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Résultats Groupe Casino S1 : tout bon sauf… les enseignes Casino

j’ai quitté mon maillot de bain quelques heures pour le charme cosy du Pavillon Gabriel à Paris pour les résultats de Casino ! Et ce, sans même une larme, tant j’avais hâte d’entendre Jean-Charles Naouri sur les premiers résultats du repositionnement commercial des activités françaises… Pour faire court, dans les résultats du groupe Casino au S1 2013, tout est bon sauf… Casino (comprendre les hypers et les supers en France). Globalement, les ventes du groupe s’emballent : + 37 % à 23,4 milliards d’euros. Pour l’essentiel, c’est évidemment l’effet de modifications de périmètre (consolidation des activités brésiliennes sur l’ensemble du semestre et de Monoprix et de franchisés en France sur le T2). En France, c’est également le fait de Cdiscount. Les ventes du site progressent de 10,8 % (et même de 17 % en incluant les ventes de la market place). Ce qui permet à Casino d’être positif en non-al total en France. Pour le reste, c’est plus fâde. Les hypers et les supers sont encore très clairement négatifs. Une contre-performance que Jean-Charles Naouri, sans surprise, met sur le compte de la baisse des prix. Double lecture de ce bilan commercial. La première, négative : Casino ne parvient toujours pas à relancer commercialement ses activités “historiques”. La seconde, positive : les activités en croissance portent toutes la marque de la vision de JCN : acquisition de Cdiscount il y a 15 ans déjà et deals historiques (ficelés il y a fort longtemps également) avec Galeries Lafayette (pour Monoprix) et la famille Diniz (pour Pao de Acucar).

Côté résultats à présent. Là encore, Casino tire profit des effets de périmètre. Le résultat opérationnel courant (ROC) s’affiche à 969 M€, en forte hausse de 52 %. L’effet Pao de Acucar était attendu, car programmé. Celui de Monoprix, consolidé dès le T2 alors qu’il était attendu par plusieurs analystes de mes relations sur le T3, semble plus “opportuniste”. D’ailleurs, le temps passé à le justifier (avec des arguments entendables cela dit), laisse bien à penser que Casino craignait d’être suspecté d’avoir profité de la santé de Monoprix pour “habiller la mariée” française, peu désirable. Sans surprise, en effet, les activités Géant Casino/Supers Casino et Petit Casino sont en nette perte de rentabilité à 86 M€ de ROC vs 117 M€ sur le S1 2012. Dans le même temps, la contribution de Monoprix a progressé : de 64 M€ à 100 M€. Si vous me suivez, vous devez mieux comprendre l’intérêt de consolider Monoprix le plus tôt possible ! D’ailleurs, symboliquement, la seule activité Monoprix est désormais plus rentable que tous les hypers, tous les supers et tous les supérettes Casino. C’est pas neutre.

Voilà pour les faits. Je reviens dans quelques minutes avec le jeu des questions / réponses avec Jean-Charles Naouri.