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Producteurs d'œufs : qu'ils arrêtent de livrer !

oeufsHier, à Nantes, c’était manifestation des producteurs d’œufs dans les rayons du Leclerc Atlantis. Retenu à Prague pour la convention annuelle d’une enseigne non-al, j’ai suivi l’événement à distance parce que j’ai toujours eu (et j’ai toujours) une tendresse particulière pour les producteurs d’oeufs : c’est sur ce marché, en 1990, que j’ai commencé ma carrière journalistique. Donc, je les aime bien. Mais, aujourd’hui, j’ai plutôt envie de les châtier pour approximation intellectuelle dans leurs revendications. Visiblement bien conseillés dans leur comm’, les producteurs ont matraqué 2 messages. D’abord, le niveau de marge. Ca frappe toujours ! Donc les GMS vendent pour 800 millions d’euros d’œufs et gagnent 30 % de marge brute. Soit 240 millions d’euros. Enorme, évidemment. Surtout quand on mélange –  volontairement ? – marge brute et marge nette. Ensuite, autre approximation : le prix moyen de l’oeuf vendu en GMS. 19 centimes, affirment les producteurs qui le comparent immédiatement aux 6 centimes reçus par le producteur. Vu comme ça, évidemment, c’est honteux. Scandaleux même. Mais voilà, 19 centimes n’est pas le prix moyen de l’œuf vendu en GMS, tous conditionnements confondus. Impossible. C’est plus probablement le prix moyen pour les petits conditionnements x6 et x12. Et c’est pourtant sur ce chiffre que se base la démonstration. D’où l’approximation intellectuelle que j’évoquais plus haut… Alors un conseil aux producteurs d’oeufs : s’ils estiment être insuffisamment rémunérés pour leur travail (ce que je suis prêt à admettre), qu’ils cessent de livrer leurs clients. Après tout, le commerce est par principe un rapport de force entre acheteur et vendeur. Utopie ? Que nenni. Il y a 3 ans, c’est ainsi que les GMS avaient été contraintes de relever leurs prix d’achat sur le lait UHT, le beurre et la crème. Simplement parce que les industriels avaient coupé le robinet. Voilà qui sera toujours plus efficace qu’une énième manifestation. A la seule condition, évidemment, que les vendeurs d’œufs soient organisés et non atomisés. Faute de quoi se trouvera toujours un franc-tireur pour livrer en douce.