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Des chiffres et des mots
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 14 avril 2010
Deux publications de résultats aujourd’hui : Auchan et Fleury Michon. Et deux façons de « vendre » ses performances, intéressantes à décoder. Auchan tout d’abord. Le groupe nordiste n’a pas à rougir de ses performances (communiqué à télécharger ici) : le chiffre d’affaires a progressé de 0,5 % à près de 40 milliards (lorsque Casino a annoncé – 1,2 % et Carrefour – 1,4 %). Donc, en clair, Auchan surperforme ses rivaux. Et, comme eux, l’enseigne appuie fort là où… ça fait du bien ! L’EBITDA qui progresse de 3,9 % ? C’est pour Auchan une « hausse significative ». Les temps ont bien changé. Il y a quelques années, voilà qui aurait été une performance bien décevante. Preuve de la relativité des chiffres !
Aujourd’hui aussi publication des résultats de Fleury Michon. Le charcutier-traiteur de Pouzauges a vu ses ventes croître de 5,9 % l’an dernier à 532 millions d’euros. Mais, surtout, son résultat a littéralement explosé : + 174 % à 14,8 millions. Un quasi triplement. Pas mal en période de crise. Mais, pour Fleury Michon, pas question de se glorifier. Ce serait trop prêter le flanc au « aimables sollicitations » des clients. Non, Fleury Michon, minimise, fait profil bas. « C’est juste un retour aux niveaux précédents (2006 et 2007) », dit-on.
Deux publications de résultats donc, et deux façons diamétralement opposées de les « vendre ». La communication financière est tout un art !
Casino, la suite…
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 4 mars 2010
Chose promise, chose due. De retour de la présentation des résultats 2009 de Casino. Le groupe a confirmé ce que l’on savait de lui. A défaut d’être un commerçant hors-pair, au moins pour son activité française, c’est assurément un gestionnaire très avisé. Casino a donc réussi la performance de présenter des indicateurs commerciaux dans le rouge (cf la note précédente) mais un résultat dernière ligne en net progrès, ce qui est néanmoins le plus important en économie. Si l’on décode, Casino a sensiblement amélioré la gestion de ses stocks avec un gain de 2,3 jours, baissé ses investissements ou encore diminué ses frais financiers. Sans compter une amélioration du taux d’imposition qui se retrouve aussi dans le résultat final.
Pour convaincre son auditoire de la pertinence de sa stratégie, Jean-Charles Naouri a habilement regardé dans le retroviseur, comparant les résultats de la décennie : 2009 vs 2000. De fait, le bilan est globalement flatteur. L’international (plus rentable que la France) est passé de 24 % à 36 % du CA et le résultat opérationnel du groupe a quasi doublé : de 653 millions d’euros à plus de 1,2 milliard. Curieux et équipé (merci le web mobile !), je me suis rapidement livré à ce même exercice de flash-back, spécifiquement sur les hypers français. De 2000 à 2009, le chiffre d’affaires des Géant a baissé de 7 % et le résultat a presque été divisé par deux. Questions aussitôt à Jean-Charles Naouri : « Combien de temps cela peut-il durer ? Quelle est la place des hypers désormais dans le dispositif de Casino ? Et sont-ils vraiment indispensables ? ». Je ne m’attendais guère à des réponses précises. L’exercice de la présentation de résultats est en effet très convenu ! Il n’empêche, au-delà du rappel que les hypers ne sont qu’un des pans de la stratégie de Casino (et qu’il n’est pas « hypers-dépendant », comprendre : à la différence de Carrefour !), le patron de Casino a partagé quelques vues sur le format : « un marché déflationniste », « le retour sur capital investi n’existe plus », laissant tout de même à entendre un moindre intérêt pour l’hyper. Pour autant, il s’est redit « clairement non-vendeur« . Sa stratégie pour 2010 : une nouvelle baisse de prix (alimenté par les gains à l’achat obtenu par les massifications sur les marques propres Casino et Franprix/Leader Price), la poursuite de la baisse des surfaces pour les plus grandes unités et la création d’un format de 5 000 m2. Une certitude, pour ma part : sur un marché où le chiffre d’affaires est par principe un diviseur de charges, Géant ne pourra pas durablement présenter une à deux années supplémentaires une baisse de ses ventes proche de 10 %. Mais, remarquait acerbement mon voisin de cocktail à l’issue de la présentation : « Ca commence à être difficile de refaire du – 10 % sur du – 10 %« . Pas faux !




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