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Auchan : nouvelle organisation pour nouveau départ ?

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAC’était ce matin à 9h… Quelque 300 cadres d’Auchan monde (le gratin de la crème) ont reçu une invitation mail pour une « visio » à 11h. Evidemment, j’étais pas dans la liste (chaque invité avait visiblement son mot de passe) mais quelques coups de fil m’ont permis d’en savoir plus. Sur la forme, tout d’abord : « à la Auchan ». En clair, pas d’impro… Même les questions à l’issue de la présentation semblaient grandement préparées. Genre : « En quoi cette organisation servira-t-elle nos clients, nos collaborateurs, nos actionnaires ? » D’ailleurs, selon ce qui m’a été rapporté, le compte-rendu des questions et des réponses a visiblement été disponible à une vitesse telle que ça ne laissait guère de doutes sur le niveau de préparation en amont. Après tout, pourquoi pas, il s’agissait quand même d’un exercice de comm’ interne.

Sur le fond, exit « Groupe Auchan » qui devient donc Auchan holding et s’organise autour de trois entités : Immochan (pour l’immobilier), Banque Accord (pour les services financiers) et Auchan Retail (pour la distribution). Chacune devra fonctionner en entreprises autonomes. D’ailleurs à la question « Quid de la vision groupe ? », Viannez Mulliez, président du conseil de surveillance d’Auchan Holding, a répondu en substance que chaque entreprise devra désormais définir sa propre vision. Objectif affiché (comme toujours en pareil cas) : plus d’agilité. 

La surprise, y compris en interne visiblement, est l’arrivée de Wilhelm Hubner à la tête d’Auchan Retail. Entré chez Auchan en 1987 comme chef de rayon, il va désormais piloter la plus grosse BU de toute la galaxie Mulliez. Présenté par certains comme un « poulain » de Gérard Mulliez, Wilhem Hubner aura deux défis : d’abord s’imposer comme le vrai patron du retail Auchan (y compris en ayant sous ses « ordres » Philippe Baroukh, lequel est désormais à la tête de l’Italie, alors qu’il avait précédemment la charge de l’activité hypers pour le monde, dont la Russie…) ; ensuite, relancer une machine qui est localement grippée. C’est le cas en France qui gagne un nouveau président : Patrick Espasa, en charge de l’Italie jusqu’à présent, auquel rapportera donc désormais Vincent Mignot. L’actuel DG n’est pas conforté, c’est un euphémisme ! Mais il n’est pas remercié non plus… Ce qui, en creux,  revient à reconnaître que les difficultés traversées par l’enseigne dans l’Hexagone (- 2,9 % au premier semestre) ne sont pas de la responsabilité d’un homme mais ont des causes plus profondes.