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Centres-villes : les bailleurs vont pouvoir dormir tranquilles…

Centres-villes : les bailleurs vont pouvoir dormir tranquilles !

La mission qui a planché sur l’avenir du commerce en centre-ville n’était pas tendre avec les bailleurs. C’était d’ailleurs l’un des axes de travail les plus frappants du rapport, qui leur reproche noir sur blanc de pratiquer des loyers excessifs et de maintenir parfois volontairement de la vacance commerciale.

Mais le gouvernement actuel est pressé (encore plus que d’ordinaire !). Après la remise du rapport de mission mercredi, les trois ministres du commerce, de l’aménagement du territoire et de la ville ont déjà rendu leurs conclusions ce vendredi. Et pour aller vite, ils ont surtout retenu les mesures les plus faciles à mettre en œuvre…

Sans surprise, ils ont validé les propositions de la Banque des Territoires, co-rapporteur, qui se dit prête à investir des fonds supplémentaires au service du commerce local (c’est son métier). Et le reste du “plan” présenté ce matin, en réalité, aligne beaucoup de mesures déjà engagées par ailleurs : contrôles de la fast-fashion, taxe sur les petits colis, loi Narcotrafic, évolution de la vidéoprotection, pacte Dutreil, etc.

On y trouve aussi des outils de formation, d’accompagnement, des chartes, des guides, des aides au dialogue et j’en passe… De quoi aider ceux qui veulent bien faire, mais rien de contraignant pour mettre au pas les récalcitrants. Les mesures les plus “difficiles” réclamées dans le rapport de mission restent pour l’instant lettre morte. Et on peut le regretter.

Plafonner les loyers commerciaux dans les quartiers prioritaires ? Pas un mot. Moduler le taux de la taxe sur les friches pour la rendre plus dissuasive, en limiter les exonérations, raboter la niche fiscale du déficit foncier ? C’est niet. Revoir le calcul des valeurs locatives, créer des observatoires des loyers pour améliorer la transparence ? Pas à l’ordre du jour.

Doter les foncières publiques (qui rachètent et réhabilitent les locaux vacants ou dégradés) de moyens de coercition envers les propriétaires déraisonnables ? Jamais entendu parler. Affiner les nomenclatures d’activité afin que les maires régulent de façon plus précise les implantations ? On verra plus tard. Contrôler les entrepôts e-commerce en ville de la même façon que les commerces physiques ? Trop compliqué. Rendre obligatoire un avis conforme du maire avant toute implantation dans les quartiers prioritaires ? Je n’ai rien vu non plus là-dessus…

Je vous avais dit mercredi que la mise au pas des bailleurs et le renforcement des pouvoirs du maire étaient selon moi les deux axes les plus ambitieux du rapport de mission. Autant vous dire que je reste sur ma faim ce matin, et je ne dois pas être le seul…

5 commentaires

  1. Rien sur la sécurité des commerçant, ni sur les impôts en hausse constantes depuis des années. (Si je n’en parle pas, personne n’en parle.)

  2. Oups, ma grammaire et les pluriels. Excusez-moi, j’ai écrit trop vite. Ca me met tellement en colère que l’on ne parle pas des vrais problèmes.

  3. Rectification : seuls 2 ministres ont reçu le rapport mercredi, pas 3 comme écrit ici ! 😉

    Notre rapport n’a été rendu que ce mercredi, et ce vendredi déjà 9 premières mesures retenues sont annoncées… côté Bercy. C’est une première bonne réactivité !

    Mais cela ne s’arrêtera pas là. Le Ministre de la Ville est tout autant concerné.

    Nous avons fait des propositions pour qu’elles vivent et soient débattues… Et elles le sont déjà.

    Exemple 1 : plusieurs villes sont partantes pour tester notre recommandation de modération des loyers dans un périmètre géographique donné. Tout cela ne peut se mettre en oeuvre du jour au lendemain.

    Exemple 2 : des mesures concernant les pouvoirs renforcés au maire seront certainement reprises dans le projet de décentralisation préparé par le gouvernement et particulièrement impulsé par le Premier Ministre. Un peu de patience, le Salon des Maires n’est plus si loin…

  4. Etonnant de penser qu’augmenter les taxes va pousser les bailleurs à louer comme si avoir des locaux vides résultaient de la volonté des dits bailleurs. Si ceux-ci pouvaient louer, ils le feraient ! Une telle idée est le résultat d’une méconnaissance totale des mécanismes économiques et d’une vision profondément étatiste et centralisatrice de l’organisation de la société. La mort des centre villes est elle même le résultat de la politique de la ville qui a les a piétonnisés au nom de l’écologie.

  5. Bonjour Olivier,
    Je pense qu’il y a un grand oubli dans toutes les mesures c’est l’accessibilité des centres villes. Zones piétonnes, parcmètres, limitation de vitesse, rues rétrécies pour laisser passer les vélos, des mesures pour une minorité de bobos, qui entravent l’achat en centre ville. Quand tu as des paquets, de la vaisselle etc va prendre les transports en commun ou marcher 800 m les bras chargés.
    Ecoutons la France d’en bas et analysons ce qui a fait le bonheur des HM et SM (le parking gratuit aux pieds des magasins) comme on analyse aujourd’hui le déclin de ces circuits vs le e-commerce !

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