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Revue de presse (1)
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 18 avril 2011
Vous avez lu LSA en fin de semaine dernière ? Perso, oui, évidemment. Et j’ai adoré le « téléscopage éditorial » des pages 18 à 21. Je résume pour ceux qui sont passés à côté. Pages 18, 19 et 20 : un papier d’étape sur les contrats commerciaux, la LME, etc. L’occasion pour Jean-René Buisson (le patron de l’ANIA,en gros les industriels alimentaires) de jouer, une nouvelle fois, le rôle de celui qui annonce les catastrophes. Extrait : « Les distributeurs refusent les hausses nécessaires, alors que les prix des matières premières [...] flambent. En moyenne, nous avons passé 2 % de hausse quand il en aurait fallu entre 5 et 7 %, et avec les NIP, ce sera finalement zéro !. Au moins 20 % des entreprises agro-alimentaires risquent le dépôt de bilan ». Page 21, juste après, je poursuis la lecture. Autre papier, autre thème. Son titre en dit long : « Marges en hausse pour les grands industriels ». En clair, ca va pas mal pour les major companies de la conso (Nestlé, Unilever, etc.). Certes, le périmètre n’est pas exactement le même. Mais c’est la preuve que le problème n’est pas tant la position sur la chaîne (un « fournisseur » par rapport à un « distributeur ») mais bien la taille : être un « petit fournisseur » sera toujours un handicap structurel dans une négociation.
Ca bouillonne sur le prix du lait !
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 29 septembre 2010
A la suite de l’accord sur le prix du lait à la production, les (rares) metteurs en marché sur la brique de lait premier prix tentent de répercuter la hausse à la distribution. Pas un boulot facile ! Selon l’un deux, toutes les enseignes ont accepté sauf une… Devinez laquelle… Leclerc évidemment. Du coup, la répercussion de la hausse du prix est lente. A Rennes par exemple, selon notre observatoire RENNES CONSO (22 magasins relevés tous les mois), le prix du lait frémit à peine : 0,55 euro la brique en juillet, 0,57 euro la semaine dernière. Encore loin du 60 centimes réclamé par la production. L’argument des fournisseurs ? Il n’y a pas d’élasticité au prix sur ce produit. Et ce même contact de jouer l’étonné quant à la position de Leclerc. « Pourquoi refusent-ils la hausse ?, c’est incompréhensible ». Bien non, c’est parfaitement compréhensible. Chaque acteur économique doit jouer sa propre partition, c’est peut-être attristant pour certains, mais légitime. Leclerc a en effet tout à gagner à laisser ses concurrents accepter la hausse et la répercuter. Et donc à refuser les quelques centimes réclamés par ses fournisseurs. Par principe, la négociation est rapport de force. A chacun ses arguments. L’enseigne peut refuser un tarif, le fournisseur peut refuser… de livrer ! C’est ainsi que s’était soldé le précédent conflit il y a 18 mois lors de l’envolée du prix des matières premières. Les enseignes avaient alors fini par lâcher du lest. De mémoire (bon sang que mes cours d’économie sont loin), on appelle ça l’économie de marché me semble-t-il.
Cher fournisseur…
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 1 avril 2009
Dans ce Super U, comme dans d’autres, Joker a manifestement pris la porte. Et probablement pas de plein gré. En cause ? Des négociations « difficiles », terme pudique pour évoquer un « malentendu tarifaire » ! Après tout, le déréférencement est une pratique normale et même légitime d’une enseigne. A chacun ses arguments… L’enseigne a pour elle l’accès aux clients qu’elle peut stopper. Pour autant, Super U n’a fait le job qu’à moitié. Quitte à virer un industriel, autant en tirer un bénéfice d’image.
Le « chers clients, les références suivantes sont retirées de nos magasins » est bien tendre. Plus efficace aurait été : « Joker tente de nous (et vous) imposer des hausses de prix injustifiées. Soucieux de se battre tous les jours pour vous garantir des prix bas, votre magasin a décidé de se passer de ce fournisseur ». En fait, du Leclerc dans le texte…
Tribune n°48 (octobre 2007)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 15 octobre 2007
A propos du rapport Attali

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Plaidoyer pour la négociabilité
LES FAITS. Jacques Attali a remis cet après-midi à Nicolas Sarkozy son rapport sur la “libération de la croissance française”. Parmi les quelques pistes préconisées, “l’accroissement de la concurrence pour augmenter le pouvoir d’achat” par la libéralisation des régulations qui encadrent le commerce. Notamment la négociabilité des conditions générales de vente.
Depuis 15h30, Nicolas Sarkozy a donc sur son bureau le rapport commandé à Jacques Attali. Et l’ancien Sherpa de François Mitterrand a visiblement tenu son rang de “brasseur d’idées” quitte à sacrifier parfois l’exactitude de la démonstration (voir encadré). Parmi les pistes évoquées : le retour à la négociabilité des conditions générales de vente. Un tabou pour les industriels qui avaient visiblement sanctuarisé cette “avancée” de la Loi Galland. “Une forteresse imprenable”, résumait encore récemment l’un d’eux. Pendant l’été, alors que Michel-Edouard Leclerc était bien esseulé pour souhaiter la négociabilité des CGV, les industriels ripostaient encore mollement. Désormais proposée par un tiers extérieur (et écouté), c’est le branle-bas de combat. Tous sur le pont avec en guise de contre-argument massue la non-discrimination. En clair, les industriels – vertueux par principe – s’opposent à la négociabilité de leur CGV car elle les conduiraient automatiquent à pratiquer des conditions trop différentes d’un client à l’autre (sous-entendu : ils ne le souhaitent pas). Argument recevable sur le principe. Mais tellement éloigné de la réalité des faits qu’il en perd tout poids dans le débat qui doit à présent s’engager.
Le mirage de la non-discrimination
Il faudrait être grand naïf pour ne pas l’accepter : la non-discrimination est un mirage. Sauf, peut-être, au pays des Télétubbies où bonté, amour et loyauté font règle. Dans ce monde-là, oui la riposte des industriels feraient sens. Pas ici et maintenant… Dès lors, soutenir la négociabilité revient, sans idéologie, à prendre acte d’une situation existante et à sortir enfin de l’hyprocrisie. C’est notamment pour avoir figé les CGV des industriels que, sous l’ère Galland, la coopération commerciale a explosé. Par principe intellectuel (à la portée de chacun…), vendeur et acheteur ont besoin d’un espace de négociation. C’est logique, naturel et, pour tout dire, sain. La loi Galland a déporté cet espace de négociation “hors-facture”, sous la forme opaque de coopération commerciale et services divers. C’est, pour le coup, absurde et malsain.
Lactalis ou Leclerc, qui aura le beau rôle ?
Toutes aussi absurdes les annonces, par médias interposés, des revalorisations tarifaires des plus grands industriels. Les voilà annonçant urbi et orbi + 10 % par ici, + 20 % par là. Qu’importe, sur le fond, que ces hausses soient légitimes ou alibi. C’est sur la forme que le bât blesse. Et gravement. A l’heure où le consommateur s’inquiète de son pouvoir d’achat, qui aura le beau rôle ? Michel Léonard, le patron de Lactalis, qui annonçait jeudi dans Les Echos des tarifs en hausse de 15 à 17 %, ou Michel-Edouard Leclerc qui, trois jours plus tard dans le Journal du Dimanche, interpellait Nicolas Sarkozy, lui promettant de faire baisser les prix s’il peut… les négocier ?
O. DAUVERS
Les “à peu près” de Jacques Attali
De vraies solutions sur la foi de constats approximatifs ? Peut-être… Sur la base des “meilleures feuilles” qui ont circulé en fin de semaine dernière, le rapport Attali n’est pas un modèle d’exactitude dans les constats qui sont posés. Exemples : 1) La rentabilité de la distribution française ? “Supérieure” à ses concurrents européens, selon le rapport. En fait, si les marges des enseignes françaises ont certes progressé depuis 10 ans, elles n’ont pas dépassé les résultats des groupes étrangers. 2) Les lois Royer et Raffarin. Pour avoir freiné l’implantation des grandes surfaces, elles auraient “coûté” 115 000 emplois à l’économie, toujours selon le rapport. Une affirmation péremptoire bien davantage qu’un constat argumenté. Simplement car précisément indémontrable !
Tribune n°20 (jan 2006)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 3 janvier 2006
Tribune n°20 (jan 2006)
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ENFIN, LE RETOUR DE LA BATAILLE SUR LES PRIX
Comme un parfum de commerce…
Les premiers prospectus de l’année arrivent dans les boîtes aux lettres. La bataille sur les prix est d’ores et déjà lancée. C’est si bon le commerce !
Un doux parfum de commerce flotte ces jours-ci dans les centrales et les magasins. Comme un agréable retour dix ans en arrière lorsque le prix Leclerc était attendu par Carrefour, l’offre d’Auchan surveillée par Géant, etc. Une seule illustration de ce grand retour du commerce : l’impatience des uns à recevoir le prospectus des autres. Rarement depuis quelques années en effet, les chefs de rayon et acheteurs avaient à ce point guetté les tracts de leurs concurrents. Et pour cause… Offre et prix étaient souvent identiques. La veille concurrentielle en était devenue un zèle bien inutile.
La veille est désormais un impératif stratégique car les hostilités démarrent cette semaine. Demain mercredi, Géant entame son opération “Plus bas, y’a pas !”, une sélection d’articles sur lesquels l’enseigne s’engage à être la moins chère du marché, remboursement de 10 fois la différence à l’appui. Demain également, “le prix E.Leclerc retrouve sa liberté”. Et l’enseigne d’expliquer la situation en langage simple dès l’ouverture de son prospectus : “Suite à la réforme de la loi Galland, pour laquelle nous nous battions depuis plusieurs années, nous pouvons enfin répercuter dans les prix une plus grande partie des avantages négociés avec nos fournisseurs”.
Très logiquement, les premiers prospectus de l’année, en cours de distribution dans les boîtes aux lettres, marquent des écarts dans les offres. C’est le signe de la liberté retrouvée dans la négociation et dans la fixation des prix. Conséquence, quelques fournisseurs vont devoir “aider” leurs clients à comprendre ces nouveaux écarts. Conditions particulières octroyées, auto-sacrifice de marge de la part d’une enseigne, etc. Qu’importe ! L’essentiel est ailleurs : dans le retour en grâce du commerce.
O. DAUVERS





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