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Prix : la réponse de Leclerc à Carrefour
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 7 février 2012
Une info « choc » au gré de la conférence de presse. Leclerc est prêt à investir un quart de sa rentabilité dans les prix en 2012 pour maintenir son rang d’enseigne la moins chère. C’est énorme. Décodage de MEL : « Comme en 2011, le prix sera en 2012 une condition essentielle de la réussite. Notre objectif est toujours d’être 4,5 à 5 % moins cher que nos challengers sur les prix« . Voilà Carrefour prévenu… Et la stratégie de Leclerc est finalement assez facile à décoder : asphyxier Carrefour qui est parti à sa poursuite !
Primauté du prix, hasard du calendrier
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 25 janvier 2012
Hasard du calendrier. Tribune Grande Conso ce matin avec un rappel de l’indispensable primauté du prix dans la politique commerciale des enseignes en s’appuyant sur le « cas » Carrefour. Dans la foulée, présentation du traditionnel Observatoire Cetelem, un excellent baromètre de l’humeur des consommateurs. Cette année, thème de l’observatoire : la classe moyenne. Et les chiffres sont frappants pour rappeler à quel point l’attente de prix bas est bien réelle. Je vous en glisse quelques uns : pour 46 % (des Français issus des classes moyennes), leur situation financière s’est dégradée ; 44 % estiment plus précisément que leur situation matérielle est moins bonne que celle de leurs parents. Bref, vous l’avez compris, logique que la chasse aux prix bas ait pris autant d’ampleur. Autre façon de « cerner » la question. A la question « Pour améliorer votre niveau de vie, que comptez-vous faire ? », réponse de 3 Français sur 4 : « réduire les dépenses ». Ce qui ne peut que donner de la valeur au prix bas !
Sur le papier, Carrefour a tout compris
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 25 janvier 2012
LES FAITS. Carrefour lance la «Garantie Prix le plus bas». Sur 500 produits, l’enseigne promet d’être la moins chère ou de rembourser deux fois la différence. Avec l’objectif de rattraper Leclerc sur son terrain de prédilection : le prix.
Énième initiative commerciale de Carrefour. Après le plan pouvoir d’achat (c’était en 2008 avec, rappelez-vous, le remboursement de la TVA), PromoLibre ou encore Yap-Yap, voici donc la «Garantie Prix le plus bas». 500 produits, pour l’essentiel des majeurs, dont Carrefour entend garantir le meilleur prix possible.
Sur le papier, Carrefour a tout compris. Sur les achats alimentaires, le prix a toujours été, et restera, la clé du succès. Au moins pour une enseigne qui affiche des ambitions autres que d’occuper une niche de marché ! A ceux qui en doutent (il en reste), la saga Leclerc l’illustre à merveille : 0,7 point de part de marché engrangé en 2011, 2,5 pts sur la décennie précédente. Et à ceux qui ont un brin de mémoire, la triste décadence d’Euromarché (dont Carrefour avait profité, c’était il y a 20 ans déjà !) l’avait en son temps tout autant illustré…
«Deux fois la différence» donne du sens à l’engagement
Mais l’intérêt de la Garantie Prix le plus bas va au-delà de la simple promesse. Ce faisant, Carrefour démontre une honorable vision de ce que doit être aujourd’hui une relation-client aboutie. Il y a, en premier lieu, le remboursement de deux fois la différence. N’en déplaise à ceux qui en font pourtant le point cardinal de leur politique commerciale, rembourser simplement la différence n’a pas de valeur. Comme si, d’une manière générale, la justice ne condamnait qu’à la réparation du forfait commis et négligeait toute pénalité. Non ! La contrition prend sa source dans la punition. Sans pour autant en faire une vérité (seule l’expérience en attestera) «Deux fois la différence», ainsi que l’annonce Carrefour, donne du sens à l’engagement, à l’image, par exemple, de Leroy Merlin.
Au-delà, Carrefour a, au passage, revu sa signature. Après le retour du «positif», bien trop abstrait, voici donc «Les prix bas, la confiance en plus». C’est toute l’audace du nouveau Carrefour que Noël Prioux veut inventer, neuf mois après avoir pris la tête de l’activité française. Neuf mois pour accoucher d’un «claim» qui résume l’ambition ultime de tout distributeur. Le prix, bien sûr. Mais surtout la confiance. Car la préférence (qui doit être l’élément fondateur de toute politique de relation-client digne de ce nom) a la confiance comme préalable absolue. Dans une époque marquée par une objective sur-abondance d’offre (qui peut décemment estimer manquer de surfaces commerciales ?), point de préférence sans confiance. C’est sans doute parce que Carrefour en souffre plus que les autres – la faute à un extraodinaire zig-zag stratégique sur les dernières années – que l’enseigne en a acquis la conviction.
Être le moins cher ne se décrète pas mais se construit
Comme souvent néanmoins, le plus dur commence pour Carrefour. Et les chantiers sont immenses. Être le moins cher ne se décrète pas mais se construit : par une maîtrise absolue du coût-outil, par un pricing millémétrique, par une motivation sans faille des équipes pour parfaire l’exécution prix en points de vente et, faut-il le rappeler, par une certaine dose d’abnégation lorsque, au nom de l’objectif ultime, il s’agira de sacrifier sa rentabilité sur tel ou tel produit. Dit encore plus directement : le bon Docteur Prioux inflige, là, une cure de commerce à un groupe jusque là dopé à la finance. Un véritable remède de cheval ! Mais l’état de Carrefour nécessitait bien plus qu’une simple tisane homéopathique. Reste à suivre le traitement…
Olivier Dauvers
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Les U plus fort que Leclerc !
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 24 janvier 2012
Aller-retour express à Paris ce matin pour la conférence de presse de Système U, bilan 2011. Pour faire simple, un bon exercice. Les U ont progressé de 5,6 % (c’est certes 0,4 pt de moins qu’annoncé l’an dernier à pareille époque, mais quand même…) et 2012 s’annonce encore meilleur : + 8 %, grâce notamment au renfort de Coop Atlantique. Mais le plus intéressant est ailleurs : dans la volonté de Système U, revendiquée ce matin par Serge Papin de contenir l’inflation à… 0 %. Une « ambition » plus qu’un « objectif » dans la terminologie U. Et un sacré challenge. A date, dans les box négos, la demande des industriels est encore à + 5,97 %. Franchement, et malgré le fait que les U « vendent » de la croissance à ses fournisseurs, je ne vois pas comment ramener l’inflation de 6 % à 0 % ! D’autant qu’hier, dans une interview à Ouest-France que nombre d’industriels auront lu, Michel-Edouard Leclerc a répété qu’il s’attendait à une inflation de 2,5 %. En clair, sur ce terrain, les U ont donc un objectif autrement plus ambitieux que Leclerc.
En passant par la Belgique, je mesure l’effet LME… en France !
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 21 novembre 2011
En passant par la Belgique, coup d’œil sur les étiquettes. L’occasion – par comparaison – de mesurer à quel point la LME a eu un effet certain sur les prix des marques nationales en France. En vrac, quelques prix relevés chez Carrefour (et l’écart par rapport à un Carrefour français). Bien sûr, ce relevé n’a pas la rigueur scientifique d’une étude multi-enseignes sur un panier important ! Il n’empêche… Les écarts sont tels qu’ils en deviennent déjà très significatifs. Knacki Herta x 10, 2,39 euros en Belgique et 1,29 en France (+ 85 %), Nescafé, 7,35 euros (+ 30 %), Ricoré, 5,53 euros (+ 29 %), Tropicana Orange, 3,19 euros (+ 30 %), Special K, 4,95 euros (+ 70 %), Nutella, 4,33 euros (+ 20 %) ou encore Lindt 70 %, 2,09 euros (+ 75 %). Le tout, évidemment, à conditionnement comparable. Certains objecteront que la structure de coût d’un hyper en Belgique est différente, imposant des marges différentes. Peut-être… Reste que sur les quelques MDD Carrefour Discount dont je connais les prix, je note quand même des tarifs exactement identiques à la France. Ce qui sous-entend quand même que le niveau des marges sur les marques est plus élevée en Belgique qu’en France.
Cdiscount et l’alimentaire : promesse mal-tenue
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 18 novembre 2011
Si Cdiscount s’est d’abord fait connaître en vendant des DVD à prix cassés, le site internet élargit progressivement son offre à de nombreux univers. Ainsi, le leader du e-commerce français a étendu son champ d’action à l’alimentaire, d’abord via le vin, puis carrément dans les produits d’épicerie, sucrées, salées ou liquides, et le DPH. Rien de comparable toutefois avec les “e-linéaires” des enseignes de cybermarchés, l’offre y est plutôt restreinte. Cdiscount ne s’en cache pas d’ailleurs, son patron, Olivier Marcheteau, revendiquant une stratégie basée sur des “coups“ où son site peut se revendiquer moins cher que la concurrence. Ni une ni deux, j’ai choisi de matcher Cdiscount et Leclerc Drive… Et le constat est sans appel : sur un panier composé d’une vingtaine de produits strictement comparables (il y a en fait très peu de réfs. comparables), le drive Leclerc se trouve 4,9 % moins cher que Cdiscount. Illustrations : Cdiscount vend ainsi le BN fraise 1,29 € vs 1,13 € pour Leclerc, ou encore 1,95 € la boîte 140 g de thon Petit Navire contre 1,60 €. Ponctuellement, Cdiscount se montre cependant très agressif comme sur les pâtes Barilla vendues au prix unique de 0,89 € la boîte de 500 g contre 0,96 à 1,16 €, selon les références, chez Leclerc. Autre exemple en faveur du webmarchand : grâce aux rabais supplémentaires consentis sur de nombreux articles vendus par lot de 5, il arrive à tirer son épingle du jeu. Ainsi, Leclerc est mieux disant que Cdiscount sur la boîte 300 g de bretzel Ancel, 1,82 € au lieu de 1,99 €, mais en revanche, sur le lot de 5, il ne peut que s’incliner : 9,10 € vs 7,99 €.
Conclusion, assez directe : en l’état actuel de la politique commerciale, je peine à comprendre ce que Cdiscount fait sur l’alimentaire, en tous les cas sur les PGC !
Oyez, oyez braves gens
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 1 octobre 2011
« Dernière minute ! » ce matin dans le Leclerc rennais qui « supportait » donc mes courses familiales (c’était Carrefour Market la semaine dernière, voir ici). Le prix du dentifrice est en baisse. Oyez, oyez braves gens, sachez-le et profitez-en, sous-entend l’affichage de la « Dernière minute ! » (vous savez, ce genre d’information incroyable qu’il faut faire partager toutes affaires cessantes). Et quelle dernière minute… Le prix du lot de dentifrice Tonigencyl est en baisse : de 5,39 euros à 5,37 euros, soit 0,02 euro, a même cru bon de préciser l’auteur. Et en caractère gras, comme pour insister sur la modicité du bénéfice-client (0,4 %), évidemment peu raccord avec l’emphase de l’accroche.
Une petite évidence toujours bonne à rappeler
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 20 septembre 2011
Conférence de presse de But ce matin à Paris, à l’occasion de la sortie du catalogue 2011/2012. A la tribune, Régis Schultz, le patron de But (depuis 2008). L’homme est simple, direct et assez pragmatique. Bref, les 3 qualités qui font un bon commerçant. Ce qui se traduit dans la « recovery » de But ces deux dernières années. Parmi les remarques pleines de bon sens de Régis Schultz que je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager : « Le prix ? C’est pas le critère qui vous fait gagner, mais c’est celui qui vous fait perdre ». Dit autrement : le prix ne fait pas tout, mais rien ne se fait sans le prix. C’est le principe même de la valeur.
(Re)passage par Planet
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 19 septembre 2011
Passage à Lyon pour la Convention d’une enseigne spécialisée. Impossible de résister à la visite habituelle de Planet ! Direction Ecully. Et une évolution que je n’avais encore pas remarquée (sans pour autant garantir qu’elle soit récente). Mais une évolution surprenante : l’exécution du prix en surgelés. A l’origine, Carrefour s’était grandement inspiré de Picard avec un « pricing » vertical. Libellé, photo et prix, c’était parfait. Etonnamment, l’enseigne a revu sa copie (voir photo). Les étiquettes (électroniques, mais là n’est pas le sujet) ont quitté les affichettes où elles pouvaient pourtant être clairement reliées à un produit pour revenir dans le bac. Un véritable recul vu du client qui, pour Carrefour, s’explique sans doute. Mais, là, je dois vous avouer que je sèche !
Les très petits prix de Leclerc
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 16 septembre 2011
N’en déplaisent à ses concurrents, Leclerc est objectivement l’enseigne la moins chère du marché. Nombre d’indices (publics comme celui de Linéaires, moins publics comme ceux des panélistes ou locaux comme RENNES CONSO) le confirment. Depuis l’opération promotionnelle de cette semaine (dont le visuel qui vaut son pesant de cacahouètes et de complexité est à voir ici pour ceux qui ne l’ont pas vu), Leclerc a encore renforcé sa position de spécialiste des (très) petits prix. Mais au propre cette fois… Car, pour relayer sur des étiquettes de quelques centimètres l’ensemble de la proposition (prix pour 1, prix pour 2 et prix pour 3), l’enseigne n’a eu d’autres choix que de réduire la taille des messages. Au point, ai-je besoin de le souligner, de les rendre illisibles ! Un p’tit rappel de ce bon vieux basique du commerce pour Leclerc donc : plus les prix sont bas, plus ils doivent écrits gros.




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