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Plassat : y aurait-il du Naouri dans cet homme là ?

CarrefourColombieAprès deux jours de rumeurs, voilà qui est donc fait. Carrefour quitte la Colombie. Ses 72 hypers (en photo un point de vente à Bogota) ainsi qu’une poignée de magasins de proximité et cash&carry passent dans le giron du Chilien Cencosud. Valorisation retenue : 2 milliards d’euros. Autant l’avouer, je ne connais pas réellement Cencosud (va falloir que je négocie avec mon boss un voyage au Chili !). Je m’en remets donc au commentaire élogieux de Carrefour : « Cencosud est un acteur de référence en Amérique du Sud avec qui Carrefour partage les mêmes valeurs ». Comprendre : Cencosud a l’immense mérite de ne pas être Wal-Mart, à l’affût lui-aussi ce dossier !

Au-delà, Georges Plassat passe donc à la phase élagage de Carrefour. Avec un road-book désormais non seulement établi mais écrit. Et comme ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, une simple phrase suffit : « Conformément à sa nouvelle stratégie, Carrefour se recentre sur les zones et les pays dans lesquels il détient ou souhaite développer une position de leader ». On m’objectera une adoration béate (rassurez-vous j’ai quand même passé l’âge) mais le premier dans le retail à avoir compris que le nombre de drapeaux plantés importait peu comparé à la position sur chacun des marchés n’est autre que… Jean-Charles Naouri, l’ancien patron de Georges Plassat. Une comparaison des rentabilités des deux groupes sur 10 ans et la contribution respective de l’international suffit à démontrer la pertinence de cette stratégie. D’ailleurs, côté stratégie, souvenir d’un déjeuner récent avec l’un des grands acteurs du commerce. A la question de savoir si Georges Plassat était l’homme de la situation pour Carrefour, réponse en substance : « Le problème n’est jamais uniquement l’homme mais d’abord sa stratégie. Que Georges Plassat soit un grand manager c’est une chose certaine. Reste désormais définir la stratégie et à la suivre ». Voilà qui semble fait.