseigne et des frais de personnels. En version simplifiée, Carrefour ampute sa marge nette sans sacrifier sa marge brute, ce qui aurait alors constitué un « prix coûtant ». L’idée est doublement louable… D’abord parce que l’enseigne reprend l’initiative précisément sur le terrain sur lequel, comme ses concurrents, elle est régulièrement attaquée. Ensuite, parce qu’indirectement elle met les syndicalistes agricoles face à leurs approximations, eux qui mélangent allègrement marge brute et marge nette, aux seules fins de la démonstration. Reste néanmoins un écueil : la suspicion qui pèsera par principe sur un mode de calcul où Carrefour affecte des coûts dont il a, seul, la maîtrise. Et si Carrefour proposait à Jean-Michel Lemetayer, le patron de la FNSEA, d’y mettre son nez ? Voilà qui aurait de la gueule, non ?

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