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Quand la justice s’occupe des livraisons de Coca-Cola à Intermarché…

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Un conflit commercial entre un industriel et un distributeur n’a rien d’original. Surtout en janvier, à l’heure où se jouent les négos annuelles… En ce sens, “l’affaire” Coca-Cola / Intermarché était potentiellement… banale. Mais l’arrêt des livraisons par Coca-Cola a rendu le conflit tout de suite moins ordinaire que les autres, d’autant que – une fois n’est pas coutume – c’est l’enseigne qui l’a rendu public. Le référé introduit par Intermarché pour contraindre Coca-Cola à reprendre les livraisons a encore changé la donne. Et l’extraordinaire s’est donc produit cet après-midi avec un premier jugement (le référé n’est pas une décision sur le fond) plus que favorable à Intermarché. A cette échelle, c’est une première ! Le juge impose donc la reprise des livraisons et, surtout, accompagne sa décision d’une astreinte : 460 000 € par jour de retard, correspondant peu ou prou à une journée de vente des produits Coca-Cola par Intermarché (165 M€ à l’année, ainsi que le rappelle l’ordonnance du juge). 

Faut-il en être étonné ? Sur le fond, pas un instant. A dire vrai, j’avais été plus que surpris de l’argumentation initiale de Coke. En gros : nous n’avons pas trouvé d’accord pour 2020, donc nous ne livrons pas. En extrapolant à peine, il serait donc courant de voir disparaître des rayons en janvier et février les produits dont les industriels ne signent leurs accords commerciaux qu’in extremis le 28 février, parfois à la tombée de la nuit. Ce qui n’était pas le cas, le courant d’affaire ordinaire se poursuivant le temps de s’accorder et de signer. Coca-Cola aurait-il tenté de créer une “jurisprudence” en forçant le passage ? Possible. A ce stade (et sous réserve d’un éventuel jugement ultérieur), c’est perdu. Intermarché : 1 / Coca : 0. “Coca zéro”, vous l’avez ?