
C’est l’une des annonces d’Alexandre Bompard lors de la présentation de son plan stratégique 2030 : faire de l’indicateur “DISTRI PRIX NET” la boussole prix de Carrefour, avec promesse d’amélioration tous les ans. Es-qualité de co-initiateur avec A3 Distrib de cette étude en 2013 (je reviendrai très bientôt sur la génèse de cet outil désormais installé dans le paysage commercial !), je dois évidemment à ceux qui passent ici (et à ceux qui utiliseront cet indicateur pour “juger” Carrefour) quelques explications sur la nature exacte de DISTRI PRIX NET.
“DISTRI PRIX NET” est une variante de l’étude DISTRI PRIX (que je publie tous les mois depuis 13 ans) qui, elle, intègre l’ensemble des remises : les rabais immédiats ET les rabais différés via les programmes de fid’ (alors que l’étude DISTRI PRIX que vous connaissez n’intègre que les remises immédiates). Cette variante de l’étude “nette de toutes remises” existe depuis l’origine, mais elle n’était pas publiée. Elle le sera désormais trimestriellement, maintenant que Carrefour l’a choisie comme étalon (sans aucune contrepartie financière me concernant évidemment).
Comme DISTRI PRIX, la version “NET” a l’immense mérite de la robustesse : 100 millions d’occurrences sont aspirées depuis les drives tous les jours par A3 Distrib, excusez du peu. En ce sens, c’est le reflet fidèle des politiques commerciales pour la grande majorité des enseignes qui garantissent l’iso-prix entre off-line et on-line. Ce qui n’est pas le cas de Carrefour, je l’ai déjà démontré à plusieurs reprises. Depuis “l’époque Plassat” (qui me l’avait ouvertement confirmé “les yeux dans les yeux”), les prix drives sont inférieurs aux prix hypers. Un non-sens commercial évidemment. Mais un intérêt : apparaître plus beau qu’il y paraît “dans votre indice cher Monsieur Dauvers” (dixit Georges Plassat). Heureusement, avec mes associés besogneux, nous adorons sillonner le carrelage et relever les prix off-line. Verdict à chaque fois : un minimum de 2 points d’écart entre l’hyper et le drive.
Reste la question : pourquoi Carrefour choisit-il un indicateur “net de toutes remises” ? Réponse simple : parce que l’enseigne est : 1/ plus promo-dépendante que la moyenne ; 2/ plus généreuse en promo que les autres (rayer la mention inutile !). De fait, selon des chiffres exclusifs que je réserve aux lecteurs de VIGIE GRANDE CONSO, 23 % du CA des hypers Carrefour est réalisé en promo. C’est le record. A titre de comparaison, c’est 7 pts de plus que chez Leclerc. On peut donc comprendre que l’enseigne choisisse la version de l’étude qui intègre l’ensemble des avantages promo, y compris différés sur le compte fidélité. Mais on peut aussi comprendre que je doive ce décodage en toute transparence 😉
NB : au passage, vous gagnez avec DISTRI PRIX NET une meilleure couverture du marché avec de nouvelles enseignes qui apparaissent…



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