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Syndicalisme agricole : pan sur le bec !

VolailleLesEchosRevue de presse (en retard). Mais, après tout, quelques jours de plus ou de moins n’y changeront rien… Les Echos rapportent la part de marché de la volaille importée dans les rayons des grandes surfaces, dans les plats préparés de l’industrie et sur les tables de la restauration. Et le bilan est édifiant : 13 % de volaille étrangère en GMS, 68 % dans les plats préparés et… 87 % dans la restauration collective et commerciale. Autant dire que la restauration est un boulevard pour l’importation lorsque les hypers/supers sont, factuellement, un ilot de résistance.

Mais que vient faire le syndicalisme agricole dans le titre ce post me direz-vous… ? Tout ! Et j’assume ce réquisitoire que je dresse depuis des années sur le sujet. Voilà des lustres que, par facilité, les ténors agricoles posent fort mal le problème du mal-être des campagnes (et hypothèquent de fait toute perspective de bien y répondre). A les écouter, les hypers/supers ont tout les torts, à commencer par celui de jouer des différences dans les coûts entre pays pour inonder les rayons de produits importés. Ben, visiblement, c’est faux… Et dans une proportion qui ne souffre d’aucune contestation.

Voilà des années que quiconque suit ces sujets a posé le diagnostic (parce que si facile à poser). Partout où la matière première agricole n’est qu’un minerai à l’origine invisible (c’est le cas d’un plat préparé ou d’une assiette servie à table), la tentation de l’import est grande. Voire légitime tant les écarts de coûts sont importants. J’ai le souvenir précis de magasins envahis par des paysans en colère. Beaucoup moins de cantines scolaires ou de restaurants. A l’exception (lointaine) de Mc Donald’s, c’est vrai. Mais, là encore, à contre-courant de la vérité. “Mc Do” est sans aucun doute bien mieux disant sur le sujet des “appros” que la moyenne des restaurateurs. Encore une fois, la facilité conduit à désigner des responsables qui ne le sont que très partiellement. Car si les hypers/supers (ou Mc Do, parce que l’amalgame est souvent fait) n’ont évidemment pas que des qualités, ils n’ont pas tous les défauts qui leur sont affublés. C’est ce que ce papier des Echos rappelle indirectement…