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[ INCENDIES ] L’album photos d’Intermarché Le Porge (33)

Le Porge, 3 300 habitants… Inconnu il y a quelques jours à peine, c’est le village-martyre des incendies en Gironde. Pour y accéder, laisser-passer signé du Maire obligatoire. Depuis plus d’une semaine, le village est quasi-désert. Plus de 200 maisons ont brûlé. Rapidement calculé, c’est 20 % du Porge. Et un paysage de désolation, par exemple sur la route de Lège Cap Ferret. En temps ordinaire, l’Intermarché est le point de ralliement. Des habitants comme des touristes (encore plus nombreux). Aujourd’hui samedi, sur le parking désert, ils sont 4 à m’accueillir. Entre Laurent et Stéphanie Maury, adhérents, Cécile, la responsable frais, et Pauline en charge des fruits et légumes. Le magasin est fermé depuis 10 jours, mais il y a à faire, notamment la gestion des dates en frais. Ils m’ont ouvert (et commenté) l’album photos de 10 jours totalement extraordinaires.

Mercredi 22 juillet. Le feu qui s’est déclenché vers midi dans la commune voisine de Saumos est visible du Porge. Les colonnes de fumée noircissent rapidement le ciel. A 17h, les gendarmes se présentent. L’ordre tombe : fermeture et évacuation immédiate du magasin. Les clients abandonnent leur chariot. Canadair et Dash entrent en action. Cindy, employée en charge de la “boul-pât” et du drive, réalise l’un des clichés qui fera date : le largage de retardant sur la parcelle voisine du magasin. La station-service du magasin inquiète évidemment les pompiers. Au même moment, Laurent et Stéphanie, les adhérents, rassemblent les registres de sécurité, les sauvegardes informatiques et le contenu du coffre pour mise en sécurité. Préparer (et préserver) l’avenir…

L’avancée du feu rend rapidement le magasin inaccessible. Le village est évacué. Le seul lien entre les adhérents et “leur” magasin : les 7 caméras qui regardent nuits et jours les extérieurs. Sur les écrans : de la fumée et des flammes, toujours plus proches. Quelques centaines de mètres tout au plus. Le lien avec (et entre) les 45 salariés ? Une boucle whatsapp qui existait avant l’incendie et qui change de vocation : on s’y raconte autant qu’on lit les informations communiquées par les patrons ! Plusieurs “cellules de crise” sont activées : avec Intermarché, avec Sequoia (l’assurance du groupement), avec la Stime (la division informatique). Une succession de questions simples quand tout est normal, mais qui changent de dimension. Par exemple, comment être à l’heure pour la paie (et l’administratif qui avec avec) ? Car la fin du mois approche.

Chaque situation devient une urgence. Vendredi en fin d’après-midi, appel du commandant des pompiers. Besoin impérieux d’essence. Mais aucun moyen de paiement pour activer les pompes de la station. A distance, Laurent Maury parvient à passer sa station en mode… distribution gratuite. Les pompiers se servent. 1 000 litres. Premier soutien d’une longue série. Il y aura ensuite la cuisson quotidienne de 200 baguettes pour le ravitaillement des troupes. Le parking du supermarché change de vocation : rassemblement des colonnes avant le départ au combat, repos ou stockage du matériel.

Dimanche, premier retour au magasin pour Laurent Maury. Toujours “debout”. Mais toujours menacé. Une idée s’impose : établir un pare-feu pour éloigner les arbres du magasin (quelques mètres à peine). Qui solliciter ? Ça sera le fournisseur de jus de fruits, La Bernarderie (ça mérite bien une photo coup de pub !). En quelques heures, du matériel lourd nettoie les abords. Plus de 30 mètres de pare-feu qui ont valeur d’espoir. Espoir que, quoi qu’il arrive du feu, les flammes ne “lècheront” pas le magasin. Espoir que même si l’exercice est planté (les ventes devraient reculer de 25 % sur l’ensemble de l’année tant la période estivale pèse lourd ici), l’entreprise sera préservée.

10 jours après les premières flammes à Saumos, le magasin est donc bien debout mais fermé. Pas d’ouverture possible avant le retour des habitants. Au bout du parking, les gendarmes bloquent toujours les accès au Porge. Pour quelques heures ou quelques jours, personne ne le sait.

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