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2013 : pourquoi Leclerc joue prudent…

MEL 2012Ce matin à Paris, Michel-Edouard Leclerc présentait les résultats 2012 de son enseigne : des ventes globales de 43,7 milliards d’euros en hausse de 7,5 % (+ 7 % hors carburant), un chiffre d’affaires drive qui a plus que doublé à 931 M€ et une part de marché à l’avenant (18,4 % en moyenne annuelle, soit + 0,7 pt). Autant dire qu’à l’image de Système U et d’Intermarché tout va bien pour Leclerc ! Et nouveau sacre pour le modèle indépendants (dont la vertu est de rapprocher le centre de décision du lieu d’exécution, ceci expliquant évidemment cela).

MEL s’est aussi livré au jeu des prévisions pour 2013. Et, à en juger par les questions qui ont suivi, a déçu son auditoire… L’ambition de Leclerc l’an prochain : + 5 %. “Oui, c’est prudent“, a reconnu MEL. De fait, uniquement la croissance du drive et l’effet de parc (dans la lignée des 80 000 nouveaux mètres carrés en 2012) “assurent” environ 4 % de croissance selon mes calculs. Mais cette prudence s’explique. Il y a d’abord un effet conjoncture, a avertit MEL. Je partage ! La consommation ne tiendra pas cette année. Pas de crise à l’espagnole certes. Mais tassement plus que prévisible. Voilà plus d’un semestre que nous l’évoquons dans notre veille mensuelle VIGIE GRANDE CONSO. Mais il y a une seconde explication à la prudence de Leclerc, non avouée évidemment. C’est le réveil (qui se confirmerait) de Carrefour. MEL est trop lucide pour ignorer que dans la part de marché de Leclerc qui s’envole période après période il y a certes la performance de son enseigne mais également la sous-performance anormale de Carrefour. D’ailleurs les études de mixité de clientèle en attestent : plus de 40 % de la conquête de Leclerc se fait au détriment des enseignes Carrefour. Et si Carrefour devait donc confirmer en 2013 les frémissements esquissés fin 2012, la croissance de Leclerc en pâtirait (mécaniquement) pour revenir à un niveau  plus “normal”.