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Droit de retrait : la semaine de tous les dangers

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Elle s’appelait Aïcha Issadounène. Trente années chez Carrefour. Jeudi dernier, le coronavirus a emporté cette caissière historique de l’hyper de Saint-Denis. Sans que l’origine de sa contamination ne soit démontrée, elle illustre désormais ce bataillon d’employés du commerce, en rayons ou en caisses mais bien en première ligne. Pleinement exposés dans les seuls lieux publics demeurés ouverts ou presque : les magasins alimentaires.

Les enseignes ont rapidement pris conscience de l’enjeu. A une vitesse étonnante (quand on accepte de dépassionner le sujet), elles ont multiplié les initiatives : vitres en plexi, masques, gants, casques parfois, nouveaux parcours-clients en caisse (revoir LES IDÉES DU CARRELAGE sur le blog). Certes, toutes les caissières ne sont pas protégées. Mais il serait injuste de nier les efforts. Pour continuer à visiter des magasins pour “voir” et “raconter” (c’est ma conception du boulot de journaliste, davantage que d’écrire dans mon canapé), je peux témoigner de manière catégorique : seule une minorité de magasins n’ont (encore ?) rien aménagé pour la protection de leurs employés, particulièrement en caisses. La grande majorité ont agi. Mais la peur ne se commande pas. Elle se subit. Et elle est palpable aujourd’hui. Avec le risque de droits de retrait massifs ou d’arrêts maladie. Pour l’heure, l’absentéisme conséquence de la garde d’enfants pèse davantage que les retraits et demeure gérable pour les magasins. Beaucoup sont passés en “mode dégradé” via la fermeture de rayons trad par exemple, mais ils sont ouverts. Demain, qu’en sera-t-il ? Le risque est réel de magasins dont les rayons seraient remplis mais les portes fermées faute de personnel. Voilà pourquoi les enseignes doivent encore et toujours accroître le niveau de protection pour leur personnel. Mais aussi pourquoi les clients par leur comportement (et pas uniquement en applaudissant à 11h) doivent rassurer les caissières. Par exemple en s’éloignant d’eux-mêmes. En assumant de manière autrement plus marqué qu’aujourd’hui cette distanciation sociale nécessaire. Pour une part, les clients partagent en effet la responsabilité de maintenir ouvert “leurs magasins”.