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Après les lunettes, la mode : Blacksheep creuse le sillon de la Chine “en circuit court”

Blacksheep en France

On pensera ce qu’on voudra de la qualité des produits. On surveillera comme on peut les conditions de fabrication. Mais il est normal, dès lors que la Chine est devenue l’usine du monde, de voir émerger des acteurs qui court-circuitent les intermédiaires pour casser les prix. L’histoire du commerce n’est faite que de cela (et c’est pour ça que j’explique depuis longtemps que le “modèle” Shein perdurera même si Shein doit être bouté hors de France).

Voici donc Blacksheep, qui cherche à se faire un nom en France depuis décembre dernier. Cet auto-proclamé “mouton noir” de l’optique s’est attaqué à une filière dont les marges ont (très) mauvaise réputation. Il revendique haut et fort un rôle de marketplace “en direct des usines chinoises”. Les montures d’un côté, les verres correcteurs de l’autre. Lui se charge du montage.

Sur son site internet, près de 5 000 montures sont proposées, toutes vendues entre 2,50 et 25 euros. Selon la correction et les options choisies (on peut scanner son ordonnance pour gagner du temps), la paire de verres est facturée de 5 à 140 euros supplémentaires.

Pour se faire connaître, Blacksheep a ouvert un showroom à Paris en décembre, puis deux autres en janvier, à Bruxelles et à Lille. Pas échaudé par les déboires de Shein, il fait de l’origine Chine un argument de vente. Son seul argument, même.

Dans ces magasins, ultra dépouillés (et ultra… vides), une série de monture est exposée. Le client fait ses essais seul. Étrangement, c’est aussi à lui de vérifier que la monture qu’il a choisie est bien toujours disponible sur le site en ligne, avant de s’adresser à un employé pour lui présenter son ordonnance ou pour tester sa vue sur place. Puis la commande sera passée aux usines chinoises.

Pour alimenter le storytelling de la marque, un écran dans le magasin est censé diffuser en direct le travail d’ouvriers qui préparent les lunettes des clients. Pas de chance, il était éteint lors de la visite (impromptue) de la team Dauvers.

Tout à sa stratégie de mouton noir et sans attendre d’avoir installé son nom sur le marché de l’optique, Blacksheep vient déjà de se lancer, également, sur celui de la mode. Une nouvelle offre a fait son apparition en ligne : 1 900 articles textile pour femme, 200 pour homme. Avec par exemple des pulls à 3 euros, des robes longues et des manteaux à 10 euros.

Et pour les curieux qui n’avaient pas encore vu le showroom de la rue de Rivoli à Paris, à vous de scroller !

Blacksheep en France
Blacksheep en France
Blacksheep en France
Blacksheep en France
Blacksheep en France
Blacksheep en France
Blacksheep en France
Blacksheep en France

2 commentaires

  1. Dans un autre contexte, tu aurais qualifié cet “ultra dépouillement” de Bonne idée / Bonne pratique (103) car c’est le savoir faire et le prix qui est mis en avant, pas le produit… On n’est pas tombé sur le bon jour. Ça arrive!

    La seule question est: Pourquoi ces mêmes lunettes sont vendues horriblement cher chez tous les autres opticiens qui, car ils sont très généreux, nous en offrent 3 paires supplémentaires? Ah, c’est vrai, c’est pas si cher puisqu’on se les fait rembourser… Autre Bonne idée / Bonne pratique (104): profiter du système vu que tout le monde fait pareil!

    Je préférerai toujours le chien noir mais ce mouton noir ne me gêne pas… Bien au contraire! https://youtu.be/2KPEHohJMuw?si=w7dRfpot0jmWN85j&t=6

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