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Cher fournisseur…

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Dans ce Super U, comme dans d’autres, Joker a manifestement pris la porte. Et probablement pas de plein gré. En cause ? Des négociations « difficiles », terme pudique pour évoquer un « malentendu tarifaire » ! Après tout, le déréférencement est une pratique normale ­ et même légitime ­ d’une enseigne. A chacun ses arguments… L’enseigne a pour elle l’accès aux clients qu’elle peut stopper. Pour autant, Super U n’a fait le job qu’à moitié. Quitte à virer un industriel, autant en tirer un bénéfice d’image.

Le « chers clients, les références suivantes sont retirées de nos magasins » est bien tendre. Plus efficace aurait été : « Joker tente de nous (et vous) imposer des hausses de prix injustifiées. Soucieux de se battre tous les jours pour vous garantir des prix bas, votre magasin a décidé de se passer de ce fournisseur ». En fait, du Leclerc dans le texte…

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Tribune n°48 (octobre 2007)

A propos du rapport Attali

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Plaidoyer pour la négociabilité

LES FAITS. Jacques Attali a remis cet après-midi à Nicolas Sarkozy son rapport sur la “libération de la croissance française”. Parmi les quelques pistes préconisées, “l’accroissement de la concurrence pour augmenter le pouvoir d’achat” par la libéralisation des régulations qui encadrent le commerce. Notamment la négociabilité des conditions générales de vente.

Depuis 15h30, Nicolas Sarkozy a donc sur son bureau le rapport commandé à Jacques Attali. Et l’ancien Sherpa de François Mitterrand a visiblement tenu son rang de “brasseur d’idées” quitte à sacrifier parfois l’exactitude de la démonstration (voir encadré). Parmi les pistes évoquées : le retour à la négociabilité des conditions générales de vente. Un tabou pour les industriels qui avaient visiblement sanctuarisé cette “avancée” de la Loi Galland.  “Une forteresse imprenable”, résumait encore récemment l’un d’eux. Pendant l’été, alors que Michel-Edouard Leclerc était bien esseulé pour souhaiter la négociabilité des CGV, les industriels ripostaient encore mollement. Désormais proposée par un tiers extérieur (et écouté), c’est le branle-bas de combat. Tous sur le pont avec en guise de contre-argument massue la non-discrimination. En clair, les industriels         – vertueux par principe – s’opposent à la négociabilité de leur CGV car elle les conduiraient automatiquent à pratiquer des conditions trop différentes d’un client à l’autre (sous-entendu : ils ne le souhaitent pas). Argument recevable sur le principe. Mais tellement éloigné de la réalité des faits qu’il en perd tout poids dans le débat qui doit à présent s’engager.

Le mirage de la non-discrimination

Il faudrait être grand naïf pour ne pas l’accepter : la non-discrimination est un mirage. Sauf, peut-être, au pays des Télétubbies où bonté, amour et loyauté font règle. Dans ce monde-là, oui la riposte des industriels feraient sens. Pas ici et maintenant… Dès lors, soutenir la négociabilité revient, sans idéologie, à prendre acte d’une situation existante et à sortir enfin de l’hyprocrisie. C’est notamment pour avoir figé les CGV des industriels que, sous l’ère Galland, la coopération commerciale a explosé. Par principe intellectuel (à la portée de chacun…), vendeur et acheteur ont besoin d’un espace de négociation. C’est logique, naturel et, pour tout dire, sain. La loi Galland a déporté cet espace de négociation “hors-facture”, sous la forme opaque de coopération commerciale et services divers. C’est, pour le coup, absurde et malsain.

Lactalis ou Leclerc, qui aura le beau rôle ?

Toutes aussi absurdes les annonces, par médias interposés, des revalorisations tarifaires des plus grands industriels. Les voilà annonçant urbi et orbi        + 10 % par ici, + 20 % par là. Qu’importe, sur le fond, que ces hausses soient légitimes ou alibi. C’est sur la forme que le bât blesse. Et gravement. A l’heure où le consommateur s’inquiète de son pouvoir d’achat, qui aura le beau rôle ? Michel Léonard, le patron de Lactalis, qui annonçait jeudi dans Les Echos des tarifs en hausse de 15 à 17 %, ou Michel-Edouard Leclerc qui, trois jours plus tard dans le Journal du Dimanche, interpellait Nicolas Sarkozy, lui promettant de faire baisser les prix s’il peut… les négocier ?

O. DAUVERS

Les “à peu près” de Jacques Attali

De vraies solutions sur la foi de constats approximatifs ? Peut-être… Sur la base des “meilleures feuilles” qui ont circulé en fin de semaine dernière, le rapport Attali n’est pas un modèle d’exactitude dans les constats qui sont posés. Exemples : 1) La rentabilité de la distribution française ? “Supérieure” à ses concurrents européens, selon le rapport. En fait, si les marges des enseignes françaises ont certes progressé depuis 10 ans, elles n’ont pas dépassé les résultats des groupes étrangers. 2) Les lois Royer et Raffarin. Pour avoir freiné l’implantation des grandes surfaces, elles auraient “coûté” 115 000 emplois à l’économie, toujours selon le rapport. Une affirmation péremptoire bien davantage qu’un constat argumenté. Simplement car précisément indémontrable !

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Tribune n°20 (jan 2006)

Tribune n°20 (jan 2006)

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ENFIN, LE RETOUR DE LA BATAILLE SUR LES PRIX

Comme un parfum de commerce…

Les premiers prospectus de l’année arrivent dans les boîtes aux lettres. La bataille sur les prix est d’ores et déjà lancée. C’est si bon le commerce !

Un doux parfum de commerce flotte ces jours-ci dans les centrales et les magasins. Comme un agréable retour dix ans en arrière lorsque le prix Leclerc était attendu par Carrefour, l’offre d’Auchan surveillée par Géant, etc. Une seule illustration de ce grand retour du commerce : l’impatience des uns à recevoir le prospectus des autres. Rarement depuis quelques années en effet, les chefs de rayon et acheteurs avaient à ce point guetté les tracts de leurs concurrents. Et pour cause… Offre et prix étaient souvent identiques. La veille concurrentielle en était devenue un zèle bien inutile.
La veille est désormais un impératif stratégique car les hostilités démarrent cette semaine. Demain mercredi, Géant entame son opération “Plus bas, y’a pas !”, une sélection d’articles sur lesquels l’enseigne s’engage à être la moins chère du marché, remboursement de 10 fois la différence à l’appui. Demain également, “le prix E.Leclerc retrouve sa liberté”. Et l’enseigne d’expliquer la situation en langage simple dès l’ouverture de son prospectus : “Suite à la réforme de la loi Galland, pour laquelle nous nous battions depuis plusieurs années, nous pouvons enfin répercuter dans les prix une plus grande partie des avantages négociés avec nos fournisseurs”.
Très logiquement, les premiers prospectus de l’année, en cours de distribution dans les boîtes aux lettres, marquent des écarts dans les offres. C’est le signe de la liberté retrouvée dans la négociation et dans la fixation des prix. Conséquence, quelques fournisseurs vont devoir “aider” leurs clients à comprendre ces nouveaux écarts. Conditions particulières octroyées, auto-sacrifice de marge de la part d’une enseigne, etc. Qu’importe ! L’essentiel est ailleurs : dans le retour en grâce du commerce.

O. DAUVERS

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