Le , par
Carrefour renonce aux bénéfices…

CarrefourCarotteBon, je sais, le titre est un peu abrupt (surtout pour Bernard Arnault et Colonny Capital !). Mais pas complètement faux quand même. Depuis lundi dernier, en magasin (voir photo, c’était samedi), Carrefour assure renoncer aux bénéfices sur cinq fruits et légumes différents chaque semaine. Ce matin, une campagne de publicité dans la PQR lance officiellement un engagement destiné à durer jusqu’à fin août. Voilà donc la première réaction à la réunion élyséenne du 17 mai. Nicolas Sarkozy avait alors demandé des efforts en matière de marge aux enseignes, faute de quoi il décrèterait une nouvelle taxe (j’avoue ne jamais avoir compris le lien de cause à effet, mais c’est sans doute là ce relan de République monarchique qui nous poursuit !). Carrefour a donc dégainé le premier avec une subtile mécanique : le « prix sans bénéfice » qui correspond au prix d’achat TTC majoré des taxes, des coûts logistiques moyens de l’enseigne et des frais de personnels. En version simplifiée, Carrefour ampute sa marge nette sans sacrifier sa marge brute, ce qui aurait alors constitué un « prix coûtant ». L’idée est doublement louable… D’abord parce que l’enseigne reprend l’initiative précisément sur le terrain sur lequel, comme ses concurrents, elle est régulièrement attaquée. Ensuite, parce qu’indirectement elle met les syndicalistes agricoles face à leurs approximations, eux qui mélangent allègrement marge brute et marge nette, aux seules fins de la démonstration. Reste néanmoins un écueil : la suspicion qui pèsera par principe sur un mode de calcul où Carrefour affecte des coûts dont il a, seul, la maîtrise. Et si Carrefour proposait à Jean-Michel Lemetayer, le patron de la FNSEA, d’y mettre son nez ? Voilà qui aurait de la gueule, non ?