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LIVE REPORT : L’assemblée générale de Carrefour

18 juin. La date était notée de longue date dans mon agenda. Assemblée générale de Carrefour. La première du nouveau boss, Georges Plassat. Celle qui devait matérialiser la passation officielle de pouvoir. Mais les vacheries de Georges Plassat ces dernières semaines ont visiblement convaincu Lars Olofsson de s’épargner l’humiliation d’une AG ! GP sera donc seul à la manœuvre.

9h20. Ca y est me voilà installé. Pour m’assurer d’une place (les relations de Carrefour avec la presse ont dans le passé été tellement tumultueuses qu’il vaut mieux se prémunir !), j’ai royalement investi 14 euros pour acheter une action. Au fil des ans, le “spectacle” de l’AG est devenu de moins en moins cher. Finalement, 14 euros, c’est pas beaucoup plus onéreux qu’une place de cinéma sur les Champs Elysées. Avantage ici : même très préparé, le scénario n’est pas complètement écrit à l’avance. D’ailleurs, comme pour mettre un peu de suspens, quelques drapeaux CGT flottaient tout à l’heure dans la cour du Louvre (l’AG se déroule en sous-sol). Dans un magasin parisien au moins (Demours), des salariés sont en grève ce matin et prévoyaient de s’inviter à l’AG.

9h27. Le “carré VIP” (on dirait “pelouse or” au Stade de France) se remplit peu à peu. Arrivée de Nicolas Bazire (qui représente Bernard Arnault) et Sébastien Bazin qui sont en fait les deux plus importants actionnaires. La vraie vedette du jour, Georges Plassat, se fait attendre.

9h35. Les VIP prennent place ! Ca sent l’arrivée de la vedette…

9h36. On éteint les feux. Musique, vidéo et direction la Chine pour quelques belles images de clients heureux de faire leurs courses chez Carrefour. Allées bondées et Chinois qui se précipitent sur les bonnes affaires de Carrefour. Emouvant ;-)

IMG_28599h38. C’est parti pour l’AG de Carrefour. 8 minutes de retard. Impensable chez Casino. Mais là n’est pas l’essentiel. Lecture rébarbative des formalités par Georges Plassat : quorum, scrutateurs, mise à disposition des documents officiels, subdélégation de compétences, rappel des modalités de l’acquisition de Guyenne et Gascogne, etc. On en est déjà à 5 mn de lecture et GP n’a quasiment levé les yeux de sa feuille. C’est peu dire que la salle n’est guère passionnée. Pas davantage que l’orateur d’ailleurs.

9h48. A deux sièges, un actionnaire d’un âge certain, les deux mains sur sa canne, les yeux fermés.

9h49. C’est enfin(vraiment) parti. Rappel des faits marquants de l’année 2011 au pupitre par Pierre-Jean Sivignon, le DAF. Une manière sans doute pour Georges Plassat de marquer sa distance avec le précédent management. Les éléments de langage sont sans surprise : “Année contrastée” ; “Environnement difficile” ; “Nombreuses initiatives commerciales et stratégiques”. Rappel des grands chiffres. Chiffre d’affaires en faible hausse de 0,9 % à 81,3 milliards d’euros (mais en baisse de 0,6 % à magasin comparable hors essence) et résultat net part du groupe en baisse de 14,3 %.

9h56. Un chiffre frappant. Les frais généraux ont augmenté de 3,3 % l’an dernier. C’est notablement plus que la hausse des ventes.

9h58. Focus par zone. D’abord la France. Le résultat opérationnel courant (ROC) baisse de 32 %. “Surtout affecté par les hypers”. A vrai dire, on s’en doutait. Le résultat des supermarchés, de la proximité et des services financiers résiste bien voire progresse, assure le DAF. Tout est dans le “voire progresse” ! On est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Pour le reste, l’Europe est à l’image de la France, l’Amérique du Sud se porte bien tandis que le ROC de l’Asie baisse de 10 %.

10h01 Long développement sur les services financiers. L’occasion était trop belle ! Tous les indicateurs sont au vert. Visuellement, voilà même  les premiers slides où tout progresse : + 3 % pour le nombre de cartes de paiement, + 2,1 % pour l’encours de crédit, + 9,7 % pour les primes d’assurance, + 8,3 % pour le produit net bancaire, + 15,4 % pour le ROC. Dingue ça. 5 indicateurs tous positifs. Ca me rappelle les AG des grandes heures de l’enseigne ;-)

10h05 Pendant ce temps, seul à la tribune dans l’ombre (seul le pupitre est éclairé), Georges Plassat a la tête posée sur ses deux mains jointes. Immobile.

10h08. Les tableaux de chiffres défilent. Là c’est la dette qui baisse. 8 milliards d’euros en 2010, 7 milliards en 2011. C’est jamais une mauvaise nouvelle.

10h10 Les objectifs 2012 en matière de gestion financière à présent. “Gestion disciplinée des coûts et du cash”. Ca, ça veut tout et rien dire. En revanche, la baisse des stocks de 2 jours, ça me parle davantage. Ce n’est certes qu’un objectif, mais c’est très ambitieux.

10h12. Fin de la séquence financière avec un rappel du chiffre d’affaires au T1 2012 : + 1,5 %. “Avec un effet calendaire positif de 2 %”, précise le DAF. Je vous laisse faire le calcul de la différence.

10h15. Georges Plassat se lève. “je voudrai marquer avec une certaine gravité tout le plaisir que j’ai à être avec vous aujourd’hui”. Je ne sais comment le comprendre ! Un salut à la soixantaine de dirigeants du groupe qu’il dit avoir “vivement invités” à venir. Tout est dans le vivement !!!

10h17. Retour sur le passé de Carrefour. “J’ai pris soin de rencontrer quelques personnes qui ont connu Carrefour il y a longtemps”. Et le voilà parti dans le rappel de ce qu’était Carrefour et l’hypermarché de 1963 à 1985. Parfait pour faire vibrer la corde sensible des actionnaires un peu âgés pour lesquels “c’était mieux avant”…

10h21. Retour sur le rapprochement avec Promodès. “Opération extrêmement séduisante mais qui se fait à un moment extrêmement difficile pour les deux entreprises”. Puis “on a voulu gérer la fusion en soft-landing au niveau des hommes”. Suis pas bien sûr que mon voisin à deux sièges ait vraiment compris ce qu’est le soft-landing. Moi-même…

10h24. Même s’il s’en défend (“ce n’est pas un jugement”), c’est un sérieux réquisitoire qui, par touche, se dessine. Là, c’est le turnover des cadres dirigeants. 2 ans en moyenne de durée pour les patrons de pays. Et, au-delà, c’est la manière dont tout s’opère…  “Ceux qui arrive dans les pays se croient obligés de revisiter la politique de leurs prédécesseurs”. La conséquence, estime-t-il, c’est que “le groupe devient de plus en plus impersonnel. “Il”, “On”, il n’y a plus de responsables”.

10h27. La convergence à présent. Illustration, selon lui, des errences de Carrefour, de la standardisation, de la normalisation. “Certains résistent, ils ne sont plus là. Certains ne résistent pas, ils sont toujours là mais sont encore plus tordus qu’avant”. La salle applaudit. L’homme est chaud, ça se sent.

10h31 “Je vois Mr Bazin qui regarde ses chaussures : jusqu’où va-t-il aller ?, se demande-t-il”. Le numéro est au point pour se mettre le plus grand nombre d’actionnaires dans la poche (pas forcément ceux qui pèseront le plus au moment du vote). Je regrette pas mes 14 euros. Du grand spectacle. Aux chefs de produits de la centrale d’en prendre pour leur grade à présent. “Si on ne les arrête pas, ils n’arrêteraient pas de produire des produits Carrefour”. Sous-entendu : il n’y aurait plus que ça dans les rayons.

10h34. Une pensée. GP fait le plus facile : tâcler et mettre les rieurs de son côté. Le plus dur est devant. Et maintenant…, que faut-il faire ?

10h36. Quelques pistes mais encore un peu générales. “Séparer la gestion des formats”, “réduire les frais généraux et les coûts de siège”, “redonner du pouvoir aux magasins”, etc.

10h38 “Comment on va faire cette synthèse ?, il faut qu’on y travaille”. Ca prédit peu d’annonces pour aujourd’hui.

10h40. Couplet aux actionnaires. “La distribution est un métier de long terme”. En clair : donnez moi du temps ! D’ailleurs, plus loin : “Ne nous faisons pas d’illusion, nous aurons du vent de face”.

10h43. La convergence reprend un coup dans l’aile.  “Si nous sommes trop gros, à tous les coins de rue, etc., nous disparaîtrons […]. Les jeunes ne veulent plus voir la puissance affichée.”.

10h44. Fin du solo de Georges Plassat. Très longs applaudissements. L’objectif de “prendre la salle” a été atteint. “Décoiffant”, lance un voisin. Une remarque néanmoins : les actionnaires qui applaudissent n’ont encore rien appris sur la meilleure manière de sortir Carrefour de l’ornière. Mais ils sont visiblement contents d’avoir entendu… ce qu’ils voulaient entendre.

10h48. Rapport des commissaires aux comptes. On apprend que René Brillet (cadre historique de l’enseigne) a mené en 2011 une mission sur la situation en France et qu’il a refusé la rémunération prévue. Légers applaudissements. On en sait plus aussi sur les conditions de départ de Lars Olofsson. “Aucune indemnité”, assure le commissaire aux comptes. Mais l’engagement de non-concurrence vaut à Lars Olofsson 1,5 million d’euros. Sifflets. Un actionnaire derrière moi marque son désaccord avec les sifflets : “C’est normal” dit-il. C’est vrai, c’est “normal” ou plutôt légitime. Mais les sifflets de la salle ne contestent pas la “normalité” mais la “moralité”. Surtout que Lars Olofsson est officiellement parti pour “faire valoir ses droits à la retraite”. Donc lui faire un chèque de 1,5 million d’euro pour ne pas aller travailler ailleurs, c’est cocasse pour un jeune retraité, non ?

10h56 Les questions démarrent. D’abord, les questions écrites. En vedette à présent, Lars Olofsson, son bilan, sa retraite chapeau, etc. Je vous passe les détails mais ses oreilles doivent sérieusement siffler. Il a bien fait de s’abstenir de venir ;-) Plus sérieusement, re-justification du million et demi d’euros. En gros, LO en savait beaucoup sur le groupe et il était utile de le “neutraliser”. Evidemment, Carrefour contestera cette vision mais c’est bien ce que j’ai compris entre les lignes. “Pour ce qu’il savait du métier et pour les visions qu’il avait, ça fait quand même cher” souffle un autre voisin, un brin agacé.

11h03. Questions de la salle. Les hôtesses et les micros débarquent. Première question : “Dans la perspective de redresser ce groupe, vous ne nous avez donné aucune indication, notamment sur la durée…” Question à la fois logique et légitime. Preuve que le show Plassat était certes brillant mais quand même insuffisant. Réponse de GP. “On ne fait rien de bien à moins de 3 ans. C’est d’ailleurs la durée de mon mandat. Il faut relancer la machine avec prudence. Car l’accélération trop rapide peut casser les courroies”. Plus loin, revenant sur les moyens à mettre en œuvre, il ré-évoque les frais généraux : “On ne peut pas être compétitif avec les indépendants en ayant des structures d’empire”. Pas faux…

11h11. Des bruits au loin, hors de la salle. Des manifestants ? Sans doute.

11h13. Retour sur les budgets de publicité qui ont visiblement étonné Georges Plassat. 500 millions pour la France. En guise de boutade, il lance que si Carrefour fait bien le métier l’enseigne n’aura pas besoin de publicité.

11h16. Question d’un représentant des salariés pour regretter notamment l’absence de celui qui est, selon lui, le premier responsable : Bernard Arnault. La question s’éternise en remarques diverses. La salle grogne. “C’est quoi la question nom de Dieu”, s’époumonne un actionnaire à l’autre bout de la salle. En fait, la question n’est que le prétexte à prise de parole publique. Peut-être pour justifier d’un rôle… Ca continue. Bronca.

11h20 Georges Plassat : “Il y a une ambiance de marché ici !”. Drôle. Encore une fois, c’est réussi.

11h23. Sur Lars Olofsson et pour la dernière fois espère GP : “Il a probablement sous estimé que la distribution est un métier qui a des composantes militaires”. Puis loin, tranchant : “Oublions le aujourd’hui”. Bruissement glacial dans la salle.

11h24 Question sur l’emploi. Réponse à la Plassat, c’est-à-dire directe : “Tout le monde sait que le groupe est trop lourd en amont de ses magasins”. Ca va chauffer au siège !

11h32 Question d’une “professeur de gouvernance” (rigolez pas, c’est ainsi qu’elle s’est présentée). “Connaissez-vous les intentions des actionnaires principaux ?”. Elle professe peut-être la gouvernance mais elle est perfectible côté naïveté… Réponse (sans surprise donc) de GP : “Les actionnaires sont insondables et c’est bien ainsi”.

11h37. En réponse à une intervention, Georges Plassat tend un gros livret. “Le nouveau testament de Carrefour, annonce-t-il. La bible”. Mazette ! En fait un résumé de la stratégie de Carrefour en… 1980. Un collaborateur qui lui a déniché, dit-il. “Il y a tout la-dedans”. Ouvrant une page au hasard, il lit : “il faut décentraliser”. Il enchaîne : “Pas besoin d’être un intello pour comprendre ni de tout revisiter. Il y a tout là. Sur les hommes, sur les actifs, sur les marchandises, sur les employés, sur les clients. Il n’y a aucun mot inaccessible à un enfant du primaire. C’est pour ça que je suis arrivé à le lire moi-même”. Evidemment, ça marche encore ! Rires.

11h44. Question centrale sur l’hyper. “L’hyper est-il mort” reformule Georges Plassat. Longue sortie qui apporte en fait peu de concret. “Aucun format n’a jamais disparu”, est en gros le résumé de sa pensée. Peut-être. Sauf que les grands magasins – omnipotents il y a un siècle – sont désormais tout à fait marginaux dans le paysage commercial. Donc, oui, aucun format n’a disparu. Mais aucun n’a conservé sa position dans le temps.

12h02. Les questions sont toujours inégales. Là, un actionnaire nous détaille le poids des crackers Belin et Carrefour, puis la pertinence des promos et de la carte de fidélité. Question en réalité sans grand intérêt. Mais la réponse fait trébucher Georges Plassat sur les avantages réels de la carte de fidélité comme le politique qui ignore le prix du ticket de métro. Le client n’aura pas sa réponse.

12h08. Coup de chance, ma question est retenue. En fait ma double question. “Faut-il comprendre que la convergence est condamnée ?” Puis “Est-il pertinent de sous-traiter son e-commerce non-alimentaire à un l’un de ses concurrents, en l’occurence Pixmania ?” Sur Pixmania. “Il y a un contrat. Il faut laisser cheminer”. Ca prouve pas un grand enthousiasme ! En revanche sur la convergence, la réponse est tranchée et nul doute qu’elle fera causer… “Si vous me demandez Monsieur Dauvers s’il faut sortir de la convergence, je le pense et je le souhaite”. C’est clair. Plus loin : “Ca se fera pas en 2 mn mais j’ai quelques idées dans ma besace, que je ne vous donnerai pas ici et surtout pas à vous”. Pour tout vous dire, suis heureux de retrouver Georges Plassat. On s’est longtemps challengé publiquement du temps de Casino. Et c’est un bonheur très égoïste que de reprendre le fil là où nous l’avions laissé il y a 15 ans.

12h14 Relance d’un actionnaire se plaignant que Georges Plassat n’ait pas répondu spécifiquement sur l’avenir de Planet dans une question précédente. Là, il aura sa réponse. Made in Plassat. “Si je n’y ai pas répondu c’est qu’il n’y avait pas d’autres réponses que le silence.” Ca, c’est dit.

IMG_286112h19 Un moment fort. Question d’Eric Knight, à la tête de 12 millions d’actions. C’est pas rien. Et rare qu’un actionnaire aussi important prenne la parole en AG même si Eric Knight est, lui, habitué aux prises de parole publiques, surtout pour mettre de la pression sur le management des entreprises. Là, sa question-réflexion est intéressante. Il rebondit sur les propos plusieurs fois répétés par GP sur le besoin de désendetter le groupe qui laissaient à imaginer une cession des activités dans certains pays. Sa proposition ? Regrouper toutes les activités hors France dans une entité Carrefour International qui serait mise en bourse pour lever du cash, sans en perdre le contrôle. Ce qui éviterait que Carrefour n’abandonne des positions dans des pays émergents. Georges Plassat assume de ne pas répondre tout en prenant bonne note. Difficile de faire autrement devant 12 millions d’actions.

12h34 Encore et toujours des questions alors que quelques actionnaires réclament de passer au vote. Sans doute l’heure qui tourne qui les inquiète. Feignant de ne pas les entendre, Georges Plassat continue à distribuer la parole. Là-aussi, sans doute une volonté de casser les codes très convenus des AG habituelles. Et là-dessus, aucun doute c’est déjà gagné pour Georges Plassat.

12h40. Nouvelle question sur la part des technocrates qui ont au fil des ans remplacé les commerçants. Trop facile pour Georges Plassat. “Le problème, c’est pas les technocrates, c’est leur densité”. Re-rires !

12h45. Fin des questions. Le pur-sang Plassat sent l’écurie et s’enflamme : “Je suis heureux de ce moment qui s’est finalement bien passé. […] On a besoin de fédérer la bienveillance de tous autour de cette belle affaire. […]. Nous ne savons pas si nous serons brillants mais nous ferons tout pour l’être […]. J’espère pouvoir vous dire à l’année prochaine, en ce qui me concerne”. Clap de fin. Georges Plassat en a oublié le vote des résolutions. Son DAF doit lui rappeler. “J’étais déjà parti” avoue-t-il rieur.

13h02. Surprise. Les quinzièmes résolutions sur l’attribution d’options et d’actions sont rejetées. Rare. Très rare. Les premiers rangs sont sous le choc. A la tribune, Georges Plassat interpelle le secrétaire de l’AG. “C’est bien ça mon vieux ?”. Eh ouais, les actionnaires se sont révoltés. Pas question de distribuer trop généreusement des actions. Encore que vu leur prix…

 

13h04
C’est terminé.
13h15
Par tradition, les minutes qui suivent sont l’occasion de quelques poignées de main. Un administrateur du groupe qui ne connaît pas encore bien Georges Plassat l’a trouvé dur dans sa réponse à mes questions. «Pas du tout, dois-je le rassurer. Nous avons une belle expérience de nous rudoyer mutuellement».  Plus loin, d’ailleurs, voilà Georges Plassat. «Salut mon vieux, content de vous retrouver». Et sur quoi croyez-vous qu’il embraye ? La bienveillance qu’il souhaite pour Carrefour. En fait, faute d’avoir appris quoi que ce soit en matière de nouvelle stratégie à venir, j’ai compris le grand dessein du nouveau boss : faire aimer Carrefour. Ne serait-ce que pour redonner la fierté d’appartenance à ceux qui y travaillent. Le show Plassat du matin en avait donc l’objectif. Là-dessus, aucun doute. Aux yeux des actionnaires, ce matin, le latin Plassat a supplanté le Scandinave Olofsson. Mais l’an prochain, ils attendront plus qu’un show. Des résultats.

13h04. C’est terminé.

13h15. Par tradition, les minutes qui suivent sont l’occasion de quelques poignées de main. Un administrateur du groupe qui ne connaît visiblement pas encore bien Georges Plassat l’a trouvé dur dans sa réponse à mes questions. «Pas du tout, dois-je le rassurer. Nous avons une belle expérience de nous rudoyer mutuellement».  Plus loin, d’ailleurs, voilà Georges Plassat. «Salut mon vieux, content de vous retrouver». Et sur quoi croyez-vous qu’il embraye ? La bienveillance qu’il souhaite pour Carrefour. En fait, faute d’avoir appris quoi que ce soit en matière de nouvelle stratégie à venir, j’ai compris le grand dessein du nouveau boss : faire aimer Carrefour. Ne serait-ce que pour redonner la fierté d’appartenance à ceux qui y travaillent. Le show Plassat du matin en avait donc l’objectif. Là-dessus, aucun doute. Aux yeux des actionnaires, ce matin, le latin Plassat a supplanté le Scandinave Olofsson. Mais l’an prochain, ils attendront plus qu’un show. Des résultats.