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Carrefour Thaïlande : de la relativité d'un prix

J’imagine que ça ne vous a pas échappé : Carrefour se désengage de Thaïlande et c’est Casino qui en profite. Sa filiale Big C (dont je vous ai parlé à plusieurs reprises la semaine dernière, voyage en Thaïlande oblige) rachète donc 42 magasins, dont 34 hypers, pour un chiffre d’affaires d’environ 730 millions d’euros. Un vrai bon coup pour Casino, déjà en position favorable dans ce pays et qui, par cette opération, vient disputer le leadership local à Tesco. Une telle perspective n’avait pas échappé au vendeur qui savait l’acheteur bigrement intéressé ! Et qui justifie donc un prix que, dans sa communication officielle, Carrefour fait tout pour présenter comme élevé. Quitte qui se retirer d’un pays, autant le faire au prix fort. Et le faire savoir ! Résultat : dans une seule et même phrase qui “barre” son communiqué, Carrefour annonce à la fois la cession de ses activités, le montant de la transaction (868 millions d’euros) et la bonne manière d’apprécier la somme : “des multiples de 120 % du chiffre d’affaires et de 13 fois l’EBITDA”. En clair, il faut comprendre que le vendeur fait une excellente affaire. Casino, lui, a bien payé la même somme, mais n’a pas la même façon de l’apprécier : 8,6 fois l’EBITDA estimé pour 2010. Sous-entendu : pas si élevé que ça pour se placer en co-leader du commerce thaïlandais ! Ah, la relativité…

PS : pour les plus curieux, vous pouvez lire le communiqué de Carrefour ici, et celui de Casino là ! Vous y découvrirez aussi la relativité du chiffre d’affaires… Carrefour Thaïlande génère 723 millions d’euros de CA (en cumul annuel à fin juin) selon Carrefour, mais 734 millions selon Casino (en estimé à fin décembre). Objectif : minimiser le CA pour l’un pour augmenter les ratios de vente pour l’un, l’inverse pour l’autre.