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Carte postale de Vérone (6)

SCO

Restons sur mon ignorance de l’italien pour découvrir un bénéfice caché des caisses automatiques qui m’avait jusque là échappé : la langue ! Car la caisse automatique ne parle pas, tout en parlant différentes langues. Dès l’écran d’accueil, ce self check-out d’Iper me propose de me guider en français. Parfait. Et finalement bien plus pratique qu’un dialogue (impossible) avec une caissière du cru.

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Le magasin fascinant

InterSCOL’Intermarché de Rennes Longchamps est un magasin fascinant. Rappelez-vous, c’est le premier à avoir osé le big-bang des caisses automatiques (80 % de la ligne de caisses). Déjà presque 3 ans. Une éternité… La décision était historiquement « juste » (pas au sens social, évidemment, mais au sens économique). Le transfert des tâches du commerçant vers le client est un driver structurant de l’histoire du commerce, car le coût-outil (et donc les prix) diminue. La distribution des carburants l’a connu il y a 30 ans. La distribution de cash (les fameux « DAB » des banques) il y a 20 ans. Etc. Logique qu’à terme la grande conso soit concernée. Mais, comme souvent, tout est affaire de timing, de méthode, de pédagogie. Et là, Intermarché a sérieusement failli. Le « geste » n’a pas visiblement pas été adopté par les clients. Loin s’en faut. Regardez cette tranche de vie, c’était samedi, journée de (théorique) forte affluence. La moitié des caisses automatiques fermées. Et des clients qui patientent aux caisses traditionnelles alors qu’à deux pas des self check-out sont disponibles.

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Mamie à l’automate

MamieAutomateUne photo prise sur le vif dans un Super U rennais où, dans le cadre du magazine RENNES CONSO, j’ai eu à me rendre très régulièrement ces jours derniers. A chaque fois, un rapide coup d’œil aux 4 caisses automatiques que l’associée U a installé récemment. Et, souvent, un même constat : les personnes âgées ne « boudent » pas les automates, loin s’en faut. Au contraire, me confie la caissière en vigie ce jour-là, elles sont très curieuses de cette machine. Certes, ici comme ailleurs, les clients les plus jeunes forment le gros des troupes. Pour autant (et cette photo en témoigne), ils ne sont pas les seuls à « jouer à la caissière » !

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Une caissière ou une machine ?

Hier samedi, des courses en hyper. Et une « tranche de vie » qui m’interroge sur le rôle des caissières et de leur volonté même de résister à la vague déferlante des SCO (self check-out)… C’est donc presque la fin de l’encaissement. La cinquantaine d’articles de mon chariot ont été scannés, ne reste plus que le paiement. Une formalité subitement interrompue par l’arrivée d’une nouvelle caissière dont la mission est précisément de remplacer « ma » caissière. Laquelle me laisse donc en plan : « C’est ma collègue qui va terminer ». Double sous-entendus : 1) sa pause ne peut pas attendre 30 secondes supplémentaires (le temps estimé de l’encaissement) ; 2) il n’y avait donc aucune « relation » client-caissière (contrairement à ce que prétendent les zélés défenseurs de l’humanisation du poste) puisque l’idée de m’abandonner en cours de « relation » ne lui pose visiblement aucune difficulté. En clair, ma caissière n’était donc en fait déjà… qu’une machine.

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D’une taxe sur les caisses automatiques…

VéroCaissesL’émission Service Public sur France la semaine dernière, à laquelle j’ai participée, m’a valu un certain nombre de réactions de « bons contacts » dans la distribution (comme j’aime à les qualifier pour m’émanciper du caractère forcément « off » de nos conversations). « C’est gonflé d’évoquer une taxe sur les caisses automatiques », remarque l’un. « Pensez-vous vraiment qu’il faille souffler ce genre d’idée à ceux qui nous gouvernent », me dit un autre.

Rappel des faits et de quelques vues sur le sujet. La « libre-servicisation » est une tendance structurante – et ancienne – du commerce. L’objectif étant de transférer un maximum de tâches au consommateur pour abaisser le coût-outil des magasins tout en apportant ce qui peut être perçu – paradoxalement sans doute ! – comme un service. Le relatif échec du premier hyper presque entièrement automatisé (voir Tribune Grande Conso ci-dessous), l’Intermarché de Rennes, ne remet en rien en question la lame de fond à venir. Il pose juste le problème de la méthode. Les SCO (pour self check-out) vont donc continuer à se développer, c’est une évidence. Tout aussi évident, et n’en déplaise à ceux qui les vendent ou les installent, les SCO détruisent de l’emploi. C’est un calcul que même un enfant de 10 ans comprend aisément : une caissière pour un îlot de 4 caisses (ce qui est la norme courante pour les SCO), c’est forcément moins qu’une caissière par caisse. Autre façon de le comprendre : une tâche que des clients accepteront de réaliser ne génèrera plus d’heures de travail à répartir ensuite entre du personnel. En clair : le bilan social des caisses automatiques est par principe négatif. C’est un débat qui reviendra forcément dans l’opinion à moyen terme. Comment réagiront alors nos gouvernants ? C’était le sens de la conversation avec Isabelle Giordano au micro de France Inter. Laisseront-ils les SCO se déployer au risque d’apparaître comme les complices d’une destruction d’emplois organisée ? C’est mal connaître les politiques ! Interdiront-ils ces nouvelles caisses ? Difficile d’imaginer sur quelle base juridique faire reposer pareille interdiction… En revanche, songer à une taxe sur ces caisses pour en limiter l’intérêt économique m’apparaît d’une probabilité… probable. Ce n’est donc en rien un souhait. Juste une froide réflexion sur un problème qui (re)échauffera forcément bientôt les esprits.

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