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Pouvoir d’achat : l’excellente nouvelle de l’INSEE
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 20 juin 2012
C’est fait, l’INSEE a rendu son verdict. En 2011, le pouvoir d’achat de l’ensemble des ménages a progressé de 0,5 % en France (après + 0,9 % en 2010). Mais ramené à l’unité de consommation (en gros à la tête de pipe, ce qui est plus fidèle à la réalité de chaque Français), le pouvoir d’achat a baissé de 0,1 %. C’est donc une… excellente nouvelle. Excellente parce que tous ceux qui discourent sur la baisse du pouvoir d’achat y verront le signe tangible de la pertinence de leurs analyses. « Tu vois, je te l’avais bien dit, le pouvoir d’achat est vraiment en baisse ». Excellente aussi parce qu’elle conforte ceux qui (comme moi depuis 2006, lire ici) tentent d’imposer l’idée qu’il y a bien davantage en France un problème de vouloir d’achat que de pouvoir d’achat. Parce que, franchement, à – 0,1 %, on peut davantage parler d’une certaine forme de stabilité du pouvoir d’achat que d’effondrement, non ?
« Vouloir d’achat » : il y a cinq ans déjà…
Posté par Olivier Dauvers dans Notes le 30 septembre 2011
Le « vouloir d’achat » est désormais un acquis sémantique. Vouloir d’achat par ici, vouloir d’achat par là. Je l’entends partout. A juste titre d’ailleurs, car la société de frustration qui caractérise la consommation s’explique non pas par la baisse du pouvoir d’achat (macro-économiquement, cette baisse est imaginaire) mais par l’explosion du vouloir d’achat. C’est précisément cet écart croissant entre pouvoir d’achat et vouloir d’achat qui engendre la frustration. Et, pour prolonger, j’avais envie de vous faire (re)partager cette Tribune Grande Conso. C’était il y a cinq ans. Déjà… Ce qui était une intuition (dont je revendique la paternité avec mon camarade Olivier Géradon de Véra, vice-président de ce qui s’appelait alors IRI Secodip) est désormais une formidable réalité.
Les Doublet (de Toulon), vous connaissez ?
Posté par Olivier Dauvers dans Tribunes le 23 mars 2011
LES FAITS. La famille Doublet, deux adultes et trois enfants, ont les honneurs de L’Express pour illustrer 4 pages d’enquête consacrées au pouvoir d’achat des consommateurs français.
La crise est là. La preuve ? Les Doublet, de Toulon. Français anonymes certes, mais Français suffisamment représentatifs de la gravité de la situation pour l’illustrer. De fait, à lire l’hebdomadaire généralement bien informé, c’est la panade chez les Doublet. «On a réduit le poisson et la viande à la portion congrue, témoigne l’un des Doublet que l’on devine être la mère de famille. Et voilà deux ans que je ne vais plus dans les grandes surfaces gigantesques où l’on finit toujours par acheter ce dont on a pas besoin». La suite est logique, presque attendue… «On a beau faire attention, à la fin du mois on est tous les deux à découvert». Lui est pourtant chef de projet au Conseil Général du Var. Elle, éducatrice spécialisée. Preuve, faut-il sans doute comprendre, que la crise n’épargne personne, pas même les couples bi-actifs. D’ailleurs – attention, séquence compassion – la famille a cet hiver investi dans une tronçonneuse pour s’approvisionner gratuitement en bois : «75 euros le mètre cube, ça devenait trop cher». Pauvre France ! Un détail : le «revenu net mensuel du ménage», ainsi que le présente L’Express. 4300 euros. Pas franchement la famille moyenne ni… étranglée ! Les charges incompressibles payées (1600 euros pour emprunt, impôts, assurances, factures d’électricité et de gaz, mutuelles), les Doublet ont un budget disponible de… 2 700 euros.
Voilà donc les «nouveaux pauvres». Mais quelle pauvreté ? La pauvreté avérée, d’ailleurs statistiquement définie (949 euros mensuels pour une personne seule, 1 362 euros pour une couple, etc.) ? Non, évidemment pas. Comme la majorité des Français, les Doublet souffrent bien davantage de leur vouloir d’achat que de leur pouvoir d’achat (une idée déjà développée en septembre 2006, Tribune Grande Conso n°33). Factuellement et sur une longue période, par exemple dix ans, le pouvoir d’achat a progressé. Oh !, certes, bien moins que dans les décennies passées. Mais faible progression n’a jamais valu regression. En fait, les Doublet sont victimes avant tout d’une pauvreté ressentie, sentiment qui naît, indépendamment du revenu, dès qu’un consommateur ne peut s’offrir l’objet de son désir. Dit autrement, l’écart croissant entre pouvoir d’achat et vouloir d’achat génère frustration et sentiment d’appauvrissement. Les Doublet n’ont rien découvert d’autre que la société de la frustration, logique avatar de la société de la consommation dès lors que l’offre progresse plus rapidement que la ressource.
Olivier Dauvers
Pour téléchager Tribune Grande Conso en haute-déf, c’est là




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