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Le melon à trois euros, l'image-prix et le pouvoir d'achat

MelonCRFCourses familiales ce samedi. Cette fois-ci, c’est Carrefour. Au rayon fruits et légumes, conversation entre deux jeunes femmes. Curieux je suis, curieux je reste et curieux j’assume. Alors, j’écoute tranquillement. Le sujet ? Le prix du melon. “3 euros le melon, tu crois pas qu’ils exagèrent un peu…, manque de s’étouffer l’une. Et puis t’as vu la taille ?“. Pour être précis : 2,99 € pour des melons d’environ de 600 g au mieux. 5 €/kg. Au rayon boucherie, même les côtes de porc sont moins chères. La conversation se poursuit : “Moi, pas question de mettre 3 euros dans un melon, j’ai pas les moyens“. Relance : “On a plus les moyens de rien maintenant, même pas de se payer un melon. Et après ils veulent nous faire croire que le pouvoir d’achat a augmenté“. Tout est résumé, là. A 3 euros, le melon du Sénégal (en mars, faut pas rêver avec du melon de Cavaillon) est peut-être à son prix. C’est loin Dakar ! Et absurde aussi d’aller y chercher un fruit qui pousse parfaitement sous nos latitudes, mais plus tard dans la saison.C’est également pas loin d’être absurde en image-prix. Théatraliser ce qui sera perçu comme peu compétitif par certains clients n’enrichira pas l’image-prix, bien au contraire… Enfin, voilà qui illustre aussi bien le rôle de l’offre dans la perception du pouvoir d’achat. Plus l’offre s’enrichit (en général vers le haut de la fourchette des prix) moins elle en paraît accessible. Et ce, à “pouvoir d’achat réel” égal.