
Une nouvelle entreprise industrielle au tapis… Il y a eu Brandt il y a quelques semaines. Voici le verrier Arc, placé en redressement judiciaire. Une liste longue comme le bras, entamée il y a plusieurs décennies. Les causes peuvent être différentes, les conséquences sont les mêmes : la production française agonise, disparaît. La compétitivité de l’offre France est trop souvent insuffisante. Et comme en rayons, la bataille se joue essentiellement sur le prix, les produits made in ailleurs grignotent lentement mais sûrement des parts de marché.
La réponse politique est (presque) toujours à l’identique. Des larmes de compassion, saupoudrées d’argent public pour traiter socialement la casse. Mais le mal est fait. Un savoir-faire s’efface, un éco-système s’écroule, un pan de souveraineté s’effondre. Hier Brandt, aujourd’hui Arc, et demain ? D’autres évidemment.
Que faire ? Fermer les frontières, pour empêcher le made in ailleurs d’atteindre les rayons ? Surtout pas ! Le commerce est par principe à double sens. En revanche (et par opposition à l’idée de fermer les frontières), il faut… ouvrir les yeux des consommateurs. La compétitivité d’un produit (ou d’un service) va par principe au-delà de son prix. C’est la compétitivité “hors coût”. L’affichage (obligatoire) de l’origine y participera. Faute d’information visible, transparente, sincère, deux produits se retrouvent au final en concurrence sur le seul critère prix. Pour alimenter la perception de valeur (et permettre à chacun de faire ensuite ce qu’il veut / ce qu’il peut), il faut non seulement l’origine lorsqu’elle est française, mais également lorsqu’elle est chinoise, allemande, espagnole, brésilienne, etc. L’affichage de l’origine ne peut pas être à discrétion ! Les dynamiques d’achat ne s’inverseront pas évidemment. Mais la valeur relative d’un produit made in France s’améliorera mécaniquement si son concurrent est dûment libellé made in ailleurs (avec le pays aussi clairement indiqué).
Cher Serge, en qualité de Ministre du Commerce et des PME (entre autres attributions), tu as non pas le pouvoir, mais le devoir de laisser cette trace, cet héritage de ton passage. Regarder ailleurs alors que semaine après semaine des entreprises tombent au combat de la mondialisation industrielle (souvent des PME) serait juste coupable. On agit ?





Olivier, je te trouves de plus en plus offensif dans tes publications, et je trouve ça très bien, quand on sait ta notoriété grandissante notamment avec RTL.
Moi qui gère un média local sur les commerces et entreprises de mon département, je m’alarme depuis déjà une poignée d’année du nombre d’entreprises qui s’effondrent peu à peu.
On ne peut pas attaquer Shein et les menacer de suspension et en même temps liquider nos entreprises comme Brandt, Arc … et ce ne sont pas les premières.
Comment supporter un gros titre de presse annoncer “La liquidation de la dernière entreprise qui fabriquait telle chose” le “dernier savoir-faire français disparait” …
Et à l’inverse, nous avons toujours des personnes qui se lancent, qui veulent apporter de l’innovation, de la nouveauté … mais qui ne sont pas aidés, et qui arrêtent au bout d’un an ou deux.
Est-ce que nos gouvernants ont pieds et poings liés ? À quoi servent-ils ?
À part terrasser le terrain pour les extrêmes …