
Semaine d’actu intense pour Carrefour. Demain mardi, en fin d’après-midi, le groupe publiera ses résultats 2025. Et mercredi, dans la matinée, présentation au siège de Massy du nouveau plan stratégique de Carrefour pour les prochaines années, quelques mois après la reconduction d’Alexandre Bompard à sa tête. L’occasion, évidemment, d’un bilan version infographie.
Sans surprise, les actionnaires font le museau. A son arrivée (il faut avoir un peu de mémoire mais c’est bien la réalité), la mission d’Alexandre Bompard était claire : enrayer la descente aux enfers de l’action en Bourse (Bernard Arnault était par exemple rentré au capital à plus de 50 € l’action) et lui redonner son lustre d’antan. Raté ! Plus de 8 ans après, l’action dépasse à peine 15 €. C’est certes un incroyable rebond depuis l’été dernier (12 €), mais la perte est bien là. Factuelle.
Pourtant (et outre l’indispensable remise à niveau digitale), les indicateurs économiques et commerciaux sont loin de traduire un effondrement. Mais le rebond pas assez net pour rendre le bilan incontestable. Chacun y verra ce qu’il veut : gain de 1 % de part de marché malgré l’acquisition des 2,5 % de Cora/Match, stabilité du résultat à environ 2,2 milliards et croissance du chiffre d’affaires guère supérieure à l’inflation. De fait, louanger serait exagéré, blâmer aussi. Et c’est sans doute ce qui déplait à la Bourse. Carrefour ne fait plus rêver (c’était le cas au tournant du siècle). Le nouveau plan Bompard a évidemment été construit en ce sens. Car le patron de Carrefour a deux clientèles : les clients qui passent en caisse (et pour lesquels il faut des prix bas, de la disponibilité produit, des actifs au niveau etc.) et les “clients” qui achètent l’action en Bourse (qu’il faut convaincre d’un avenir radieux). Un nouveau numéro d’équilibriste à venir. Le propre des patrons des groupes cotés en Bourse !



