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Libre regard sur la Commission d’enquête parlementaire

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Depuis le 27 mars, et le vote actant la création de la Commission d’enquête parlementaire sur les pratiques de la grande distribution et leurs relations commerciales avec les fournisseurs, les députés ont mené 94 auditions. Toutes n’ont pas été publiques mais plus d’une centaine d’heures de débats sont disponibles pour qui prend la peine de s’y intéresser ! Qu’en retenir ? Même si les députés s’en défendent, la Commission d’enquête se situe davantage à charge qu’à décharge, non sans arguments d’ailleurs. Après tout, les échanges ont pointé des pratiques que les intéressés eux-mêmes peinent parfois à justifier : la vente de “services” par exemple ou l’application de pénalités logistiques. Au-delà, les auditions ont – sans surprise – été l’occasion de conforter des postures déjà connues. Les uns (industriels) se plaignant d’être maltraités. Les autres (les distributeurs) d’être incompris. Et d’autres encore (les agriculteurs) d’être mal payés. En clair, rien de nouveau. Chaque partie reprochant à l’autre ce qu’elle est.

Rien de nouveau non plus sur la compréhension des mécanismes économiques par nombre de députés, trop souvent préocuppés de teinter leur questionnement de leur problématique locale. Incompréhension et souvent aussi – hélas – utopie sur la réalité de la consommation…  Pour l’essentiel, les débats ont porté sur les relations entre directions commerciales et centrales. Dit autrement : “top to top”. Sur la vie commerciale sur le terrain ? Rien. Il y aurait pourtant tant à dire (ou à redire) : du délit de marchandage, au détournement d’avantages normalement réservées aux consommateurs ou au comportement des invidus, parfois indigne des engagements de leurs patrons (en SCA, c’est frappant)… Mais sur ce qui fait pourtant le quotidien des forces de ventes en magasin, rien. Alors que, en théorie du moins, tel aurait du être le cas, au regard de l’intitutilé officiel de la Commission. 

Qu’attendre désormais de la synthèse à venir par le rapporteur Grégory Besson-Moreau ? Plusieurs sujets seront d’évidence dans le rapport : les services (pour lesquels les députés rêvent d’un barémisation), les pénalités logistiques (pour lesquelles les justifications des distributeurs vont devoir gagner en consistance), la proportionnalité des contreparties, les motivations de refus d’accepter les demandes de tarif ou encore, très symbolique, l’anticipation de la fin des négociations au 31 décembre. Ou, à tout le moins, le plus loin possible de la date du Salon de l’Agriculture. Un sujet – au moins un – qui a fait l’unanimité ! 

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(au menu notamment : les moments forts, le décodage des postures, le fact check, etc.)

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