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LIVE REPORT : les résultats 2016 de Carrefour

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Direction ce matin Paris, Pavillon Gabriel, pour les résultats 2016 de Carrefour. Là même où Casino a présenté les siens mardi. Seule nuance (de taille, au sens premier du terme) : Carrefour occupe toujours la “grande” salle du rez-de-chaussée lorsque Casino se contente de “l’étage”, plus modeste. 

Sur le fond, les résultats sont déjà connus. Carrefour les révèle toujours “avant-bourse”, vers 7h30. En apparence, moyens. Tant l’EBITDA que le ROC sont en retrait. Mais “en ligne avec les attentes”, veut se consoler Carrefour. Un avis que, pour l’heure, la bourse ne partage pas. L’action dégringole de – 4 %. Pas brillant mais finalement mieux que Casino dont les résultats avant-hier ont été accueillis par un violent – 5 % ! Raison de plus pour écouter le patron…

9h35. Arrivée sur scène de Georges Plassat, accompagné des deux DG délégués, Pierre-Jean Sivignon et Jérôme Bédier. Presque à l’heure. C’est quasi un exploit pour une réunion Carrefour ! Moins sympa, le “mode d’emploi” de la réunion… GP précise que les journalistes pourront certes poser leurs questions mais après les analystes. En gros, quand ma voisine (c’est toujours la même) n’en aura plus (des questions), ça sera à moi. Traitement à deux vitesses en somme. Bon, d’un autre côté, j’ai pas à me plaindre avec GP… (comprenne qui pourra ! / au passage je salue son fils qui, visiblement, suit le LIVE REPORT depuis l’Asie). 

Résumé des résultats à présent. “Je les qualifie de solides. Pourquoi ? Parce que la croissance du chiffre d’affaires, qui est quand même l’essentiel pour un distributeur, est au rendez-vous pour la cinquième année consécutive. En outre, elle est supérieure à beaucoup d’autres !“. Tout va bien, GP est en forme… La première pique aux concurrents intervient à peine une minute après le début. Ca part aussi vite que Barça/PSG !  

9h42. Rapidement aussi arrive la nouvelle ambition de Carrefour, en tous les cas nouvellement formulée en externe. Carrefour veut devenir le “commerçant alimentaire de référence”. Après la préférence, la référence. 

9h48. Le couplet sur l’ambition de “commerçant alimentaire de référence” est un brin long. Tout y passe : les filières qualité, les MDD, les marques exclusives, l’engagement sans OGM, le soutien à la démarche “C’est qui le patron ?” et j’en passe. Manifestement, ça passionne pas les analystes tous ces sujets produits. Eux, leur truc, ce sont les chiffres. Pas les images. Encore moins le rappel historique sur Carrefour depuis 1963. 

9h50. Au passage, une formule dont je j’imagine pas un instant qu’elle n’est pas été ciselée au millimètre près. “Les grands hypers sont le socle culturel de l’entreprise“. Tout est dans le “culturel”. Chacun sait l’écart qu’il y a souvent entre la culture et l’économie. 

9h54. Sur la surface des hypers. “Certains choisissent de réduire la surface de leurs hypers […] Ce n’est pas notre choix“. 

9h56. Pour autant, le poids de l’hyper dans l’activité de Carrefour ne cesse de reculer (c’est toute la différence entre la culture et l’économie !). En 2012, les hypers pesaient 58 % des ventes totales du groupe. Puis 51 % l’an dernier. Et moins de 50 % anticipé pour 2019. En clair : Carrefour se veut toujours davantage un groupe multiformats. D’ailleurs, un chiffre bigrement intéressant : un client Carrefour qui fréquente plusieurs formats dépense 1,8 fois plus qu’un client hyper. 

10h00. GP est toujours seul au pupitre à faire l’article (et en le revendiquant d’ailleurs : “On vous vend un groupe dans sa globalité, davantage qu’une addition de branches” / tout est dans le “on vous vend” !). A la tribune, Pierre-Jean Sivignon et Jérôme Bédier font mine de s’intéresser. Logique. Aussi DG soient-ils, c’est le patron qui cause ;-) Une part du public n’a pas cette patience… Les smartphones sont de sortie. Là, faudrait un peu relancer l’attention. 

10h07.Nous préparons l’avenir. C’est ça la signification de mon message aujourd’hui“. Puis couplet sur les investissements. Pas question de lever le pied même si le “retour” n’est pas toujours visible. GP termine comme il a commencé : en évoquant sans le citer Casino qui, lui, est rentré dans une période de maîtrise drastique des investissements. Ce qui est un risque pour l’avenir, à comprendre GP. 

10h10. Enfin des chiffres pour l’avenir. Les oreilles se tendent ! Attente d’une croissance des ventes de 3 à 5 % par an sur plusieurs exercices. Pas un mot sur les résultats à venir. Forcément, les questions viendront. 

10h13Voilà ce que je peux vous dire sur Carrefour aujourd’hui. Je pourrais continuer, mais je serais trop long“. #lucidité 

10h14. Pierre-Jean Sivignon seul en scène. Des chiffres, des chiffres, des chiffres ! C’est marrant comme tous mes voisins lâchent leur smartphone. 

10h15. Donc CA à 76,6 milliards d’euros, en hausse de 2,7 %. Ebitda et ROC en baisse (mais l’évolution n’apparaît pas sur les slides, l’auto-flagelation a quand même ses limites !). 

10h18. En fait, si la rentabilité est en retrait, c’est la faute aux coûts d’exploitation : + 4,9 %. Donc au-dessus de l’évolution des ventes. Les coûts d’exploitation représentent désormais 18,7 %. Quant aux coûts d’actifs, ils pèsent pour 3,6 %. 

10h20. Les zones géographiques à présent. Et, en premier lieu, la France. Le CA atteint 35,9 milliards d’euros, le ROC 1 ,03 milliard. Mais pas d’évolution annoncée. Et pour cause… ça baisse ! A l’inverse, dans les autres pays d’Europe, le résultat atteint 712 M€ et, là, comme par magie, l’évolution est mise en exergue + 26 %. La présentation des résultats serait-elle un exercice de communication ? Non ;-) J’attends de voir la manière dont sera traitée la Chine…

10h22. L’Amérique latine. Tout baigne ! Les ventes progressent de 13,5 %. La marge ROC tutoie les 5 %. 

10h23. En Asie, baisse des ventes (– 5 %) et Carrefour perd de l’argent : 58 millions. La faute à la Chine ! “Nous y poursuivons le repositionnement de l’enseigne“. Comme c’est pudique… Mais comme il faut toujours positiver (on est chez Carrefour !), PJS a la bonne nouvelle : “Le T4 traduit une amélioration séquentielle de nos ventes“. En français de France : “Ça baisse toujours mais moins”. Donc c’est… mieux ! Ça, c’est incontestable.

10h33Comme vous l’avez vu, Carrefour s’affirme comme le commerçant alimentaire de référence“. Bon, j’ai pas bien vu ça dans la présentation du compte d’exploitation, mais je veux bien en accepter l’augure. Place aux questions/réponses. 

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10h35. GP : “Je passe la parole dans l’ordre que j’ai indiqué tout à l’heure“. Je confirme, c’est bien un analyste qui pose la première… On y parle de “trajectoire de marges“, de “l’effet de carry-over sur la France“, de “points de base“. Une question de financier pour un financier. Pierre-Jean Sivignon s’y colle. Ma question à ce stade : quand Jérôme Bédier va-t-il parler ??? GP a certes évoqué l’importance de la RSE dans son topo introductif, “l’homme RSE” de Carrefour, Jérôme Bédier donc, n’a encore rien dit. Et, à vrai dire, c’est pas les questions des analystes qui vont lui donner la parole… Bon, Jérôme, s’il faut se dévouer, j’en poserai une ! Vais pas te laisser comme ça ;-) 

10h44. Les questions se concentrent sans surprise sur la France. L’occasion pour GP de rappeler ses convictions en matière de politique commerciale. “On se sacrifiera plus notre politique prix au nom de la marge. En faisant ça, on travaille pour les actionnaires“. Sous-entendu : même s’ils ont parfois du mal à le comprendre… 

10h48. Ma voisine qui est donc analyste (et a droit au micro, elle !) : “En Chine, a-t-on atteint le point bas ?” Réponse de Pierre-Jean Sivignon : “On aura un résultat 2017 meilleur que 2016“. Si la précision n’est pas donnée, c’est probablement que la ligne de flottaison sera encore au-dessus. 

10h51. GP reprend la main. “Oui, la Chine a touché le fond“. On attend donc la vérification des théories d’Archimède à présent… 

10h53. Dans sa question, un analyste évoque une échéance à cinq ans. Boutade de GP. “A cinq ans ? Alors là, je vais passer la parole à la jeunesse“, dit-il en se tournant vers Pierre Jean Sivignon. D’ailleurs, étonnant, encore aucune question sur la succession, pourtant officiellement ouverte. 

10h58. Question bigrement intéressante. “Comment Carrefour pourra mesurer être vraiment le commerçant alimentaire de référence” ? Réponse de GP. “D’abord, il y a l’évolution du chiffre d’affaires qui est le juge de paix. Ensuite, il y a l’évaluation par le client lui-même. Nous sommes sans doute l’enseigne qui l’écoute le plus. Et puis, il ne manque pas d’observateurs, y compris dans le monde médiatique, pour donner leur point de vue sur ce que nous faisons !” Coup de coude de ma voisine dans les côtes : “C’est toi ça !“. Pas seul mais oui, je l’assume : dès lors que c’est argumenté, partager un avis, même contradictoire, est légitime ! 

11h05. Un analyste : “Je me dois de poser la question sur votre succession“. GP : “La succession, on en parle trop ! En fait, je n’ai rien à dire sur le sujet. Ca sera soit un recrutement interne, soit un recrutement externe. Je ne vois pas de troisième voie !“. Eclats de rires dans la salle. Puis d’affirmer quand même que sa préférence va à une solution interne. “J’ai toujours une préférence pour une solution interne“. Au moins c’est clair !

11h18. Ca y est, le micro est dispo pour les journalistes. Evidemment, je saute dessus ! Deux questions. L’une, cash, pour GP : “Les hypers, en France, ont-ils touché le fond ?“. L’autre – promise – pour Jérôme Bédier au nom de son expertise (ancien président de la FCD quand même) et de sa fonction chez Carrefour : “L’image de la distribution dans la société ne s’améliore pas vraiment. Craignez-vous que le changement de législature ne débouche sur une modification du cadre réglementaire ?”. Après quelques circonvolutions légitimes (#temps-de-parole), une position à défaut d’une réponse : “Les solutions législatives ne fonctionnent pas“. Puis la traditionnelle pique : “Les grands industriels ont des marges qui sont très élevées et bien supérieures à celles de la distribution“. Sur l’hyper à présent, la réponse de GP en substance : “Dans tous les formats, il y a des périodes de flux et de reflux“. Ma question était maritime, la réponse aussi. Mais c’est le seul point commun ! 

11h35. Après le point commun, le point final. Jérôme, ne me remercie pas… Sans ma question, t’étais “fanny” !