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La crise agricole vue des rayons (2)

VinF

Après le poulet hier, place au vin aujourd’hui. Et une nouvelle illustration du grand laisser-aller qui existe en matière d’identification des matières premières ce qui est, de mon point de vue, l’un des facteurs explicatifs aux crises agricoles qui secouent (trop) régulièrement les campagnes. Prenez ces flacons de vins aromatisés (au passage, l’un des marchés en forte croissance). Des vins aromatisés aux bons ingrédients de nos régions ;-) La cerise est de Montmorency, le melon des Charentes, le cassis de Bourgogne, la châtaigne d’Ardèche et l’abricot du Roussillon. D’où le nom de la gamme : “Cœur de Région”. Rien ne le garantit mais, vu du client, voilà un produit bien régional. Il n’en est rien. D’abord parce que l’aromatisation pèse pour si peu… 0,12 % pour la cerise de Montmorency par exemple. Ensuite, le vin, qui est logiquement le premier ingrédient, est d’origine non déterminée. Un coup de fil au service clients de la marque m’apprend qu’il est français et… espagnol (dans le ton, il est aisé de comprendre qu’il est majoritairement espagnol). Là encore, rien d’illégal. La PME en question, connue des professionnels pour son dynamisme côté innovations, est parfaitement dans le cadre. Mais c’est bien le cadre qui est trop lâche. En la circonstance, une proposition simple : que l’origine de l’ingrédient principal ne puisse pas être moins voyante que la provenance d’un autre ingrédient. Car, encore une fois, pour atteindre un comportement citoyen du consommateur, encore faut-il lui donner les moyens de l’être. La transparence est un préalable.