
L’heure des bilans pour le T3 de Carrefour. Une fois n’est pas coutume, pour l’essentiel dans le vert. A l’échelle des pays, seule la Pologne détonne avec un important recul en comparable (sa place dans le groupe en apparaît plus menacée trimestre après trimestre). Pour le reste, des progressions : + 1,2 % en comparable en France, + 1,4 % au Brésil et + 2,1 % en Espagne pour les trois pays prioritaires. Il y a certes un effet inflation, mais les faits sont là : les ventes progressent.
En France aussi, les trois formats sont en progression, y compris les hypers (le recul de part de marché s’expliquant par la vitesse supérieure des concurrents…). En hypers néanmoins, une double histoire s’écrit : recul des magasins historiques de 0,6 % en comparable alors que les ex-Cora s’envolent, + 7,3 %. La greffe a été difficile, mais, visiblement, elle a désormais pris ! Même différentiel en supermarchés : + 1 % pour les Carrefour Market, mais + 3,4 % pour le réseau Match.
Malgré un trimestre plutôt satisfaisant, c’est un Alexandre Bompard grave qui a pris la parole en introduction de la présentation des résultats (alors que ça n’était pas prévu). En cause : les événements du week-end dernier et les perspectives pour la consommation pour la fin d’année. Perspectives moins favorables qu’escomptées, alors que le commerce réalise toujours une part substantielle de ses résultats sur le dernier trimestre. Voilà pourquoi Carrefour revoit ses objectifs à la baisse, toujours un moment délicat en matière de communication financière… Le résultat opérationnel courant (ROC) devrait certes progresser, mais moins que promis. Le résultat net sera stable ou en légère croissance (vs une “croissance dans le haut de la fourchette à un chiffre”). Et le cash-flow libre est désormais attendu en recul. Pas certain que la Bourse apprécie demain matin à l’ouverture. Mais le risque existe objectivement d’un trou d’air dans la conso. Auquel Carrefour ne pourrait pas y échapper.

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