
J+1 après la publication du rapport de la Commission d’enquête sénatoriale (revoir ici). Et, visiblement, le match continue, à coup de communiqués de presse ou de déclarations publiques. Un match ou les parties prenantes (les candides sénatrices, les gentils fournisseurs et les vilains distributeurs) ont fait assaut de caricature. Tous. Sans exception.
Exemples (en vrac)… Présenter une captation de valeur de 40 % au profit des distributeurs ? Caricatural ! Afficher 1% de rentabilité pour les distributeurs et 15 % pour leurs fournisseurs ? Caricatural ! Prétendre que les distributeurs par leur compétition intense ne participent pas au soutien du pouvoir d’achat ? Caricatural ! Point commun à ces caricatures entendues parmi tant d’autres : elles ne servaient en rien la réflexion mais des intérêts catégoriels. Et c’est bien là l’échec XXL de cette commission d’enquête (devant laquelle j’ai aussi juré de dire toute la vérité, rien que la vérité 😉 ) : ne pas avoir cherché à rabibocher une filière (où il y a des malades et des bien-portants de part et d’autre). Juste à opposer les parties. Et, pour le coup, c’est réussi. C’était même visiblement voulu.
Voilà pourquoi Serge Papin a aujourd’hui une immense responsabilité : siffler la fin de la partie ; apporter de la nuance ; identifier les points de convergence. Il en a la sagesse (l’âge, mais pas que). Et la légitimité. Son parcours est certes davantage côté distributeurs mais, à la tête des U, il était respecté pour sa tempérance. Donc qualifié pour tracer un chemin de crête. Sur le traitement différencié des PME, évidemment. Sur la pluri-annualité des relations commerciales, ça ferait sens. Sur la transparence, voilà un bon donnant-donnant à dealer. Aux industriels, on demande la transparence sur le prix (et l’origine) de la matière première agricole. Aux enseignes, la transparence symbolique des marges sur un rayon ou une catégorie de produits. Par exemple les fruits et légumes. Mécaniquement, ces marges baisseraient (le rayon est une source de péréquation souvent critiquée). La consommation progresserait. Et on pourrait même y avoir un volet santé publique ! Quant au comportement personnel de certains acheteurs (inqualifiable, indéfendable voire abject), c’est aux enseignes – et à leurs patrons – de le régler. Pas à la loi. On ne va quand même pas installer des caméras dans les box de négo, si ?



