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Rallye/Casino : le scénario le plus fou (qu’il ne faut évidemment pas exclure)…

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C’est donc parti pour le jeu des scénarios dans le dossier Rallye/Casino. En théorie, la procédure de sauvegarde encadre assez formellement les voies de sortie. En pratique, en France, économie et politique sont si intimement liées qu’il est possible que le dossier passe sur le bureau d’un ministre avant tout jugement… et échappe à l’ordre naturel des choses ! Schématiquement, outre la cession totale et d’un bloc de Casino, il existe trois grands scénarios (déclinables à l’infini pour en proposer davantage en apparence). 

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Le scénario le plus favorable pour Jean-Charles Naouri serait évidemment d’obtenir un rééchelonnement de la dette sur 10 ans avec un moratoire sur les deux premières années, ce qui soulagerait Casino, moins contraint à une gestion de court terme. Scénario pas impossible mais peu probable. En effet, pourquoi les banques (qui ont évidemment acculé « JCN » à la sauvegarde) accepteraient-elles cette facilité sans contrepartie ? Et, d’ailleurs, croient-elles encore en la capacité de « JCN » de mener cette recovery à son terme ?

Le second scénario est toujours le plus attendu en la circonstance : les créanciers reprennent la main en convertissant tout ou partie de leurs créances en actions. Automatiquement, « JCN » perd le contrôle de Rallye et de Casino. Au mieux, il se contente d’un rôle d’actionnaire minoritaire (ou se désengage totalement). Rallye doit alors nommer un nouveau management à la tête de Casino. En interne : deux favoris se dégagent : Jean-Paul Mochet (patron de Franprix) et Régis Schultz (Monoprix). Avantage : ils connaissent la maison. Inconvénient : la nomination de l’un des deux bousculerait les équilibres internes. Plus sage serait alors la nomination d’un nouveau patron extérieur qui n’aurait alors aucun état d’âme pour ouvrir tous les placards. Classique. 

Le troisième scénario est plus improbable mais… ressemble à « JCN ». C’est le coup de poker. Pour sauver son contrôle sur Casino et aboutir sa vision de l’évolution du retail, il ne conserve de l’actuel groupe que la proximité urbaine et premium (Monoprix, Franprix, Naturalia) ainsi que Cdiscount, c’est-à-dire moins d’une dizaine de milliards d’euros de CA. Toutes les autres branches seraient donc cédées : le Brésil et la Colombie bien sûr mais également les activités provinciales en France (réseaux Géant et Supermarché Casino, à l’exception des sites ultra-urbains ou certains supermarchés pourraient devenir des Monoprix). Sur la base de la capitalisation actuelle des filiales cotées et de la valeur théorique des autres actifs, Casino pourrait retirer entre 4,5 et 5 milliards d’euros. Mais Rallye n’en empocherait que la moitié (eu égard aux 52 % d’actions qu’il détient). Sur le papier, insuffisant pour apurer totalement la dette mais suffisamment proche pour… discuter ! Surtout que, même s’il perd en puissance d’achat, le « nouveau » Casino présenterait un profil intéressant car présent sur deux marchés distincts : l’un en croissance (le e-commerce et le bio) ; l’autre très rentable (la proximité urbaine). Faudrait alors juste rebaptiser le groupe ! MONatDis par exemple ?

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