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De la valeur d’un prix
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 18 juin 2010
De passage dans un Espace Culturel E.Leclerc. Une TG consacrée au football qui attire l’oeil. Et manifestement à ne pas rater (au moins pour se remonter le moral) un DVD au titre évocateur « Les instants magiques de la Coupe du Monde 1998″. Tellement magiques ces instants-là que, comme quelques uns de mes congénères, je paierais cher pour les revivre ! Mais cher n’est pas Leclerc… L’enseigne propose le DVD à 1 euro. L’euro symbolique qui achève de me convaincre – peut-être à tort – de… la médiocrité du produit proposé. A vrai dire, la jaquette m’avait déjà donné un bel avant-goût ! Une nouvelle illustration que tout prix donne une valeur au produit. Même médiocre.
Savoir donner de la valeur au prix
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 15 février 2010
La différence entre le prix et la valeur est fondamentale. Un prix n’a en effet de sens que par la valeur qu’il véhicule. Mais les commerçants l’oublient trop souvent. Raison suffisante pour partager cette bonne pratique observée samedi dans un Carrefour Market. Comment donner de la valeur au prix du lait Candia en promotion ? « Ca revient moins cher que le lait premier prix », est-il simplement écrit. Et là, de fait, la promo prend tout son sens, toute sa valeur.
NB : évidemment, l’exécution eût été parfaite si Carrefour Market avait simplement pensé à mentionner que 4,31 € se rapporte à un pack de 8 litres et que, ce faisant, le prix de la brique était de 0,54 €.
Carrefour Discount : vive la destruction de valeur…
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 2 juillet 2009

Baisse du chiffre d’affaires par unité de besoin
| Carrefour Discount |
Carrefour | |
| Haricots verts boîte 4/4 | 0,85 € |
1,08 € |
| Spaghetti 500 g | 0,39 € | 0,78 € |
| Riz long grain 1 kg | 1,19 € | 1,45 € |
| Huile d’olive 1 l | 3,39 € | 5,05 € |
| Farine 1 kg | 0,39 € | 0,63 € |





Tribune n°43 (mai 2007)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 30 mai 2007
Prix ou valeur ?
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Du prix (de revient )
à la valeur (de revente)
Lundi 30 avril 2007. Dans les sous-sols du Louvre, ils sont plus de mille actionnaires de Carrefour réunis en assemblée générale. A la tribune, José Luis Duran, président du directoire, est trop fin connaisseur des vieux démons de Carrefour pour laisser passer l’occasion de rappeler ce qu’il considère être le pilier de la stratégie du numéro deux mondial de la distribution : “Proposer des prix bas est notre premier devoir.” L’homme est jeune mais déjà riche de la certitude des “briscards” du commerce. Déjà, en 2005, fraîchement intronisé calife, il avait d’une phrase cinglante rappelé Carrefour à ses fondamentaux : “Notre nouveau modèle économique prend forme, basé sur une croissance durable du chiffre d’affaires, plutôt que sur une expansion des marges commerciales, comme par le passé.” Autrement dit : retour au prix.
Même lieu, quelques jours plus tôt. Dans la salle, toujours des actionnaires. Mais, à la manœuvre, Franck Riboud, le patron de Danone. Le “roi du yaourt” pavoise. Des résultats excellents, des perspectives flatteuses. Ici, point de bas prix. Après Activia et Actimel, deux marques milliardaires en chiffre d’affaires, le dernier-né du groupe – Essensis – est encensé. A deux euros le pack de quatre pots nature, Essensis est tout juste quatre fois… plus cher que les yaourts classiques. Et, malgré tout, dépasse les prévisions les plus optimistes !
Dès lors, le prix est-il l’alpha et l’oméga du commerce, comme aime à le rappeler José Luis Duran ? Ou, à l’inverse, une variable parmi d’autres, et pas nécessairement dominante ? Un peu les deux, évidemment… Car si tous les produits (ou services) ont un prix de revient, seuls quelques-uns ont une véritable valeur de… revente. Une valeur évidemment perçue, comprise et adoptée par le consommateur, faute de quoi elle n’est qu’illusion. Grand classique du genre : Actimel, élaboré à partir de lait payé 30 centimes/litre aux éleveurs, mais revendu près de 5 euros le litre, la promesse d’une meilleure santé en plus. D’autres marques ont atteint ce Graal, la déconnexion complète entre prix de revient et valeur de revente : “valeur d’incontournabilité” (de monopole diraient les mauvaises langues) pour Microsoft, “valeur de statut” pour Apple, Nike ou Absolut, “valeur de positionnement” pour les lessives premium, “valeur de performance” pour L’Oréal, etc. Dans tous les cas, la formule gagnante est toujours identique : “Parce que ça le vaut bien.” Preuve qu’alors la valeur a supplanté le prix. Autrement, quel intérêt à “surpayer” ses logiciels, son baladeur mp3, ses chaussures de running, etc. ? Charge donc aux industriels d’identifier, marché par marché, ce qui fait valeur aux yeux des clients et d’eux seuls. Combien de marques égarées, faute d’avoir accepté que seule prime la perception du client et non les pseudo-certitudes des directions marketing ?
Le prix est discriminant quand il n’y a pas de valeur
Marques et enseignes ne sont pas égales face à la valeur, et donc face aux prix… justifiant que José Luis Duran et Franck Riboud posent des diagnostics radicalement différents, bien que l’un et l’autre soient parfaitement fondés. Très majoritairement, la fonction de distribution dans les économies développées ne porte que peu de valeur, particulièrement pour les marchés alimentaires. Simplement parce que l’accès aux produits n’est plus aujourd’hui discriminant et ce contrairement aux années de l’après-guerre. Pis, les assortiments se ressemblent furieusement d’un magasin à l’autre. Quelle différence d’offre entre Carrefour et Auchan, entre Super U et Champion ? Même le service peine souvent à justifier sa valeur. Les pompes à essence par exemple. En une génération, les Français ont abandonné les pompistes traditionnels, faute d’adhérer à l’équation de valeur : service rendu vs surcoût au litre. Désormais, c’est la forme de vente qui a le plus rapproché le prix à la pompe du prix de revient – en l’occurrence les hypers – qui s’accapare l’essentiel des volumes commercialisés. Et même Total, pour préserver son activité, n’a eu d’autre choix que de spécialiser Elf sur ce modèle économique avec, au demeurant, un réel succès.
A quelques exceptions près (notamment des situations captives ou des besoins à satisfaire dans l’urgence, mais qui ne feront jamais un marché de masse), la distribution alimentaire est aujourd’hui une fonction avant tout utilitariste. Rares sont les consommateurs à ne pas avoir le choix entre 4 ou 5 magasins, soit dans le cadre d’une proximité d’habitat (autour de chez eux) ou d’une proximité de flux (sur les trajets routiniers). Monoprix, le seul peut-être à réellement proposer une “expérience client” différente – donc source éventuelle de valeur – le paye par une relative marginalité commerciale : 2 % de parts de marché. A l’inverse, n’est-ce qu’hasard que Leclerc soit à la fois l’enseigne à la fois la moins chère sur le long terme et celle détenant la plus forte part de marché ? A l’évidence non !
La première valeur d’une enseigne alimentaire ? Proposer des prix bas…
Le modèle commercial gagnant démontre la primauté du prix avec, en guise de préalable, le coût d’exploitation le plus faible possible, seul passeport pour le discount, sauf à accepter une politique de marge nulle ! Car un pot de Nutella, une bouteille de Coca-Cola ou un baril d’Ariel seront toujours comparables d’un magasin à l’autre, indépendamment du sourire de la caissière. Depuis 1852, et la création du Bon Marché par Aristide Boucicaut, aucune forme de vente ne s’est réellement imposée sans un apport significatif sur le terrain du prix. Pas même le e-commerce, pourtant annoncé, au cœur de la “bulle Internet”, comme la prochaine révolution commerciale. Car, vu du client, la première valeur attendue d’une enseigne alimentaire est encore sa capacité à proposer des prix bas. C’est bien là la différence entre marque et enseigne, entre prix et valeur.
Olivier Dauvers
Avril 2007
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 12 avril 2007
L’Ipod le vaut bien…
Le succès de l’Ipod se confirme jour après jour. Mieux : cette semaine, Apple a annoncé avoir commercialisé son cent millionième appareil depuis sa création, il y a cinq ans. Un record d’autant plus spectaculaire, qu’Apple a pris et conservé le leadership du marché avec l’appareil le plus cher. Et si le prix n’est pas un problème sur l’Ipod, c’est juste parce qu’”il le vaut bien”. Toute la différence ici résumée entre prix et valeur…
Janvier 2007
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 30 janvier 2007
Petite leçon de valeur
(à destination du monde agricole)
Soit un produit ultra-banalisé : le lait UHT en brique, habituellement vendu, dans sa version sans marque, à 0,55 e. Affublez-le d’un attribut, porteur de valeur pour le consommateur. Par exemple, en Bretagne, l’origine bretonne. Rajoutez quelques centimes pour cette valeur additionnelle. Vendez-le. Eh oui !, vous avez –partiellement certes – débanalisé le lait.
Tribune n°32 (Juillet 2006)
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 1 août 2006
LECLERC RIPOSTE À LA CAMPAGNE DES MARQUES ET LES RAPPELLE À LEUR MISSION

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Pourquoi dépenser plus ?
Parce que ça le vaut bien !
Ce devait être un déclic, un nouveau départ pour
les marques. Une campagne événement, aux visuels charmeurs. Toujours à l’affût, Leclerc a très opportunément choisi de contrer. Et, au passage, de rappeler indirectement aux marques qu’elles sont les premières responsables de leur sort.
Impossible d’y échapper. Les marques sont (presque) partout. 39 000 panneaux à l’initiative de l’Ilec, le “club” des grandes marques, pour plus de 2 millions d’euros de budget. Depuis 10 jours, les voilà donc criant à tue-tête, et avec un indéniable talent artistique, leur supériorité comme un Roméo déclamant pour reconquérir sa Juliette. “Qui mieux que Vittel vous reVittelise chaque jour ?” ; “Qui mieux que Pampers donne à Bébé jusqu’à 12 heures de sommeil sans fuite ?” ; “Qui mieux que Ballantine’s donne au whisky ses lettres de noblesse ?”. Autant de questions à laquelle le consommateur est instamment prié de répondre : “les marques”. Et pour les mal-comprenants, rendez-vous est donné sur le site web de l’opération.
Déclinaison (assumée) d’une initiative autrichienne, cette campagne devait, dans l’esprit de ses initiateurs, frapper comme un électro-choc. Bref remobiliser le chaland. Et sonner la reconquête. Car l’heure est grave pour les grandes marques. Leur part de marché s’érode toujours. Encore un point de perdu sur les douze derniers mois selon ACNielsen. Désormais moins de 43 % des achats de PGC. A qui la faute ? Au hard-discount, cette espèce de “no-brand’s land” ? Probablement. Aux MDD, concurrentes déloyales, car maîtresses de leur exposition en linéaire ? Sûrement. D’ailleurs, pas peu fier de son coup, Leclerc s’est empressé de répliquer via sa marque Repère, affiches contre affiches, pour un savoureux duel au soleil ! Comme pour répondre précisément aux marques, l’enseigne y va aussi de son mode interrogatif : “Pourquoi dépenser plus ?”.
Pour l’essentiel, les marques payent en fait leurs propres errements. Errements que souligne fort à propos Leclerc. “Pourquoi dépenser plus ?”. Si simple. Si clair. Si juste. Vu du consommateur, c’est la seule question qui vaille. Et la réponse s’impose comme une évidence : parce que ça le vaut bien… Tout aussi simple, clair et juste. Le véritable problème des marques est là, froidement exposé par une enseigne, comme une ultime humiliation. Comment légitiment-elles leur prix supérieur ? Par quel bénéfice tangible ? Les marques doivent certes soigner leur image. Mais avant tout recentrer leurs efforts sur le produit, seul capable d’enrayer l’avarice des clients. Certaines des marques actuellement en campagne illustrent d’ailleurs cruellement ce décalage… Quel est donc ce mystérieux “effet du thé”, dont Lipton se targue, pour qu’il justifie un prix 50 % supérieur ? Pas en reste, Pastis 51 assure donner “à l’apéritif sa fraîcheur anisée”. Quel programme… Là encore, quel est le bénéfice induit pour le client ? Le pastis Carrefour ne peut-il pas tout autant prétendre à cette “fraîcheur anisée” ? La voie existe pourtant… Pampers qui évoque 12 heures de sommeil sans fuite. Les parents comprendront. Ou Mir qui s’engage à “garder les couleurs comme neuves”. Les “textile-addict” apprécieront. Rien de plus que l’exigence de la supériorité. Au-delà de toute campagne, c’est la seule planche de salut des marques.
Olivier DAUVERS





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