Le , par
De l’AG de la filière viande au fédéralisme européen

Ce matin, à Paris, j’animais l’AG du SNIV-SNCP. Pour faire simple le syndicat des entreprises de la viande (bœuf, porc, etc.). Et une belle tribune avec, entre autres, Jean-Paul Bigard (l’hôte de ces lieux et patron du groupe éponyme), Jean-René Buisson (le président de l’ANIA, l’association des industriels agro-alimentaires), Michel-Edouard Leclerc et Jacques Attali. Lequel, sans surprise, a fait… du Jacques Attali, c’est-à-dire de la prospective un peu « provoc », toujours passionnante à écouter pour challenger ses propres idées. Pour lui, le potentiel de croissance économique est là. Il identifie les 4 facteurs très positifs qui l’alimentent (le potentiel) : 1) l’effet démographique qui engendre toujours plus de consommateurs à la surface de la Terre ; 2) la disponibilité de l’argent (« c’est pas l’argent qui manque ») ; 3) le progrès technique ; 4) et, enfin, un esprit de liberté qui souffle sur la planète. Mais voilà, à ce potentiel de croissance de 6 % par an selon lui (autant dire pas loin de l’eldorado), répond la crise de l’endettement. Endettement privé d’abord, endettement public désormais. On est loin de la grande conso (encore que…, la santé de l’économie influant directement sur la demande des consommateurs), on est loin de la grande conso disais-je, mais j’avoue avoir été convaincu par le plaidoyer pro-fédéralisme de Jacques Attali. Sa démonstration est simple. Je la raccourcie, mais l’idée est là : historiquement le marché commun européen n’aurait pas pu tenir durablement sans la mise en place d’une monnaie commune. Laquelle monnaie ne peut durer sans une politique économique nettement plus unifiée qu’elle ne l’est actuellement. Comment y parvenir ? Par la mise en place d’une bonne dose de fédéralisme à l’échelle de l’Europe. Dit de manière très directe : que la France soit aux Etats-Unis d’Europe ce que la Californie ou l’Alabama sont aux Etats-Unis d’Amérique ? Si c’est le chemin du bonheur des peuples, pourquoi pas… Mais va quand même falloir leur vendre !